Par le CPI
Centre d’information palestinien
Le ciblage des écoles palestiniennes en Cisjordanie occupée ne se résume plus à des décisions administratives ou à des violations des règles de construction, comme le justifient les autorités de l’occupation, mais fait désormais partie d’une scène récurrente qui affecte l’un des éléments les plus importants de la résilience palestinienne.

À Masafer Yatta , au sud d’Hébron, les ordres de démolition d’écoles se poursuivent, alors que les habitants vivent sous la pression des déplacements forcés, des attaques de colons et des restrictions de circulation, transformant l’école, d’un lieu d’éducation, en un symbole de la lutte pour la survie, et l’avenir de centaines d’enfants est en jeu avec un nouvel ordre de démolition.
Khillat Ad-Dhaba’… le dernier épisode de ciblage
Le ciblage des établissements scolaires s’est étendu après que les forces d’occupation ont notifié à l’école primaire Khillat al-Daba’ de Masafer Yatta sa démolition imminente. Selon l’organisation de défense des droits humains Al-Baydar, l’école accueille des élèves du CP au CM1.

Cette décision menace non seulement le bâtiment scolaire, mais aussi le droit des enfants à l’éducation, car l’école est la seule option pour les enfants de la communauté, tandis que sa démolition signifie que les élèves devront parcourir de longues distances ou abandonner l’école en l’absence d’alternatives.
La démolition commence avant la rentrée scolaire.
Quelques jours auparavant, les forces d’occupation ont pris d’assaut la zone de Shaab al-Batim accompagnées de bulldozers et ont démoli deux salles et une unité de santé de l’école, selon la direction de l’éducation de Yatta.
L’école accueille environ 60 élèves, garçons et filles, issus des communautés voisines, et sa démolition s’inscrit dans une série d’avis de fermeture qui ont touché 15 écoles à Masafer Yatta et dans le désert environnant, menaçant la stabilité du processus éducatif à l’approche de la rentrée scolaire.
Les autorités locales estiment que le ciblage des écoles s’inscrit dans une politique visant à resserrer l’étau autour des communautés palestiniennes, car l’absence d’écoles pousse de nombreuses familles à envisager de partir, notamment en raison de la difficulté pour les enfants d’accéder à d’autres écoles.
Al-Rifai’ya : 190 étudiants face à un avenir incertain
L’école primaire mixte d’Al-Rifai’ya figure également sur la liste des établissements menacés de démolition, bien qu’elle accueille environ 190 élèves, garçons et filles, et qu’elle desserve une communauté d’environ 800 Palestiniens.
Le directeur de l’école, Adel Jabour, confirme que l’établissement, construit en briques et doté de toits en zinc, représente le seul accès à l’éducation pour les enfants, et prévient que la mise en œuvre de la décision de démolition privera les élèves de leur droit fondamental à l’éducation.

Les souffrances des élèves ne s’arrêtent pas à la menace de démolition, car ils subissent quotidiennement des attaques de colons sur le chemin de l’école, ce qui rend l’accès à l’éducation extrêmement dangereux.
Le maire de Khallat al-Miyah, Majdi al-Adra, souligne que ce qui se passe ne vise pas une école en particulier, mais reflète plutôt une politique continue visant à réduire la présence palestinienne, rappelant la démolition de l’école Khallat Amira l’année dernière et de l’école Safa auparavant, au moment même où les avis de fermeture d’écoles dans la région se multiplient.
L’ecole de Zif des d’études secondaires : une décision ancienne et un danger persistant
La menace ne se limite pas aux écoles primaires, puisque le lycée pour filles Ziv est menacé de démolition depuis des années.
L’activiste Osama Makhamra affirme que le tribunal de l’occupation a rejeté l’appel contre la décision de démolition de l’école, rendue en 2016, alors même qu’elle compte 251 élèves, ce qui la maintient sous la menace d’une démolition à tout moment et expose des centaines d’élèves au risque de perdre leur droit à l’éducation.
Les chiffres de l’ONU révèlent l’aggravation de la crise

Ces incidents ne semblent pas être des cas isolés, puisque les Nations Unies confirment que plus de 80 écoles palestiniennes en Cisjordanie font actuellement l’objet d’ordres de démolition ou d’ordres similaires.
L’organisation internationale note également que les travailleurs humanitaires ont pu atteindre plus de 60 000 élèves depuis le début de l’année grâce à des programmes d’éducation de rattrapage et de soutien scolaire, en plus de réhabiliter 30 écoles et de fournir une aide au transport, un soutien psychosocial et juridique, mais elle avertit qu’un manque de financement menace la poursuite de ces efforts.
Les écoles… un symbole de résilience, pas seulement de construction

À Masafer Yatta, l’école n’est plus seulement constituée de murs et de salles de classe, mais est devenue un symbole de l’attachement des Palestiniens à leur terre et du droit de leurs enfants à un avenir meilleur. À chaque nouvel avis de démolition, les possibilités d’éducation diminuent et le cercle de danger qui entoure les enfants s’élargit, entre attaques, restrictions de déplacement et déplacements, tandis que la question demeure : comment un enfant peut-il construire son avenir alors que son école est chaque jour au bord de la démolition ?
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
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