© UNICEF/Alaa Badarneh. Un garçon transporte des affaires tandis que sa famille quitte sa maison
dans le camp de réfugiés de Nur Shams, dans le nord de la Cisjordanie.

Par ONU Info

Source : ONU Info

L’expansion illégale des colonies israéliennes et la confiscation des ressources en Cisjordanie étouffent les Palestiniens, alerte le Bureau des droits de l’homme de l’ONU. Dans un rapport accablant, il dénonce les restrictions sur la vie quotidienne, qu’il s’agisse d’accès à l’eau ou de la liberté de circulation, estimant qu’elles illustrent un « apartheid » qui viole le droit international.

Le système d’apartheid était une politique institutionnalisée de ségrégation raciale et de domination exercée par la minorité blanche sur les populations noires en Afrique du Sud, de 1948 à 1994.

Le document publié mercredi par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) détaille l’impact asphyxiant des lois, politiques et pratiques israéliennes sur tous les aspects de la vie quotidienne des Palestiniens en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. 

La Cisjordanie est désormais un laboratoire d’une ségrégation systématique et violente, où les Palestiniens sont traités comme des citoyens de seconde zone. Le rapport avertit qu’Israël viole le droit international qui exige des États qu’ils interdisent et éradiquent la ségrégation raciale et l’apartheid.

Les Palestiniens sont privés de leurs ressources naturelles, indique le rapport. Il décrit par exemple comment Israël confisque et démolit illégalement les infrastructures hydrauliques palestiniennes et détourne l’eau vers ses colonies. Selon le HCDH, il y a une « asphyxie systématique » des droits des Palestiniens en Cisjordanie. 

« Qu’il s’agisse d’accéder à l’eau, d’aller à l’école, de se rendre à l’hôpital, de rendre visite à sa famille, ou de récolter des olives, tous les aspects de la vie des Palestiniens en Cisjordanie sont contrôlés et restreints par les lois, les politiques et les pratiques discriminatoires d’Israël », a déclaré Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. 

« Il s’agit d’une forme particulièrement grave de discrimination raciale et de ségrégation, qui ressemble au système d’apartheid que nous avons connu par le passé ».

D’une manière générale, les Palestiniens continuent d’être victimes de « confiscations de terres à grande échelle et d’une privation d’accès aux ressources ». Le rapport contient également de nombreux exemples illustrant à quel point la vie des Palestiniens est devenue de plus en plus contraignante et précaire. 

Les autorités israéliennes traitent ainsi les colons israéliens et les Palestiniens selon deux ensembles distincts de lois et de politiques. Cela se traduit par une « inégalité de traitement » sur toute une série de questions cruciales, notamment « la liberté de circulation et l’accès à des ressources telles que la terre et l’eau », constate le rapport. 

Il conclut qu’il existe des motifs raisonnables de croire que la séparation, la ségrégation et la subordination sont destinées à être permanentes, afin de maintenir l’oppression et la domination des Palestiniens. « Les actes commis dans l’intention de maintenir une telle politique constituent une violation de l’article 3 de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui interdit la ségrégation raciale et l’apartheid », constate-t-il.

Plus largement, le document note qu’il y a « une détérioration sans précédent de la situation des droits humains » depuis le 7 octobre 2023 marqué par l’attaque sanglante du Hamas en Israël, avec la poursuite et l’escalade de la violence des colons, souvent avec l’assentiment, le soutien et la participation des forces de sécurité israéliennes.

Des milliers de Palestiniens ont également été expulsés de leurs maisons à travers la Cisjordanie, « ce qui pourrait constituer un transfert illégal, un crime de guerre ». Des milliers de Palestiniens restent détenus arbitrairement par les autorités israéliennes, pour la plupart en « détention administrative », sans inculpation ni procès. 

Or l’impunité règne en matière de violations des droits humains, y compris la violence endémique commise par les forces de sécurité et les colons israéliens. Selon le rapport, sur plus de 1.500 meurtres de Palestiniens commis entre le 1er janvier 2017 et le 30 septembre 2025, les autorités israéliennes ont ouvert 112 enquêtes, qui n’ont abouti qu’à une seule condamnation.

Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…

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