© UNICEF/Eyad El Baba. Des eaux usées et des déchets s’accumulent à proximité des tentes
de personnes déplacées internes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Par ONU Info

Source : ONU Info

À Gaza, la crise sanitaire franchit un nouveau cap : les rats prolifèrent dans les camps de déplacés, sur fond de conditions de vie précaires et de blocus israélien. Selon l’OMS, cette situation, bien que prévisible, souligne l’urgence d’intensifier les efforts pour lutter contre les nuisibles et améliorer l’hygiène de la population.

Des centaines de milliers de déplacés vivent toujours dans des abris de fortune entourés de décombres, de déchets accumulés et de réseaux d’égouts endommagés – un environnement devenu un terrain propice à la prolifération des rongeurs et à la propagation des maladies, selon une responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de retour d’une mission dans l’enclave palestinienne. 

S’adressant aux journalistes de Genève depuis Jérusalem, la Représentante de l’OMS pour les Territoires palestiniens occupés, a souligné qu’il est essentiel de mieux comprendre les maladies qui touchent la population de Gaza. 

« Nous avons donc besoin que du matériel et des fournitures de laboratoire puissent entrer à Gaza », a déclaré la Dre Reinhilde Van de Weerdt.

ONU Info.
Le temps froid et pluvieux, la surpopulation sévère, la détérioration des abris et les mauvaises conditions d’eau
et d’assainissement ont créé un environnement à forte transmission de maladies dans toute la bande de Gaza.

Alors que des familles vivent dans des tentes surpeuplées, des abris de fortune entourés de débris, avec un accès limité à l’eau et aux services d’assainissement, l’explosion des populations de rongeurs a été attribuée à la destruction généralisée des infrastructures.

« Les bâtiments détruits et les montagnes de déchets accumulés ont créé un terrain idéal pour la prolifération des rongeurs ».

Une évaluation rapide menée en mars dernier par le groupe de gestion des sites, qui a couvert plus de 1.600 sites d’accueil, a révélé que 80 % de ces sites, où la présence de rongeurs et de nuisibles est fréquente et visible, abritent plus de 1,5 million de personnes. Plus de 80 % de ces sites de déplacement signalent des infections cutanées telles que la gale, les poux et les punaises de lit. 

« Selon nos autorités sanitaires, plus de 17.000 cas d’infections par des rongeurs et ce que nous appelons des infections parasitaires actives ont été signalés jusqu’à présent cette année », a ajouté la Dre Van de Weerdt.

Face à l’accès limité aux soins médicaux, à l’assainissement et aux produits de première nécessité, les agences humanitaires soulignent la nécessité d’une action internationale immédiate pour rétablir les services essentiels et empêcher une nouvelle détérioration des conditions de vie de la population de Gaza.

Sur le terrain, les équipes de l’UNRWA ont collecté près de 7.000 tonnes de déchets sur la seule deuxième quinzaine de mars. 

« Les conditions de vie des habitants de Gaza sont tout simplement inacceptables », a martelé la responsable de l’OMS, qui déplore que certaines fournitures médicales — pièces de rechange pour équipements médicaux et générateurs — continuent d’être bloquées aux entrées de l’enclave. 

Elle a appelé à la suppression des restrictions bureaucratiques qui entravent l’accès à ces produits essentiels, pourtant reconnus à l’échelle internationale.

Les agences humanitaires avertissent : les restrictions et les destructions en cours ne font pas qu’aggraver les souffrances immédiates — elles génèrent des urgences sanitaires durables qui pourraient persister bien après la fin des hostilités.

Une évaluation conjointe de l’Union européenne et des Nations Unies chiffre à 1,4 milliard de dollars les seuls dégâts dans le secteur de la santé. Plus de 1.800 établissements ont été partiellement ou totalement détruits.

La reconstruction complète du système de santé gazaoui est estimée à 10 milliards de dollars sur cinq ans — un chantier qui devra répondre aux besoins d’une population meurtrie, et en particulier des milliers d’enfants qui porteront longtemps les séquelles de ce conflit.

ONU Info. Un membre de l’équipe de l’UNMAS identifie des restes explosifs de guerre situés
entre des bâtiments détruits et près de tentes de personnes déplacées dans la bande de Gaza.

De son côté, le Service de lutte antimines de l’ONU (UNMAS) estime à 541 millions de dollars les besoins de déminage dans la bande de Gaza.

Selon Julius van der Walt, responsable de l’UNMAS dans les territoires palestiniens occupés, les munitions non explosées constituent une menace persistante pour les civils qui est désormais « pratiquement incrustée dans les décombres à l’heure actuelle ». 

« Nous n’avons fait qu’effleurer la surface pour comprendre l’ampleur de la contamination à laquelle nous allons être confrontés à Gaza. Ce que nous savons, c’est qu’il s’agira d’une menace dynamique (…). Un père entrera peut-être dans sa maison, trouvera une grenade à main, voudra l’éloigner de ses enfants et la mettra dehors. Quelqu’un passera par-là, la verra comme une menace et la déplacera de l’autre côté », a-t-il poursuivi.

Depuis le début du conflit, ces munitions ont causé plus de 1.000 morts, dont la majorité sont des enfants. Les évaluations de l’ONU suggèrent que des objets dangereux peuvent être trouvés en moyenne tous les 600 mètres sur l’ensemble du territoire.

© UNRWA. Un enfant dans la bande de Gaza ramasse des bouteilles en plastique
pour les utiliser comme combustible de cuisson.

Une enquête menée auprès de plus de 40 agences onusiennes et ONG humanitaires révèle une pénurie généralisée de carburant et de pièces détachées — indispensables au fonctionnement des véhicules et des générateurs dans la bande de Gaza. Si ces pénuries persistent, les services essentiels — santé, eau, assainissement — risquent de se dégrader, voire de s’effondrer.

Les partenaires humanitaires appellent à des approbations rapides et à un flux d’approvisionnement soutenu.

Sur le front sanitaire, 43% seulement des points de santé opérationnels avant octobre 2023 fonctionnent encore, et la plupart partiellement.

En avril, les partenaires santé ont assuré en moyenne 276.000 consultations par semaine, contre 201.000 en mars. L’OMS a par ailleurs achevé l’extension de 128 lits à l’hôpital Al-Shifa, afin de renforcer les capacités d’hospitalisation.

Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…

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