(241014) -- GAZA, Oct. 14, 2024 (Xinhua) -- A Palestinian sits among buildings destroyed by Israeli strikes in the southern Gaza Strip city of Khan Younis, on Oct. 13, 2024. (Photo by Rizek Abdeljawad/Xinhua)

Rapport du CPI

Alors que l’offensive militaire sioniste contre Gaza se poursuit, une autre bataille se déroule au Caire, la capitale égyptienne : une bataille de formulations, de garanties et d’accords. Ce cycle de négociations porte sur une question épineuse qui a longtemps entravé la conclusion d’un accord définitif : la question des armes des factions de la résistance palestinienne.

L’entité angoissée par l’arme de la résistance:

Du refus au comment et quand?

Pour le quatrième jour consécutif, les pourparlers du Caire se sont poursuivis mardi, avec la participation des chefs des services de renseignement égyptiens et turcs et du Premier ministre qatari, et en coordination ouverte avec l’envoyé américain Steve Wittkov et le Haut Représentant du Conseil de paix, Nikolay Mladenov.

Les informations qui circulent au sujet   des pourparlers du Caire entre les factions palestiniennes et les médiateurs indiquent que la question des armes a été abordée dans le cadre d’un accord plus large. Ces informations révèlent que les efforts des médiateurs portent principalement sur la révision des articles huit et neuf du   projet du plan Mladenov, qui concernent directement ce sujet sensible.

Dans ce contexte, le journaliste et analyste Wissam Afifa observe un changement remarquable dans la nature du débat, puisqu’il confirme que la discussion ne porte plus sur le principe de rejet ou d’acceptation, mais plutôt sur la méthode, le calendrier et les garanties.

Dans un article relayé par le Centre d’information palestinien, Afifa souligne que les factions palestiniennes ont adhéré à un ensemble de paramètres clairs, notamment : ne pas toucher aux armes individuelles, lier tout accord au processus de retrait sioniste et à ses étapes, refuser de parler de toute remise d’armes avant l’élimination du phénomène des « bandes collaboratrices », ainsi que stipuler que toute action dans ce dossier doit être menée dans un cadre purement palestinien, la liant finalement à une solution politique globale, et non à des arrangements de sécurité temporaires.

La nouvelle approche

Dans son analyse des approches proposées, le chercheur et analyste politique Iyad al-Qara explique que l’essence du débat actuel tourne autour d’une question soulevée par l’ancien envoyé de l’ONU, Nikolay Mladenov, concernant les armes de la résistance, affirmant qu’elles constituent le principal obstacle empêchant la transition vers de nouvelles étapes de l’accord.

Dans un article relayé par le Centre d’information palestinien, Al-Qara souligne que la proposition actuelle représente une approche différente, fondée sur le passage du concept de « désarmement » à celui de « contrôle des armes », ce qui implique de traiter la question dans un cadre national palestinien consensuel, et non comme une condition préalable israélienne imposée aux Palestiniens.

Selon Al-Qara, cette approche représente une tentative de concilier la position de l’occupant et des États-Unis d’une part, et celle des factions palestiniennes qui rejettent le désarmement d’autre part, ce qui pourrait offrir une perspective de sortie de l’impasse actuelle.

Les négociations du Caire ne peuvent être considérées indépendamment du contexte régional tendu. Selon Al-Qara, « les réunions du Caire coïncident avec une escalade des tensions régionales, dans un contexte et de confrontation entre l’Iran et l’entité sionoste, de stagnation de plusieurs dossiers régionaux qui inquiètent l’administration américaine ».

Al-Qara estime que Washington doit réaliser une percée politique sur l’un des dossiers les plus urgents, et la question de Gaza apparaît comme une voie possible pour obtenir un succès diplomatique que le président américain pourrait mettre en avant. L’entité sioniste se trouve également dans une situation délicate, exigeant une issue : Netanyahu est confronté à une série de crises qui s’accumulent, à commencer par la confrontation avec l’Iran, en passant par les défis au Liban, et culminant avec l’absence de tout progrès concret à annoncer à Gaza.

Il convient de noter que l’accord actuel, que l’entité génocidaire viole quotidiennement, a été conclu sous l’égide conjointe américano-égyptienne-qatarie depuis octobre dernier ; ce qui fait de son effondrement une perte stratégique pour toutes les parties signataires, et non un simple échec passager des négociations.

Al-Qara souligne l’impact potentiel de l’acceptation par les factions de discuter du dossier du « contrôle des armes » dans un cadre national palestinien, affirmant que cela « abandonne le prétexte utilisé ces derniers mois pour justifier l’obstruction à la mise en œuvre de l’accord » et fait peser la charge de l’action sur la partie américano-sioniste.

Si un accord est trouvé sur cette formule, Al-Qara estime que ce qui sera concrètement nécessaire sera de passer à la mise en œuvre du reste des clauses bloquées de l’accord, au premier rang desquelles : le retrait complet de l’entité occupante de Gaza, l’activation du comité administratif issu de l’accord, le lancement du processus de reconstruction et l’ouverture des points de passage.

Il convient de noter que l’occupation n’a pas respecté les obligations qui lui incombent en vertu de l’accord de cessez-le-feu, malgré l’engagement des factions palestiniennes à respecter toutes leurs obligations, alors même que beaucoup estiment que la question des armes n’est qu’un prétexte pour la poursuite de l’agression.

Sur la base d’une analyse de la situation actuelle et des intérêts convergents des parties prenantes, les experts proposent trois scénarios pour la prochaine phase :

Premier scénario : une avancée limitée : parvenir à un consensus sur le confinement des armes dans un cadre national permettrait de sortir de l’impasse et de mettre en œuvre les dispositions opérationnelles de la deuxième phase de l’accord. Ce scénario est le plus attendu dans les milieux diplomatiques actuels.

Deuxième scénario : Prolongation du processus : Le cycle du Caire parvient à éviter l’effondrement complet des négociations sans parvenir à un accord final ; les négociations se poursuivent donc sous des pressions croissantes, dans l’attente de nouveaux éléments susceptibles d’accélérer le dénouement.

Troisième scénario : L’effondrement du processus : Les négociations n’aboutissent pas à un compromis entre les deux positions, ce qui conduit à l’échec total de l’accord ou à une rupture qui s’apparente à un effondrement de fait. Toutefois, ce scénario semble le moins probable compte tenu des coûts exorbitants supportés par toutes les parties en raison de la poursuite du génocide.

En conclusion, les analyses d’Afifa et de Qara convergent vers une conviction fondamentale : le Caire ne cherche pas un nouvel accord qui redessine les cartes, mais s’efforce plutôt de trouver un pont qui surmonte le dernier obstacle sur son chemin.

Tous attendent avec impatience les heures cruciales à venir, durant lesquelles les médiateurs tenteront de trouver une formule qui concilie les constantes des factions palestiniennes et les calculs internationaux complexes, à un moment régional extrêmement sensible.

Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…

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