Par le CPI
Centre Palestinien de l’Information
Le détroit d’Ormuz est l’un des nerfs géopolitiques de l’économie mondiale. Ce passage maritime étroit relie le golfe Persique à la mer d’Oman et constitue un nœud stratégique où se croisent les cartes de l’énergie, du commerce et de la sécurité internationale.
Une partie importante des exportations mondiales de pétrole et de gaz transite par cette artère maritime, ce qui fait que toute menace à la liberté de navigation dans ce détroit dépasse le cadre régional et affecte l’équilibre des marchés mondiaux, les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement.
Selon les données de la société Fortixa, plus de 20 millions de barils de pétrole brut, de condensats et de carburant transitent chaque jour par le détroit, ce qui représente environ un cinquième de la consommation mondiale totale de pétrole.
Le détroit d’Ormuz, atout iranien
Avec une largeur de 33 km au point le plus étroit, et une largeur des deux passages d’entrée et de sortie qui ne dépassent pas 3km, le détroit d’Ormuz et un passages indispensable pour L’Arabie saoudite, l’Iran, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak, membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), pour exporter la majeure partie de leur pétrole brut, notamment vers l’Asie.
Le Qatar, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, achemine la quasi-totalité de sa production de GNL via le détroit.
L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux des principaux producteurs de pétrole de l’alliance « OPEP Plus », ont augmenté leurs exportations de pétrole ces derniers jours dans le cadre de plans d’urgence.

L’Agence américaine d’information sur l’énergie a déclaré en juin 2025, qu’environ 2.6 million de barils de la capacité inutilisée des oléoducs émiratis et saoudiens « pourrait remplacer le détroit d’Ormuz », selon un rapport de l’agence Reuters.

Reuters a confirmé que des navires recevaient des émissions à haute fréquence de la Garde révolutionnaire iranienne indiquant qu’il était interdit de traverser le détroit d’Ormuz, une mesure qui, selon le journaliste Abdelkader Fayez, spécialiste des études iraniennes, reflète le fait que l’Iran a commencé à réfléchir à la question du détroit.

Selon M. Fayez, la fermeture préventive est, dans la tradition iranienne, la première étape du processus de fermeture du détroit d’Ormuz, c’est-à-dire que l’Iran avertit les navires entrants de prendre des itinéraires différents en dehors du détroit avant de prendre toute mesure militaire.

Lors des dernières manœuvres menées par les Gardiens de la révolution iranienne, celles-ci ont été qualifiées de fermeture partielle du détroit d’Ormuz. M. Fayez affirme que les informations provenant d’Iran indiquent que la marine des Gardiens de la révolution se déplace de manière intense et fréquente dans les environs du détroit d’Ormuz et dans le détroit lui-même, dans le cadre d’une initiative dont on ignore si elle vise à une fermeture partielle du détroit, ce qui est possible, selon M. Fayez., et c’est ce qui a effectivement lieu plus tard.
Quant à la fermeture totale du détroit, elle signifie l’interruption complète de la navigation dans le détroit. M. Fayez n’exclut pas que l’Iran procède à une fermeture partielle ou progressive du détroit, ou à une interruption totale, indiquant qu’il pourrait agir en une seule fois.
Les mouvements dans le détroit d’Ormuz reflètent le fait que l’Iran a commencé à réfléchir concrètement à la manière de gérer le détroit et de l’intégrer dans le contexte de la guerre actuelle.
Moyens et limites du blocus

Pour sa part, le brigadier général Elias Hanna, expert militaire et stratège, affirme que l’Iran n’est pas en mesure, matériellement, de fermer le détroit d’Ormuz, mais qu’il lui suffit de déclarer qu’il l’a fermé pour que les navires s’abstiennent de le traverser, soulignant qu’il dispose des moyens nécessaires pour le fermer.
Dans son analyse de la situation militaire iranienne sur la chaîne Al Jazeera, Hanna a expliqué que la marine de la Garde révolutionnaire iranienne dispose de bateaux rapides, de mines marines, de petits sous-marins et de missiles de croisière.
Il a jouté que l’Iran, avec plus 2400 km de côtes maritimes, est en mesure de bloquer le trafic dans la région du Golfe et même hors de cette région.
Au sujet de l’information relayée par l’agence iranienne Mehr selon laquelle « les navires cessent de traverser le détroit d’Ormuz », l’expert militaire et stratégique a déclaré que l’annonce et l’avertissement de fermeture constituent une phase transitoire vers la fermeture effective.

Dans la guerre que lui livrent les États-Unis et l’entité sioniste génocidaire, l’Iran utilise sa position géographique pour épuiser les États-Unis, dont le président Donald Trump souhaite une guerre rapide. Le brigadier général Hanna souligne que la fermeture du détroit d’Ormuz aura des répercussions sur les États-Unis et la région du Golfe.

Des images satellites ont montré un ralentissement du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, selon le site « Marine Traffic », spécialisé dans le suivi du trafic des navires commerciaux.
Répercussions économiques
Le détroit constitue un point de passage stratégique dans l’un des couloirs maritimes les plus importants au monde. Il est considéré comme l’une des artères principales du commerce international et a été historiquement lié aux grands conflits dans la région. Depuis les années 1980, il est devenu un lieu où se croisent les intérêts et les conflits régionaux et internationaux, ainsi qu’un moyen de pression influent.
Les experts économiques estiment que la fermeture du détroit, même si elle relève davantage d’une mesure de pression politique ou militaire que d’une option pratique à long terme, plongerait immédiatement l’économie mondiale dans un état de choc.
Ce choc se traduirait par une forte hausse des prix du pétrole, des turbulences sur les marchés financiers, des pressions inflationnistes sur les économies importatrices d’énergie et une augmentation des risques géopolitiques dans une région déjà considérée comme l’une des plus tendues au monde.
De plus, toute perturbation prolongée redessinerait les alliances internationales, pousserait les grandes puissances à renforcer leur présence militaire dans les voies maritimes et mettrait à l’épreuve la capacité des producteurs et des consommateurs à trouver rapidement des alternatives logistiques.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
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