Par Chems Eddine Chitour

«Nous querellons les miséreux pour mieux nous dispenser de les plaindre.»
(Vauvenargues )

Résumé
Dans cette contribution plaidoyer, nous allons rappeler le catalogue de l’horreur et du génocide qui se passe à Ghaza. L’année 2023 fut, de fait, une année horrible pour les Palestiniens. En fait, dans cette folie, même les humanitaires sont canardés, ceci étant un message pour le SG de l’ONU qui a essayé de faire son travail. Nous sommes tous autant que nous sommes, à des degrés divers, responsables du malheur des Palestiniens. D’abord, les pays occidentaux qui bafouent leurs propres règles quand il s’agit de défendre Israël. Ensuite les grandes puissances, BRICS en tête, qui s’avèrent en fait frileuses pour dire le droit. Enfin, les pays arabes qui attendent que la tuerie s’arrête pour reprendre leur business avec Israël. Nous devrions avoir la décence de ne plus parler de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, car les droits reconnus et défendus, «exception faite d’Israël», sont ceux de l’homme blanc et la fracture du West et du Rest fait que l’avenir sera de plus en plus chaotique notamment aussi par la course à la suprématie, pour défendre chacun ses intérêts. Où sont les droits de l’Homme chantés dans toutes les langues et devenus un mantra trompeur dans la bouche des Occidentaux qui dictent la norme du bien et du mal ?
Les nations sont plus désunies que jamais et on s’aperçoit que toutes les instances internationales auxquelles, à tort, on se réfère sont en fait calibrées pour l’homme blanc. C’est la guerre des puissants contre les faibles. Veut-on un exemple ? D’abord, le système financier international ne fait la place qu’au dollar ! Souvenons-nous comment le 15 août 1971, d’un trait de plume, le président Nixon venait de changer les règles du jeu imposées à Bretton Woods ; le dollar devient flottant.
Cela veut dire que 1 dollar n’était plus égal à 1 gramme d’or ! On l’aura compris, du même coup il y eut une réévaluation des richesses de ceux qui ont de l’or ; et actuelle l’once d’or de 33 grammes qui valait 33 dollars avant le 15 août 1971 vaut maintenant 2000 dollars ! Veut-on se développer ? Il faut passer à travers les fourches caudines du FMI et de la BM pour être ajusté à la dimension d’un marché de consommateurs avec une disparition de la solidarité de l’État envers les classes vulnérables.
Un autre exemple, à l’OMC, les règles du commerce qui sont dimensionnées pour les pays développés. Ceux qui ne rentrent pas dans le rang de la démocratie subiront la peine de la Cour pénale internationale, faite pour juger les miséreux. Si cela ne suffit pas, on fera appel à l’Otan qui imposera une démocratie aéroportée et un régime change.
Le sort de la Palestine est compromis ; c’est en fait et définitivement l’ensauvagement du monde et les pays occidentaux qui dictaient la norme du bien et du mal sont bien mal placés pour donner des leçons. La force brute triomphe, c’est assurément une défaite de la pensée de la dignité. Que sera 2024 ? À n’en point douter, si nous ne faisons rien, ce sera une tragédie palestinienne de plus, une impunité totale d’Israël qui nous fait perdre définitivement la foi devant la jungle actuelle. Pour conjurer ce sort funeste, nous devons mettre la CPI devant ses responsabilités et inciter l’humanité dans son ensemble à se pencher sur le calvaire palestinien pour lui donner une espérance.

Deux lettres courageuses pour parler du génocide

En sus des 21500 morts de Ghaza et des 55 000 blessés, même les Palestiniens de Cisjordanie meurent de la main des colons qui se sentent pousser des ailes en chassant les Palestiniens de leurs logements. L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens a déclaré vendredi que 2023 a été «l’année la plus meurtrière jamais enregistrée» pour les Palestiniens en Cisjordanie, avec 504 personnes tuées. Au moins 70 enfants avaient été tués en Cisjordanie depuis la guerre en cours dans la Bande de Ghaza le 7 octobre.

L’honneur de personnalités qui n’acceptent pas le génocide
Par ailleurs, deux lettres de démission jettent le trouble sur l’offensive israélienne, la démission de deux hauts responsables est venue semer le trouble sur l’offensive israélienne à Ghaza. D’abord du côté du gouvernement, avec le départ très médiatisé, le 18 octobre, de Josh Paul, le responsable des transferts d’armes au Bureau des affaires politico-militaires. Puis le 28 octobre, avec celui de Craig Mokhiber, le directeur du bureau new-yorkais en charge des droits de l’Homme aux Nations unies. Pour leurs prises de position à charge et à contre-courant des engagements occidentaux dans la guerre israélo-palestinienne.(1)
La lettre de démission de Craig Mokhiber résume parfaitement la situation en Palestine et ce qu’endure le peuple palestinien depuis 75 ans. Cette lettre date du 10 novembre 2023 : «Monsieur le Haut- Commissaire, je vous écris dans un moment de grande détresse pour le monde. Une fois encore, nous assistons à un génocide qui se déroule sous nos yeux, et l’Organisation que nous servons semble impuissante à l’arrêter. je sais bien que le concept de génocide a souvent fait l’objet d’exploitation politique abusive. Mais le massacre actuel du peuple palestinien, ancré dans une idéologie coloniale ethno-nationaliste, ne laisse aucune place au doute ou au débat. À Ghaza, les habitations, les écoles, les églises, les mosquées et les établissements médicaux sont attaqués sans raison et des milliers de civils sont massacrés. En Cisjordanie, y compris à Jérusalem occupée, les maisons sont saisies et réattribuées en fonction uniquement de la race. Par ailleurs, de violents pogroms perpétrés par les colons sont accompagnés par des unités militaires israéliennes. Dans tout le pays, l’apartheid règne.»(2)

L’Occident soutient le génocide des Palestiniens
Il s’agit d’un cas d’école de génocide. Le projet colonial européen, ethno-nationaliste, de colonisation en Palestine est entré dans sa phase finale, vers la destruction accélérée des derniers vestiges de la vie palestinienne indigène en Palestine. De concert avec tout cela, les médias corporatifs occidentaux, de plus en plus aux ordres des gouvernements, sont en totale rupture avec l’article 20 du PIDCP déshumanisant les Palestiniens sans cesse pour justifier le génocide, et diffusant la propagande guerrière et les appels à la haine nationale, raciale ou religieuse qui constituent une incitation à la discrimination, à l’hostilité et à la violence. Dans de telles circonstances, notre organisation est plus que jamais appelée à agir de manière efficace et fondée sur des principes. Mais nous n’avons pas relevé ce défi. Le mantra de la «solution à deux États» est devenu une plaisanterie ouverte dans les couloirs de l’ONU.(2)

Le pouvoir des États-Unis et la peur du lobby israélien
«Monsieur le Haut-Commissaire, j’ai rejoint cette Organisation dans les années 1980. Nous avions pour nous les droits humains. Nous avions pour nous les principes. L’ironie de l’histoire veut que la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) ait été adoptée l’année même où la Nakba a été perpétrée contre le peuple palestinien. Les droits de l’Homme à tout le monde, sauf aux Palestiniens, alors que nous commémorons le 75e anniversaire de la DUDH, nous ferions bien d’abandonner le mythe éculé selon lequel la DUDH est née des atrocités qui l’ont précédée, et d’admettre qu’elle est née en même temps que l’un des génocides les plus atroces du XXe siècle, celui de la destruction de la Palestine. Mais la voie de l’expiation est claire. Prenons le parti de la justice.»(2)

Qu’est-ce qu’un génocide ?
Dans les différents articles, on s’aperçoit que les rédacteurs prennent mille précautions pour ne pas encourir la colère d’Israël de ses lobbys et de ses relais (les pays occidentaux). Pourtant, la lumière se fait jour et de plus en plus la vérité commence à émerger. Cette contribution nous vient du Canada. Lisons-la : «Bien que des voix encore rares mais de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer l’évidence, un mot demeure largement tabou, celui de génocide. Les chiffres qui rendent compte du massacre perpétré à Ghaza par l’État israélien en riposte à celui commis par le Hamas – qui a tué 1 200 personnes, en majorité des civils, dans une attaque le 7 octobre dernier – donnent le vertige. À peine un mois après le début du conflit, plus de 10 000 civils, dont plus de 4 000 enfants, avaient perdu la vie sous les bombes israéliennes, soit davantage que les 9 806 civils (dont 531 enfants) morts en 20 mois de guerre entre la Russie et l’Ukraine.»(3)
Durant ce premier mois de bombardements, l’armée israélienne a affirmé avoir effectué 11 000 frappes aériennes sur le petit territoire de 360 km2 (ce qui est inférieur à la superficie de la ville de Montréal), soit neuf fois plus que l’État russe lors des trente premiers jours de son invasion de l’Ukraine. En date du 11 décembre, ce sont plus de 18 200 personnes qui ont été tuées à Ghaza, dont environ 70 % sont des femmes et des enfants selon une étude publiée début décembre dans la prestigieuse revue The Lancet, ces chiffres sont réalistes, et sont même probablement une sous-estimation du nombre réel de morts. De fait, dans l’ensemble de la bande de Ghaza, on estime qu’entre 29% et 37% des bâtiments ont été détruits, proportion qui atteint entre 56% et 69% dans le nord du territoire. Après seulement un mois de conflit, d’autres sources évaluaient à 45% la proportion de bâtiments résidentiels détruits à Ghaza, contre 32% à Marioupol, considérée comme la ville martyre de l’Ukraine. Selon l’ONU, ce sont 85% des habitant·e·s de la bande de Ghaza qui ont été déplacé·e·s en deux mois de conflit.(3)

Le spectre d’un génocide
Rima El Khouria abonde dans le même sens et rappelle la définition de l’ONU : «Le génocide, c’est le crime le plus grave. C’est ce qui explique que les États sont plus que réticents à qualifier de génocide les hostilités actuelles d’Israël. Le terme ‘‘génocide’’ a été inventé par le juriste polonais Raphaël Lemkin en 1944 pour qualifier les politiques nazies d’extermination systématique du peuple juif durant l’Holocauste ainsi que d’autres entreprises de destruction semblables dans l’histoire de l’humanité. Selon la définition de l’ONU, le crime de génocide désigne un acte ‘‘commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux’’. Pour l’invoquer, il faut d’abord qu’il y ait un acte constitutif de génocide. La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide en énumère cinq : meurtre de membres d’un groupe ; atteintes graves à leur intégrité physique ou mentale ; soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ; transfert forcé d’enfants à un autre groupe. D’emblée, en observant la tragédie qui se déroule à Ghaza, avec les attaques contre des civils, la destruction d’écoles ou d’hôpitaux, la détention et la torture de Ghazaouis qui se trouvaient sur le territoire d’Israël le 7 octobre et la soumission des Palestiniens à des conditions insoutenables, il semble y avoir là au moins trois des cinq actes constitutifs d’un génocide.»(4)
«L’autre élément-clé de tout génocide, c’est l’intention. ‘‘Qu’ils aient raison ou non, qu’ils aient été attaqués en premier ou non, ça ne change rien aux règles du droit international humanitaire.’’ Ça ne justifie pas que Ghaza soit devenue un cimetière d’enfants. Ça ne justifie pas le nombre record de travailleurs humanitaires de l’ONU et de journalistes qui y ont été tués. Ça ne justifie certainement pas la lâcheté des dirigeants qui savent et ne font rien. À partir de quel degré d’horreur la communauté internationale se réveillera-t-elle ?»(4)

La Cour pénale internationale et la lutte contre l’impunité
À Ghaza, la CPI joue sa crédibilité. La justice internationale est critiquée pour sa lenteur dans le conflit au Proche-Orient, alors qu’elle s’est montrée efficace en Ukraine. La 22e Assemblée des États parties à la Cour pénale internationale (CPI) ouverte le 4 décembre dernier à New York vient de s’achever le 14 décembre.
Les discussions entre les États, le Procureur et les autres personnels de la Cour ont notamment été marquées par la guerre menée par l’armée israélienne dans la bande de Ghaza, qui a déjà coûté la vie à plus de 18 000 Palestiniens et contraint près de 2 millions d’habitants de Ghaza à fuir leur logement, en réponse aux attaques du Hamas en Israël qui a tué 1 200 Israéliens et en a pris 240 en otage le 7 octobre dernier. Depuis l’ouverture en 2021 d’une enquête sur la situation en Palestine, et plus encore depuis le 7 octobre, le Bureau du Procureur, dirigé par l’avocat britannique Karim Khan, est accusé par de nombreux États et des ONG de ne pas avoir abouti à des résultats concrets. Face aux critiques, Khan a affiché sa volonté de reprendre personnellement le dossier en main. Le 4 décembre dernier, il a achevé une visite en Israël et en Palestine. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, plus de 800 000 colons israéliens sont établis. Depuis le 7 octobre, d’après les Nations unies, plus de 265 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie. Plusieurs critiques ont été exprimées à l’encontre du Procureur à l’issue de ce déplacement.
La fracture entre l’Occident et le «Sud global», perceptible dans la guerre en Ukraine, s’est accentuée depuis le 7 octobre. Dès lors, pour faire taire les critiques quant à un deux poids deux mesures, la CPI se doit d’être à la hauteur des enjeux du conflit israélo-palestinien.(5)

Sur le conflit israélo-palestinien, la Cour pénale internationale joue son avenir
Après huit ans d’immobilisme, les États dits du «Sud global» attendent que l’enquête dans les territoires palestiniens avance. Pointée du doigt pour sa lenteur et accusée d’être sous l’influence des États-Unis, la CPI doit œuvrer dans un contexte de défiance.
Si l’urgence est à l’arrêt des combats et à l’aide humanitaire pour les deux millions de civils coincés dans la bande de Ghaza, beaucoup d’ONG anticipent déjà le moment où des généraux ou des représentants de l’armée israélienne devront rendre les comptes d’une riposte israélienne qu’elles qualifient de crime de guerre, de crime contre l’humanité, voire, pour certaines, de crime de génocide. «Aujourd’hui, toutes les preuves sont entre les mains de la Cour pénale internationale (CPI)», estime Emmanuel Daoud, avocat de trois ONG palestiniennes (le Centre palestinien pour les droits de l’Homme, Al-Haq et Al Mezan) qui ont déposé le 9 novembre une plainte visant plusieurs hauts dirigeants israéliens, dont le premier ministre Benyamin Netanyahou et le président Isaac Herzog. Ces ONG les accusent notamment d’«intention génocidaire», d’«incitation au génocide», de «crimes contre l’humanité» et de «crimes de guerre» découlant directement de leurs ordres donnés à l’armée israélienne à Ghaza après les attaques du Hamas du 7 octobre.
Le dossier palestinien, lui, a été ouvert en 2019, après cinq ans d’enquête préliminaire sur la définition des territoires dont la CPI a compétence. L’investigation elle-même, qui concerne tous les crimes présumés des forces israéliennes à Ghaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est depuis 2014, n’a réellement commencé qu’en 2021, à la fin du mandat de l’ancienne procureure générale, Fatou Bensouda. (…) En 2019, la puissance américaine avait révoqué le visa de l’ancienne procureure Fatou Bensouda en raison de l’ouverture possible d’une enquête sur les violences de soldats américains en Afghanistan. Washington avait également interdit l’accès à son territoire et menacé de sanctions économiques plusieurs responsables de la CPI. Après un scrutin repoussé neuf fois en raison de discussions parmi les États membres, son successeur Karim Khan est arrivé à la tête du bureau en juin 2021. Karim Khan est perçu comme le procureur capable de se saisir du dossier israélo-palestinien. La cause, «chère à son cœur» d’après l’un de ses anciens collaborateurs, l’a conduit à se déplacer en Israël et en Cisjordanie au début du mois de décembre. Seulement, pas question d’enquêter à ce stade : le procureur, qui n’a pas pu pénétrer dans Ghaza, a simplement exprimé sa «sympathie» envers le peuple palestinien».(6)
«Derrière les investigations, poursuit Zeina Kovacs, sur d’éventuels crimes de guerre, se jouent, sur ce dossier précis, la crédibilité de la CPI et l’adhésion des États dits du ‘‘Sud global’’ au Statut de Rome. Dans une tribune publiée dans Le Monde et le quotidien britannique The Guardian à la mi-novembre, Karim Khan écrivait sa préoccupation sur la situation des civils à Ghaza et en Cisjordanie, mais assurait avoir ‘‘l’obligation de ne pas agir sous le coup de l’émotion’’. Autrement dit, le procureur attend d’avoir des preuves ‘‘objectives et vérifiables’’ pour libérer son action judiciaire.»(6)

Le génocide en cours à Ghaza remplace l’Holocauste dans l’échelle de l’horreur
Depuis 1945, un marqueur de la faute originelle de l’Occident a été imposé sans débat de fond ni de vérification de la véracité des faits. Il s’agit des massacres imputés à Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale à l’endroit des Juifs en omettant aussi le fait que dans les camps de prisonniers il n’y avait pas que des Juifs mais aussi des Tziganes, des insoumis et d’autres nationalités. Bref, l’histoire veut que Raphaël Lemkin a proposé une définition de l’Holocauste pour les meurtres uniquement à l’endroit des Juifs en donnant une définition appropriée et en nommant ce drame comme étant l’horreur suprême de l’humanité. On ne sait toujours pas combien il y eut de morts, tant les avis
divergent ! Aux 6 millions déclarés par Israël, il n’est pas permis d’en parler, de discuter de faire des recherches et dans chaque pays, les organisations juives veillent au grain. En France, la loi Gayssot punit tous ceux qui remettent en cause le dogme. De fait, la Shoah est vue comme une asymptote qui doit déboucher sur l’expiation ad vitam æternam de la faute de l’Occident du fait de l’un des leurs. Cette expiation est imposée aux Palestiniens qui n’y sont pour rien dans l’horreur nazie.
Cette faute se décline à la fois sur le plan matériel d’une pompe à finance bien décrite par Norman Finkelstein dont les parents sont morts à Auschwitz, dans son ouvrage appelée L’industrie de l’Holocauste. Elle se décline aussi sur le plan médiatique où les médias à l’unisson sont tétanisés, et minimisent les atrocités sans nom du gouvernement israélien. Quaut aux opinions, il y en a trois ! Celle des Occidentaux qui assument, imposent et arment Israël qui est en train de rayer de la carte Ghaza et ses habitants en bloquant toute idée de cessez-le-feu. Nous avons ensuite la position des gouvernements dont celle des BRICS qui a beaucoup déçu du fait qu’on pensait, à tort, qu’ils étaient capables de dire le droit et qu’en fait ils font le minimum syndical, et enfin, et c’est le plus tragique, les pays arabes et musulmans pour qui cette affaire dérange la reddition qui était en cours dans le cadre des accords d’Abraham.

Que reste-t-il de l’Holocauste qui brûle et se consume à Ghaza ?
La contribution suivante explique et montre justement que l’aspect moral de l’Holocauste a disparu du fait que les Juifs qui ont subi le massacre de masse sont devenus à leur tour des bourreaux plus cruels que les nazis : «Nous n’entrerons pas dans le débat sur l’Holocauste. Ce sont les Israéliens qui doivent débattre de leur Holocauste qui brûle et se consume à Ghaza, l’holocauste de Ghaza commence à dévorer l’histoire de l’Holocauste des Juifs, laquelle histoire est en train de perdre de sa valeur morale et de ce qui est plus important encore : la sympathie et l’empathie qu’elle suscite. Des sentiments dont la pérennité fut et demeure l’un des objectifs du sionisme qui les insère et les enferme dans les esprits via l’école, la culture, le cinéma, le théâtre, les médias, les célébrations, etc., sauf que lorsque le péché se répète, le cœur ne pardonne plus. D’autant plus que les scènes de l’entreprise d’extermination systématique qui se déroule à Ghaza sont venues envahir les esprits d’un monde qui entend et voit de ses propres yeux l’incroyable.»(7)
«C’est pourquoi, progressivement, l’histoire remplace l’Histoire, les images remplacent les récits fictifs, les vérités tangibles remplacent les mythes du sionisme. Car contrairement à l’Holocauste qui est un récit dont le monde d’aujourd’hui ne connaît que des images ou des écrits, nul ne peut douter ou nier l’holocauste de Ghaza. Toutes les histoires sionistes sur l’Holocauste ne peuvent l’emporter sur les images et les films de milliers d’enfants palestiniens enveloppés de leurs linceuls blancs, ni même d’un seul enfant palestinien qui saigne et regarde l’observateur dans les yeux. Et tous les films hollywoodiens sur l’Holocauste ne peuvent effacer les images des corps démembrés de vingt mille victimes d’Israël et nettoyer ainsi son visage et ses dents tachés de sang. Le monde entier voit les bombes exploser dans les maisons palestiniennes, tout comme il voit l’instant même de la mise à mort de familles entières et de civils innocents.»(7)
«Ce qui fait que le plus gros problème auquel l’histoire de l’Holocauste devra se confronter, en plus de la perte de sa prétendue moralité et de son prestige soigneusement construit par l’Occident, est de voir l’holocauste de Ghaza tuer les remords et le sentiment de culpabilité enfouis dans la conscience européenne, car désormais c’est la victime sacrée de l’Holocauste qui tue et qui dévore sauvagement la chair des enfants et des innocents. Et l’histoire de l’Holocauste brûlant et se consumant à Ghaza, en raison d’un péché majeur commis au grand jour, libérera les peuples du fardeau d’une culpabilité leur ayant imposé le silence sur les souffrances des Palestiniens. Une libération qui les autorisera à dire que la victime de l’Holocauste n’a pas le droit de commettre un holocauste, auquel cas elle perd son droit de vivre sur une terre et dans une patrie. Que restera-t-il de l’Holocauste, l’histoire préférée des Israéliens au point de devenir plus précieuse que l’histoire de leur captivité à Babylone ?(…)»(7)

Conclusion
Devant cette situation inédite, doit-on se boucher les oreilles, ne pas voir l’horreur, faire semblant qu’il ne se passe rien ? Cette faute innommable par le Goliath des temps modernes qui tétanise la planète entière. Il reste, qu’on le veuille ou non, la culpabilité de chaque citoyen du monde, qu’il soit au Brésil, au Congo, dans l’Europe. Pourtant, cette limite insoutenable c’est la détresse, voir la mort d’un enfant ne semble pas réveiller en eux la compassion. Est-ce bien raisonnable que plus de 10 000 enfants palestiniens, présumés «terroristes» dès le jour de leur naissance, aient été massacrés, démembrés, transformés en montagne de chair humaine sous les bombes gracieusement fournies par l’Occident global, qui prétend donner des leçons de morale au reste de la planète et imposer sa loi ?
Que reste-t-il de la crédibilité de l’Occident aux yeux d’un monde qui regarde, effaré, les gouvernances occidentales et nos parlementaires soutenir l’insoutenable ? «L’Europe est de fait une colonie israélienne.» La complicité et la responsabilité des démocraties européennes sont totales dans cette affaire du pogrom de Ghaza. «Cette complicité à vomir de l’Empire, qui est bien la nôtre, dans le génocide israélien envers les Palestiniens… et cette lâcheté dans notre refus de bien nommer cet ensemble de crimes contre l’humanité, à jamais injustifiable, impardonnable et inexpiable. Le monde entier a vu et sait. Il est à espérer enfin que le cessez-le-feu advienne dans les meilleurs délais. Que justice soit rendue au peuple palestinien dont le calvaire a plus d’un siècle (depuis une tragique lettre d’un certain Balfour qui octroie une terre qui ne lui appartient pas et ceci en novembre 1917) et qu’enfin après la gabegie d’Oslo on puisse permettre à cette Palestine de vivre et aux enfants palestiniens d’avoir des rêves comme tous les enfants du monde.
Amen.

Par le Professeur Chems Eddine Chitour école polytechnique, Alger

1.https://www.blast-info.fr/articles/2023/new-york-gaza-les-deux-lettres-de-demission-qui-jettent-le-trouble-sur-loffensive-israelienne-iK8iEXSJQY2492SUA4cH6g
2. Craig Mokhiber https :// kapitalis. com/tunisie/2023/11/10/document-limpuissance-des-nations-unies-face-au-genocide-des-palestiniens/

3.https://iris-recherche.qc.ca/blogue/international-et-libre-echange/autre-personnalite-2023/ 14 décembre 2023
4.Rima El Khouri https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2023-11-08/le-spectre-d-un-genocide.phple 8 novembre
5.Mohammed Qawasma December 17, 2023 https ://theconversation.com/la-guerre-a-gaza-la-cour-penale-internationale-et-la-lutte-contre-limpunite-219523
6. Zeina Kovacs https : // www . mediapart . fr /journal/ international/211223/sur-le-conflit-israelo-palestinien-la-cour-penale-internationale-joue-son-avenir
7. https ://reseauinternational .net/que-reste-t-il-de-lholocauste-qui-brule-et-se-consume-a-gaza/29 décembre 2023

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur

Source : La Soir d’Algérie
https://www.lesoirdalgerie.com/contribution/…