Plus de 1000 Palestiniens ont été tués par Israël depuis que Trump a annoncé le cessez-le-feu à Gaza

Thaer Abu Daraz porte le corps de sa petite fille, Sewar, qui a été tuée avec sa mère lors d’une frappe aérienne israélienne qui a visé un camp de tentes accueillant des Palestiniens déplacés à Khan Younis, dans la bande de Gaza, mardi 30 juin 2026.
[AP Photo/Abdel Kareem Hana]

Par Kevin Reed

Les forces israéliennes ont continué à tuer des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie occupée tout au long du week-end et jusqu’à mardi. Les dernières informations relayées par les médias montrent qu’il n’y a pas de cessez-le-feu à Gaza, mais une campagne de violence israélienne qui se poursuit sous le couvert diplomatique fourni depuis octobre par l’administration américaine de Donald Trump.

Les derniers reportages d’Al Jazeera font état d’attaques israéliennes répétées dans toute la bande de Gaza, notamment des frappes contre le quartier de Mawasi à Khan Younis, des campements de tentes, des habitations et d’autres sites civils. Selon un reportage, une attaque contre le camp de Mawasi aurait fait plusieurs morts, dont une mère et son enfant, tandis qu’un autre indiquait que deux personnes avaient été tuées et des centaines d’autres, déplacées lors d’une frappe qui a mis le feu aux tentes.

Un reportage précédent d’Al Jazeera avait également fait état d’une famille, dont deux filles, tuée lors de frappes israéliennes, ce qui montre que les violences continuent de viser des civils chez eux ou dans des abris.

Selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de la Santé de Gaza, plus de 1000 Palestiniens ont été tués depuis l’annonce du cessez-le-feu. Ce chiffre réduit à néant l’idée selon laquelle l’accord de Trump aurait mis fin à la guerre. Le nombre total de Palestiniens tués, dont la plupart sont des civils, a dépassé les 73 000.

Les reportages sur les attaques israéliennes incessantes soulignent l’absence d’avertissement préalable et le caractère civil des victimes. Dans un témoignage, un témoin oculaire a déclaré qu’un homme tué lors d’une frappe sur un véhicule «n’avait rien à voir avec qui que ce soit» et a décrit comment il avait ramassé des fragments de son crâne et de sa chair sur le sol. Il s’agit là d’une description directe de ce que les tirs israéliens laissent derrière eux à Gaza, où les opérations de secours consistent souvent à rassembler des fragments de corps plutôt qu’à sauver les blessés.

Un autre reportage a fait état d’attaques contre des tentes situées dans des zones humanitaires, montrant que même les zones qualifiées de «zones de sécurité» sont attaquées. Le reportage d’Al Jazeera sur les meurtres du 25 juin à Gaza et en Cisjordanie a indiqué que ces décès s’inscrivaient dans un contexte d’escalade des raids militaires et des attaques menées par des colons dans l’ensemble des territoires occupés.

Al Jazeera a également rapporté que les forces israéliennes avaient abattu des Palestiniens en Cisjordanie occupée, dans le cadre d’une escalade plus large comprenant des raids, des attaques menées par des colons et des incursions dans des camps de réfugiés. Un reportage vidéo diffusé mardi a indiqué que l’offensive en Cisjordanie avait fait au moins 30 morts parmi les Palestiniens, dont un garçon de 14 ans abattu par un tireur d’élite israélien à Tulkarem.

Ce même reportage fait état d’échanges de tirs lors du retrait et du retour des forces israéliennes, ainsi que de destructions importantes des infrastructures du camp de réfugiés. Il indique également qu’un jeune garçon palestinien se rendait à la mosquée avec son père lorsqu’il a été touché au cou par une balle tirée par un tireur d’élite, et que son père a été blessé à l’abdomen.

Mardi, NBC News a rapporté le cas d’un petit garçon palestinien de 3 ans tué alors qu’il était dans les bras de son père. Selon ce reportage, Bahaa Abu al-Ajeen raccompagnait son fils, Rayan, vers la cabane qu’ils appelaient leur maison, dans «ce qui était désigné comme une zone sûre pour les civils, près de la “ligne jaune”, une frontière marquée par des blocs jaunes et des drapeaux qui sépare les parties de la bande de Gaza contrôlées par les Palestiniens des zones sous contrôle militaire israélien. Mais al-Ajeen, âgé de 38 ans, a déclaré que, lorsqu’ils ont été confrontés à des soldats israéliens, il s’est figé sur place.»

Al-Ajeen a déclaré : «À ce moment-là, je ne savais pas si je devais avancer ou reculer», alors il a pris son fils dans ses bras et s’est remis à marcher. L’Israélien a tout de même ouvert le feu sur lui, dans ce que l’armée a qualifié par la suite de «tirs d’avertissement», dont le troisième a atteint Rayan à la tête. «Après cela, ils m’ont tiré dessus, moi aussi», a déclaré Al-Ajeen à NBC News depuis l’hôpital Al-Aqsa, le 15 juin.

Les responsables israéliens évoquent désormais ouvertement la question du contrôle permanent, du transfert de population et de la reprise de la colonisation. Selon le Jerusalem Post, Netanyahou a déclaré que la « migration volontaire » depuis Gaza restait une option envisageable, tout en refusant d’exclure la possibilité d’implantation de colonies juives dans cette région, ajoutant : « La question est de savoir si l’on préfère agir ou parler. »

Le Post a également rapporté que le Mossad avait participé à des discussions antérieures concernant l’exode de Gaza, et que les responsables étudiaient des mécanismes visant à pousser les Palestiniens à partir «de leur plein gré», bien que le journal ait qualifié ce plan de non abouti et contesté au sein du système israélien.

Dans le même temps, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré que les plans relatifs à trois colonies dans le nord de Gaza étaient déjà finalisés et n’attendaient plus que l’approbation de Netanyahou. Cela démontre que l’objectif de l’opération de génocide menée à Gaza est l’expansion des colonies et l’annexion définitive.

Un reportage diffusé mardi par Al Jazeera indique qu’Israël accélère ses appropriations de terres tant à Gaza qu’en Cisjordanie et met en évidence des modifications permanentes aux abords de la mosquée d’Ibrahim, à Hébron. Des reportages précédents décrivaient une «annexion silencieuse» qui se fait de plus en plus bruyante, les attaques de colons, les confiscations et les changements de politique rendant l’occupation plus dure et plus irréversible. Le reportage indique également qu’Israël intensifie ses annexions en Cisjordanie en normalisant la confiscation de terres et l’expansion des colonies.

Ces reportages montrent que Gaza et la Cisjordanie s’inscrivent dans le même projet colonial. Le génocide contre les Palestiniens s’accompagne de mesures administratives et politiques visant à modifier définitivement le territoire.

Lundi, The Economist a rapporté que le plan pour Gaza tant vanté par Trump n’avait «pas grand-chose à montrer». Selon le magazine, Israël occupe toujours la majeure partie de la bande de Gaza, tandis que la reconstruction n’a pas encore commencé. C’est là un aveu sans détour que le cadre diplomatique soutenu par les États-Unis n’a abouti à aucune paix.

L’échec du plan de Trump met à nu le caractère creux du discours officiel sur un «cessez-le-feu» et la «paix». Si des milliers de personnes restent déplacées, si les forces israéliennes continuent de tuer et si les dirigeants israéliens continuent de parler de migration et de colonies, alors le cessez-le-feu sert de couverture politique au génocide qui se poursuit.

On observe la même pratique dans la région, où les déclarations de «cessez-le-feu» et les protocoles d’accord coexistent avec des frappes impérialistes incessantes et des menaces d’anéantissement. Tant en Iran qu’au Liban, Trump et Netanyahou ont recours au même mode de fonctionnement que celui observé à Gaza, où les violations impérialistes persistantes de l’«accord de paix» sont justifiées et imputées à ceux qui sont la cible de leurs guerres de conquête illégales et agressives.

(Article paru en anglais le 1er juillet 2026)

Source : WSWS
https://www.wsws.org/fr/…

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