Des dirigeants emblématiques…Hamas n’en manque pas

Par le CPI

Centre palestinien de l’information

Depuis la création de son bureau politique au début des années 1990, le Mouvement de résistance islamique (Hamas) a été dirigé par un certain nombre de leaders dont les noms sont associés à des moments charnières de l’histoire du mouvement.

Chaque étape a ses propres circonstances politiques et sécuritaires, et chaque direction a ses propres priorités imposées par les transformations palestiniennes et régionales, en commençant par la construction d’institutions et d’une organisation extérieure, en passant par la gestion de la gouvernance dans la bande de Gaza, et en atteignant la direction du mouvement à la lumière de la guerre en cours.

L’émergence du bureau politique hors de la Palestine

La création du bureau politique est intervenue à la suite de la déportation, par les autorités d’occupation, de centaines de cadres du Hamas vers Marj al-Zuhur, dans le sud du Liban, en 1992, ce qui a incité le mouvement à mettre en place un cadre politique organisé pour gérer ses relations extérieures et superviser ses institutions.

Le Dr Mousa Abu Marzouk a été élu premier chef du bureau politique, et durant ses années de direction, il s’est concentré sur la consolidation de la présence politique du mouvement, la construction d’un réseau de relations arabo-islamiques, ainsi que sur la mise en place des premières structures organisationnelles du bureau politique en dehors de la Palestine.

Cette période a été marquée par l’arrestation d’Abu Marzouk aux États-Unis en 1995 à la demande de l’entité génocidaire, avant son départ pour la Jordanie, afin d’entamer une nouvelle phase sous la direction de Khaled Meshaal.

Khaled Mishaal : Deux décennies de transformations majeures

En 1996, Meshaal a pris la présidence du bureau politique, devenant ainsi le dirigeant ayant exercé le plus long mandat de l’histoire du mouvement, pendant plus de vingt ans.

Cette période a été marquée par des événements cruciaux, notamment une tentative d’assassinat contre Meshaaldans la capitale jordanienne, Amman, en 1997, suivie du déplacement des dirigeants du mouvement de Jordanie en Syrie, avant de s’installer finalement dans la capitale qatarie, Doha.

Durant le mandat de Mishaal, le mouvement a franchi des étapes politiques et militaires importantes, notamment l’Intifada d’Al-Aqsa, sa victoire aux élections législatives palestiniennes de 2006, sa prise de contrôle de la bande de Gaza en 2007, en plus des guerres israéliennes répétées sur la bande.

Mishaal a également dirigé les efforts de réconciliation palestiniens et a étendu le réseau de relations régionales et internationales du mouvement avant de quitter son poste en 2017 après avoir rempli les conditions prévues par le règlement intérieur du mouvement.

Ismail Haniyeh : Présence politique et diplomatique

Avec l’élection d’ Ismail Haniyeh à la tête du bureau politique en mai 2017, le mouvement est entré dans une phase caractérisée par le renforcement de son activité politique extérieure, tout en continuant à gérer les affaires intérieures dans la bande de Gaza.

Durant son mandat, les efforts du mouvement se sont distingués dans les domaines de la désescalade, des échanges de prisonniers et de la réconciliation palestinienne, en plus de l’élargissement des canaux de communication avec les médiateurs régionaux.

Le mandat de Haniyeh a également été marqué par la bataille de « l’Épée de Jérusalem » en 2021, puis par la guerre qui a éclaté après le 7 octobre 2023, faisant de Haniyeh l’une des figures politiques les plus importantes du mouvement au niveau régional et international, avant son assassinat dans la capitale iranienne, Téhéran, en juillet 2024.

Sinwar… le mandat le plus court de l’histoire politique

En août 2024, le Conseil de la Choura du mouvement a élu   Yahya Sinwar à la tête du bureau politique, succédant à Ismail Haniyeh, une décision perçue comme une confirmation de la continuité du leadership depuis la bande de Gaza malgré les conditions de guerre.

Cependant, sa présidence fut la plus courte depuis la création du poste, ne durant qu’environ deux mois, avant que l’entité génocidaire n’annonce son assassinat en octobre de la même année, mettant ainsi fin à une phase exceptionnelle liée à la gestion du mouvement pendant l’une des guerres les plus complexes de son histoire.

Khalil al-Hayya : les défis d’une nouvelle phase

L’élection de Khalil Al-Hayya à la tête du bureau politique marque une nouvelle étape importante dans le parcours du mouvement, dans des circonstances décrites comme parmi les plus complexes depuis sa fondation.

Les principaux défis auxquels est confrontée la nouvelle direction sont la gestion des négociations politiques, la gestion de l’évolution de la situation sur le terrain dans la bande de Gaza, le maintien des relations régionales et la réorganisation des institutions du mouvement après la disparition de plusieurs de ses dirigeants les plus éminents ces dernières années.

Depuis plus de trente ans, les changements à la tête du bureau politique du Hamas reflètent les transformations auxquelles le mouvement a été confronté. De la mise en place des institutions et des opérations extérieures à la gestion de l’autorité gouvernementale à Gaza, puis à la direction du mouvement en temps de guerre, la présidence du bureau politique demeure une étape cruciale dans l’orientation politique et organisationnelle du mouvement. Aujourd’hui, sous la direction de Khalil al-Hayya, le bureau politique entre dans une nouvelle phase, confronté à des défis sans précédent aux niveaux palestinien et régional.

Source : CPI
https://french.palinfo.com/…

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