© UNICEF/Fouad Choufany.
Un garçon de dix ans visite ce qui reste de la maison de son grand-père à Beyrouth, au Liban.

Par ONU Info

Source : ONU Info

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué vendredi la prolongation de trois semaines de la trêve entre le Liban et Israël, destinée à favoriser le dialogue, et a rendu hommage au rôle des États-Unis dans cet accord.

« Il réaffirme le soutien des Nations Unies à tous les efforts visant à mettre fin aux hostilités et à atténuer les souffrances des communautés de part et d’autre de la Ligne bleue » (qui sépare le Liban et Israël), a dit son porte-parole Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse.

Le chef de l’ONU appelle tous les acteurs « à respecter pleinement la cessation des hostilités, à cesser toute nouvelle attaque et à se conformer en tout temps à leurs obligations au titre du droit international ».

Il exhorte le Hezbollah et les autres acteurs non étatiques à se plier aux décisions du gouvernement libanais visant à étendre son autorité sur tout le territoire et à garantir le monopole des armes par l’État. Il demande également à Israël de se retirer totalement du nord de la Ligne bleue, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban.

« Les Nations Unies réaffirment leur engagement à soutenir les efforts diplomatiques pour consolider la trêve et assurer la mise en œuvre complète de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité », a dit M. Dujarric.

Malgré cet accord, les Casques bleus de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) ont signalé, vendredi, « un incident préoccupant », a-t-il ajouté. Alors qu’une patrouille de la FINUL démantelait un barrage routier près du village de Tiri, un drone israélien a largué une grenade assourdissante à quelques mètres seulement. Aucun Casque bleu n’a été blessé et la patrouille a pu poursuivre sa mission.

De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a indiqué que, bien que le cessez-le-feu ait ralenti les déplacements, les populations restent en mouvement, les familles tentant de regagner leurs communautés étant confrontées à des habitations endommagées, à des services perturbés et à des risques sécuritaires persistants.

© UNICEF/Fouad Choufany. Un jeune garçon se rétablit dans un hôpital à Beyrouth, au Liban,
après avoir été secouru sous les décombres de sa maison détruite (photo d’archives).

L’ONU a publié vendredi un rapport qui recense, durant les trois premières semaines d’escalade entre le Hezbollah et Israël, des attaques susceptibles de constituer de graves violations du droit international humanitaire. Les forces israéliennes sont mises en cause pour des frappes visant directement des civils, tandis que le Hezbollah aurait lancé des roquettes non guidées sur des zones résidentielles en Israël.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) indique avoir documenté plusieurs incidents au cours desquels des frappes israéliennes ont touché, et dans certains cas rasé, des immeubles d’habitation de plusieurs étages, tuant des familles entières.

« Ces frappes peuvent constituer de graves violations du droit international humanitaire », a déclaré lors d’un point de presse de l’ONU à Genève, Thameen Al-Kheetan, porte-parole du HCDH, relevant que des incidents similaires « se sont poursuivis au-delà de cette période, même après l’annonce du cessez-le-feu actuel ».

Dans ce contexte, le Haut-Commissariat souligne que ces pratiques ne se sont pas limitées à la période étudiée et se sont inscrites dans la durée. Le rapport pointe du doigt ainsi « de fréquentes attaques meurtrières contre des professionnels de santé, en particulier les secouristes, et contre des journalistes ».

© DanChurchAid/Rashad Siblini. Un démineur se prépare à détruire une munition
non explosée dans le village de Ras El Ein, au sud du Liban (photo d’archives).

« Le personnel médical, qu’il soit militaire ou civil, ainsi que les autres civils, y compris les journalistes, sont protégés en vertu du droit international humanitaire. Les prendre délibérément pour cible constituerait un crime de guerre », a insisté M. Al-Kheetan.

Le document reproche également à l’armée israélienne d’avoir brûlé ou contaminé des terres agricoles et perturbé ou détruit des moyens de subsistance, portant atteinte aux droits à l’alimentation, au travail et à un environnement sain. « Selon certaines informations, les forces israéliennes auraient utilisé des munitions contenant du phosphore blanc, qui a des effets particulièrement incendiaires ».

Par ailleurs, lors de nombreuses attaques israéliennes, aucun avertissement, ou aucun avertissement raisonnablement efficace, n’a été donné, empêchant ainsi de nombreux civils d’évacuer en toute sécurité. Mais ces ordres de déplacement « communiqués de manière vague par Israël » – couvrant près de 14 % du territoire libanais – ont entraîné le déplacement de plus d’un million de personnes, selon les autorités libanaises.

« Compte tenu de l’ampleur et des circonstances de ces ordres, ceux-ci pourraient constituer un déplacement forcé, interdit par le droit international humanitaire », a affirmé le porte-parole du HCDH, soulignant que cinquante-cinq localités du sud du Liban, près de la frontière avec Israël, restent aujourd’hui soumises à de tels ordres.

© Magen David Adom Israel.
Des ambulanciers arrivent dans un quartier résidentiel de Tel-Aviv à la suite de tirs de roquettes. (archive)

De son côté, le rapport épingle le Hezbollah accusé d’avoir tiré des roquettes sur des zones résidentielles en Israël, faisant des blessés parmi les civils et causant des dégâts aux bâtiments résidentiels ainsi qu’à d’autres infrastructures et biens civils. Les roquettes tirées par le Hezbollah auraient été non guidées, dépourvues de la précision nécessaire pour frapper des cibles militaires spécifiques. 

Selon le HCDH, l’utilisation de telles armes sur des zones peuplées est susceptible de constituer une violation de l’interdiction des attaques aveugles prévue par le droit international humanitaire. 

« Ces frappes pourraient également constituer de graves violations du droit international humanitaire », a précisé M. M. Al-Kheetan, ajoutant que la reprise des tirs du Hezbollah vers le nord d’Israël a également entraîné de nouveaux déplacements de population dans les zones touchées et potentiellement touchées.

Face à ces constats et aux conséquences humanitaires évoquées, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, appelle à la conduite d’enquêtes rapides et impartiales sur tous les incidents faisant l’objet d’allégations de violations du droit international humanitaire. 

M. Türk appelle les États à suspendre toute fourniture d’armes et d’équipements militaires dès lors qu’il existe un risque clair de leur utilisation dans de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains.

Il appelle également toutes les parties à veiller à ce que le cessez-le-feu devienne une cessation permanente des hostilités et le fondement d’une paix durable.

Dans ce climat de violences documenté par le HCDH, l’UNESCO a de son côté condamné l’assassinat de la journaliste Amal Khalil à Al Tayri, dans le sud du Liban, le 22 avril 2026.

« Je demande qu’une enquête approfondie soit menée. Les journalistes jouent un rôle crucial pour assurer la circulation de l’information, essentielle à la consolidation de la paix dans les situations de conflit. Leur protection est primordiale pour toutes les parties », a réagi Khaled El-Enany, directeur général de l’UNESCO.

Amal Khalil travaillait comme reporter pour le journal local libanais Al-Akhbar. Elle aurait été tuée alors qu’elle se rendait en mission pour couvrir les événements dans la ville de Bint Jbeil. En septembre 2024, Amal Khalil aurait reçu des menaces de mort liées à son travail.

De son côté, la FINUL a annoncé vendredi le décès d’un Casque bleu indonésien blessé le mois dernier. Le caporal Rico Pramudia avait été grièvement blessé à la suite de l’explosion d’un projectile dans sa base à Adchit Al Qusayr dans la nuit du 29 mars.

La FINUL a présenté ses condoléances à sa famille, à l’armée indonésienne et au gouvernement indonésien.

Le Secrétaire général de l’ONU a également exprimé sa profonde tristesse après la mort d’un quatrième Casque bleu indonésien déployé au sein de la FINUL et présenté ses condoléances. Six Casques bleus de la FINUL ont été tués récemment, dont deux Français.

L’ONU appelle à cesser les attaques contre ses personnels et à garantir leur protection. Elle souligne que les attaques contre les Casques bleus constituent des violations graves pouvant être qualifiées de crimes de guerre.

Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…

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