Zine El-Abidine Moumdji. D. R.

Par Mohsen Abdelmoumen

Un grand moment militant a eu lieu ce mercredi 1er avril au siège du Forum de la mémoire du journal El-Moudjahid, avec l’hommage rendu à ce grand patriote qu’est Zine El-Abidine Moumdji, le dernier membre du Comité central du Parti du Peuple Algérien (PPA), dans une atmosphère particulièrement émouvante pour tous ceux qui se considèrent comme les héritiers de Novembre et dont je suis. L’équipe d’El-Moudjahid et du Forum de la mémoire, initiatrice de la rencontre, est à féliciter pour avoir organisé cet événement remarquable qui a réuni beaucoup de monde, dont l’historien Daho Djerbal, qui a apporté son savoir en servant d’interlocuteur à ce témoin exceptionnel de l’époque glorieuse de la Révolution algérienne. Beaucoup de militants étaient présents, comme Abdenour Keramane, Ahmed Doum, Ali Haroun, pour ne citer que ces grands personnages parmi bien d’autres qui ont marqué l’histoire de l’Algérie, et des camarades du PAGS, le Parti d’avant-garde socialiste, camarades que je n’avais plus vus depuis des années, comme Ali Kechid et Noureddine Fethani.

Le témoignage du moudjahid Moumdji nous a replongés, émus, dans cette épopée qu’a été le Mouvement national, ce souffle libérateur qui s’est répandu dans tout le peuple algérien pour le conduire à se libérer du joug colonial. Se retrouver au milieu d’une assemblée de porteurs de lumière qui nous ont donné le plus beau des cadeaux, c’est-à-dire l’indépendance, avait quelque chose de particulièrement vibrant. Entendre ce témoin extraordinaire qu’est Moumdji qui, bien que centenaire, est encore jeune par les idées et s’exprime avec clarté, est un moment inoubliable. On pense à nos frères, à nos camarades qui ont disparu, mais qui tous étaient présents à travers ces gardiens du feu sacré. L’âme de Belouizdad était là, les 22 étaient là, Novembre était parmi nous avec les continuateurs qui sauvegardent la mémoire. Il est important de combattre l’oubli et le révisionnisme en restant mobilisés pour perpétuer la mémoire de ce que nos prédécesseurs ont accompli.

En face de la merveilleuse baie d’Alger, nous rencontrions des révolutionnaires qui ont libéré tout un continent. Aujourd’hui, l’Algérien est libre et vit dans un pays indépendant et souverain grâce au sacrifice des millions de martyrs, grâce au dévouement et au déni de soi de personnes telles que Moumdji, le dernier membre vivant du Comité central du PPA. Quelle épopée a engendré ce Mouvement national ! La grande Algérie a rayonné sur le monde par sa révolution qui a inspiré des nations à travers le monde. C’est un cadeau de la vie d’avoir pu partager ces moments avec ce grand moudjahid qui continue à défendre un idéal et à vouloir continuer à le transmettre, dans une bataille de la transmission très importante pour les jeunes générations. Nous avons le devoir de transmettre cette mémoire aux jeunes Algériens pour qu’ils sachent ce que fut notre Guerre de libération nationale. La Révolution est inscrite dans nos gènes et doit se vivre à chaque instant. L’évoquer permet de continuer l’œuvre des Novembristes, ces géants immortels. C’est vital pour l’Algérie à une époque où l’impérialisme se déchaîne en envahissant des pays pour piller leurs richesses et falsifie l’Histoire.

Dans ce monde régi par la loi de la jungle, il est très important de connaître le legs de nos martyrs et de comprendre ce que signifient les mots « indépendance » et « souveraineté ». C’est d’une importance capitale dans des moments géopolitiques majeurs comme ceux que nous vivons actuellement, avec cette guerre que l’impérialisme impose à toute la planète et qui entraîne une catastrophe économique planétaire. Quand on ne cesse de répéter que le capitalisme est générateur de guerres et ne nous offre que des perspectives sombres, avec des crises systémiques générant la guerre, la pauvreté et la famine, nous en avons l’exemple sous les yeux. Nous, les militants, nous ne nous sommes jamais trompés à ce sujet.

Croiser nos frères au Forum de la mémoire qui se sont battus, que ce soit sur le champ de bataille pour libérer le pays ou en le construisant comme des bâtisseurs, comme Abdenour Keramane. En 1962, il n’y avait rien et il a fallu tout construire. Les Novembristes se sont battus contre la France coloniale avec rien, et les bâtisseurs ont construit le pays à partir de rien. Nous devons continuer ce combat et nous débarrasser du néocolonialisme en sauvegardant la mémoire des martyrs et en préservant la souveraineté de notre pays. L’Algérie restera debout et souveraine par le dévouement de ses fils dignes qui portent le feu sacré de la Révolution de Novembre.

Rendre ce que ces géants ont accompli est quasi impossible, car les mots sont tellement pauvres pour décrire ce qu’ils ont fait et ce qu’ils sont. Ils figurent dans un Olympe que nous ne pouvons qu’admirer et chérir. Ils sont immortels et appartiennent à une génération qui a tout sacrifié. Nous leur devons tant ! Quand j’entends Monsieur Moumdji parler de Belouizdad et d’Ahmed Bouda, tous ces militants qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes et qui sont partis bien souvent dans le silence, quelle leçon de patriotisme et de dévouement ! Quelle fierté d’être Algérien et de pouvoir se revendiquer d’être un révolutionnaire et un continuateur de la Révolution de Novembre ! Qu’ils soient remerciés pour avoir libéré l’Algérie et pour l’avoir construite. Merci à tous d’avoir existé et d’avoir été là pour nous. Merci pour tout ce que vous avez fait pour l’Algérie et pour veiller à ce que cette épopée reste éternelle. Merci à Moumdji, à Dahou, à Keramane, à Haroun, à Doum, à tous les camarades présents à cette cérémonie, merci à vous et à ceux qui ont organisé cet hommage.

Il est important d’organiser ce genre d’événement du vivant de ces gens pour leur donner la parole et recueillir leur précieux témoignage à l’heure où certains cherchent à enterrer notre Histoire prestigieuse. C’est aussi une façon de leur témoigner notre gratitude pour tout ce qu’ils ont accompli, car sans eux, où serions-nous aujourd’hui ? Cela nous permet également de rendre hommage à nos martyrs qui vivent à travers les récits de ces acteurs héroïques de notre Révolution. Comment ne pas être ému quand on entend le moudjahid Moumdji évoquer la mort de Belouizdad ? Nous ne pouvons qu’encourager ce type d’hommage pour contrer tous ceux qui tournent le dos à notre grande Histoire. Car les faux-jetons et les fourbes n’ont pas leur place dans ces assemblées magnifiques qui ne concernent que ceux qui ont l’Algérie dans le sang. Il s’agit de parler vrai, d’être authentique et de rester fidèle au serment des martyrs. Telle est la tâche ardue des patriotes : entretenir le feu sacré de la Révolution de Novembre et neutraliser tous les courants et autres cercles et sectes antinationaux.

En effet, nous devons sauvegarder notre cher pays de tous les courants dévastateurs et neutraliser les forces antinationales pour préserver notre souveraineté. Préserver le legs des martyrs en combattant l’oubli et le révisionnisme est un travail quotidien qui requiert toute notre vigilance, car négliger le combat titanesque de nos prédécesseurs nous laisserait sans défense devant une nouvelle agression néocoloniale. Notre pays est si vaste, ses richesses tellement abondantes et ses paysages variés sont d’un tel attrait que cette magnificence suscite les appétits. Or, l’impérialisme n’est jamais rassasié : on le voit avec les divers actes de prédation perpétrés contre le Venezuela, l’Iran, Cuba… C’est une tâche ardue et notre génération doit l’assumer en perpétuant le message de Novembre qui restera gravé éternellement dans la mémoire du peuple algérien comme gage de sa liberté et de sa souveraineté.

Le chant de la liberté de l’Algérie révolutionnaire, belle et rebelle, résonnera toujours dans toute la planète. Comme elle a brisé les reins du colonialisme, l’Algérie, avec son peuple et sa grande armée, brisera les reins du néocolonialisme.

Mohsen Abdelmoumen

Source : auteur
https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/…

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