Par Chems Eddine Chitour

à force de tout voir on finit par tout supporter… à force de tout supporter on finit par tout tolérer… à force de tout tolérer on finit par tout accepter… à force de tout accepter on finit par tout approuver !»
(Augustin d’Hippone)

Français qui accusaient les moudjahidine de commettre des actes terroristes à travers les bombes dissimulées dans les couffins : «Donnez-nous vos avions et nous vous donnerons nos couffins.»
(Larbi Ben M’hidi s’adressant à ses tortionnaire)

Résumé

On aura tout dit de cette boucherie au vu et au su des puissants de ce monde incapables de se mettre d’accord pour sauver un peuple de sa disparition. 8 000 morts au compteur, plus de 20 000 blessés. La citation de Larbi M’hidi permet de remettre les pendules à l’heure quand il s’agit de désigner des combattants qui se battent pour leur patrie. La fachosphère des BHL et autres avec des médias aux ordres ne s’arrêtent pas de diaboliser les combattants palestiniens. Il est intimé aux Palestiniens de quitter pour la seconde fois leur terre sinon ils seraient bombardés. Ce n’est pas ce qui est arrivé, écrit Lalibi Brahim : «Le 24 février 2022, le conflit avait poussé les Ukrainiens à fuir la guerre et quitter leur pays pour se réfugier en Pologne et ailleurs en Europe. Pourtant, faucons américains et européens l’admettent et reconnaissent que la Russie ne s’attaquait pas aux civils et évitait de pilonner les villes. (…) Les Palestiniens, peuple brave, résistant et courageux, ressemblent à ces peuples qui refusent la capitulation et la reddition, malgré l’enfer vécu. Arrosés du matin au soir par des bombes au phosphore, sujets à un processus d’extermination et à un génocide, ils préfèrent, aujourd’hui, se sacrifier et mourir sur leur terre, car la lutte c’est le sacrifice de la vie, et la liberté est sa fin.»(1)

Qu’est-ce qu’un génocide ?

Pour les Nations unies, le génocide est défini par l’article 2, sections (a)-(e) de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide GA RES/260 A (III) du 9 décembre 1948. Dans cette Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel : le meurtre de membres du groupe, l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe, la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle, les déplacements de populations abandonnées à elles-mêmes, sans aucun moyen de subsistance par une volonté politique, militaire, les camps de concentration, et les mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe par un ciblage des enfants. Une définition complémentaire, la mise à mort dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national.

Malgré la résolution de l’ONU, les massacres continuent

L’horreur se poursuit à Ghaza et la vengeance israélienne après les attaques du Hamas, du samedi 7 octobre, n’a plus de limite. Après trois semaines de bombardements intensifs de l’armée israélienne, plus de 8 000 Palestiniens ont été tués par Israël, en majorité des enfants et des femmes. De nombreuses voix dans le monde, dont celle du président brésilien Lula, ont dénoncé un génocide. Vendredi, l’Assemblée générale de l’ONU a réclamé à une large majorité une «trêve humanitaire immédiate» à Ghaza.
La résolution, dont le texte a été déchiré par l’ambassadeur israélien aux Nations unies, a été votée par 120 pays. De prison à ciel ouvert depuis 16 ans en raison du blocus israélien, Ghaza est devenue, depuis le début de la guerre, un «charnier à ciel ouvert», a dénoncé le Dr Brauman sur BFMTV. Médecins du monde, une autre ONG qui est présente à Ghaza, a rapporté des scènes d’horreur dans les hôpitaux de l’enclave palestinienne qui manquent de tout, à tel point que des enfants blessés dans les bombardements israéliens sont «amputés sans anesthésie». Des vidéos circulent sur les réseaux montrant des médecins en train d’opérer des enfants sans anesthésie. «On sait qu’il y a des tonnes de médicaments qui sont positionnées à la frontière à Rafah. Helena Ranchal, la directrice des opérations internationales de Médecins du monde, a réclamé un cessez-le-feu et la protection des secouristes, des soignants et des travailleurs humanitaires. Dans sa guerre contre Ghaza, l’armée israélienne ne se contente pas de lâcher ses bombes sur les civils. Elle a décidé d’imposer un blocus total à l’enclave palestinienne, privant plus de 2,2 millions de personnes de médicaments, de nourriture et d’électricité. Vendredi, Israël a même coupé les communications et internet, rendant impossible le travail sur place des secouristes et des humanitaires».(2)

La réalité de l’Occident par Dominique de Villepin

Un témoignage lucide a été commis par l’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, qui a réitéré sa double approche : refus des bombardements israéliens sur la bande de Ghaza et nécessité de trouver une voie politique vers la paix en remettant sur la table la question palestinienne. Le droit de «légitime défense» mis en avant par le gouvernement israélien avec le soutien des pays occidentaux ne lui confère pas le droit à une «vengeance indiscriminée», a répété de Villepin. «Les populations civiles qui sont en train de mourir à Ghaza, elles n’existent pas ? Parce que l’horreur a été commise, il faut qu’elle soit commise de l’autre côté ?» À ce «gouffre existentiel» s’ajoutent un «gouffre géopolitique» et un risque d’extension du conflit alors que le monde est fracturé entre l’Occident et le «Sud global, c’est-à-dire le reste du monde», c’est la remise en cause de l’Occident et enfin, le «moralisme» ou le deux poids, deux mesures que tout le monde dénonce : «Mais regardez comment les populations civiles de Ghaza sont traitées […] Vous dénoncez ce qui s’est passé en Ukraine et vous êtes bien timides face au drame qui se joue à Ghaza.» L’autre critique porte sur le non-respect par Israël des résolutions de l’ONU alors que pour la même raison, l’Occident sanctionne la Russie. «Voilà 70 ans que les résolutions des Nations unies (contre Israël) sont votées en vain». Il ne faut pas « assassiner l’avenir» et «les Occidentaux doivent ouvrir les yeux» devant la réalité de ce qui se passe. (…) À ceux qui mettent en avant l’islamisation de la cause palestinienne, Dominique de Villepin rétorque que le sionisme aussi est devenu «très largement messianique et biblique». Dominique de Villepin rappelle que les Israéliens ont sorti de leur «logiciel» la solution à deux États et ont espéré que la question palestinienne s’efface en évoquant la normalisation de certains pays arabes avec Israël.(3)
La France de l’après-de Gaulle, de l’après-Chirac est devenue méconnaissable de par son éloignement de par sa politique arabe. Elle s’est livrée pieds et poings liés à un sionisme qui lui interdit toute indépendance de jugement qui ne glorifie pas Israël. Alors que des raz-de-marée humains partout dans le monde occidental protestent contre les crimes israéliens sur des êtres sans défense, à Paris, on interdit aux citoyens de protester. On verbalise à 135 € plus d’un millier de citoyens ayant participé au rassemblement du Chatelet de soutien aux populations de Ghaza. Seuls sont permis les «droits de l’Homme israéliens».

Gestion diabolique d’une situation qui s’apparente à un génocide

Comme l’observe Human Rights Watch : «Puissance occupante, Israël a le devoir, en vertu de la Quatrième Convention de Genève, dans toute la mesure des moyens dont il dispose, d’assurer l’approvisionnement alimentaire et médical de la population.» «La famine comme méthode de guerre est interdite et constitue un crime de guerre.» Après deux semaines de guerre sanglante contre Ghaza, Amnesty International a indiqué vendredi avoir «récolté des preuves accablantes de crimes de guerre, qui doivent faire l’objet d’une enquête». Dans le même ordre d’une extermination clandestine, la coupure des télécommunications et d’internet dans la bande de Ghaza soumise à d’intenses bombardements israéliens risque de «servir de couverture à des atrocités de masse», de contribuer à l’impunité des violations des droits humains», a déploré une responsable de Human Rights Watch (HRW), Deborah Brown, dans un communiqué.
«Tout en bombardant Ghaza, tuant sans distinction enfants, femmes et personnes âgées, l’armée israélienne soumet l’enclave palestinienne à un blocus cynique et inhumain depuis 16 ans. Selon le journal Le Monde, ‘’les diététiciens de l’armée israélienne sont allés jusqu’à calculer le ratio calorique permettant de maintenir les habitants de Ghaza juste au-dessus du seuil de malnutrition avec 2279 calories par jour et par personne. À partir de cette estimation, les militaires israéliens ont décidé que seuls 131 camions d’aides seraient autorisés à entrer chaque jour dans la bande de Ghaza. Bien sûr, cette autorisation a été suspendue depuis le début de la guerre puisque dans sa quête d’une vengeance sanguinaire, l’armée israélienne a décidé de priver les Palestiniens de tout’’.»(4)
Pour Indrajit Samarajiva : «En réalité, l’autorité morale occidentale n’a jamais existé. Ils nous ont dit qu’ils nous civilisaient alors qu’ils nous traitaient comme des animaux, et qu’ils traitaient nos parents de manière encore pire. Pendant des siècles, les pays les plus violents, les plus génocidaires, les plus racistes et les plus corrompus de la planète ont cru bon de donner des leçons de morale à tout le monde, en s’appuyant sur l’occupation, les armes et la famine. Aujourd’hui, ces mêmes pays jugent encore bon de nous faire la leçon, à grand renfort de coups d’État, de bombes et de sanctions. J’appelle cela de l’autoritarisme parce que cette morale perverse a toujours été imposée par la violence. À cette fin, la presse et les hommes politiques occidentaux sont unis pour soutenir le gouvernement israélien ouvertement génocidaire dans la perpétration d’un génocide. Ils utilisent le même slogan de propagande «les bons contre les terroristes», ce que nous pouvons voir, c’est l’hypocrisie pure et simple de la morale occidentale. L’Empire est nu, et il se dévoile à nous, sans même s’en rendre compte. Une population de plus de 2 millions d’habitants, dont la moitié sont des enfants, est détenue dans un camp de concentration (les issues sont fermées ou bombardées) et privée de nourriture et d’eau. Plus de bombes ont été larguées sur une petite ville que sur l’Afghanistan en un an.»(4)
«Des bombes au phosphore blanc ont été larguées sur eux, brûlant la chair jusqu’à l’os. Il s’agit d’un génocide classique, à moins que vous ne regardiez les médias occidentaux. L’Occident ayant donné carte blanche, le langage d’Israël est aujourd’hui ouvertement génocidaire. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré : ‘’Ghaza ne redeviendra pas ce qu’elle était avant. Nous allons tout éliminer… J’ai ordonné un siège complet de Ghaza. Pas d’électricité, pas de nourriture, pas de carburant, pas d’eau. Tout est fermé. Nous combattons des animaux humains et nous agissons en conséquence.’’ Il n’y a pas de civils à Ghaza. Ils essaient de faire passer un génocide pour un acte moral parce qu’il s’agit de terrorisme.»
Le dernier vestige de l’autorité morale occidentale est enterré en Palestine, avec les corps de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens. Regardez simplement la Palestine, en ce moment même. Imaginez la soif de vos propres enfants, imaginez les bombes qui tombent jour et nuit, et imaginez que vous êtes confinés dans cet endroit par une armée hostile, tandis qu’un porte-avions américain bloque tout secours par la mer. La partie génocidaire est-elle si difficile à voir (…) Soit l’action menée par Israël contre le peuple palestinien donne lieu à des sanctions contre cet Etat voyou, soit rien n’est fait et c’est la porte ouverte à toutes les dérives possibles. Il ne fait aucun doute que ce conflit va nous précipiter un peu plus vite vers la décadence que nous vivons déjà.(4)

Les forces israéliennes ont abattu leurs propres civils, selon un survivant du kibboutz

Un scoop passé à la trappe parce qu’il nous renseigne sur la nature de Tsahal, l’armée la «plus morale du monde». On connaît «l’affection» qu’elle a pour les Palestiniens, on ne savait pas que cette affection englobe certaines fois ses propres soldats en leur tirant dessus sciemment ! : «On sait que la réalité tragique de Palestiniens tués par milliers ne choque pas les défenseurs d’Israël en Occident qui ne s’intéressent qu’aux victimes israéliennes dont on s’aperçoit avec le temps que ces victimes israéliennes ont été tuées par l’armée israélienne. Ainsi, Yasmin Porat, une survivante de l’effusion de sang au kibboutz Beeri, près de la frontière avec Ghaza, affirme que de nombreux civils israéliens ont été tués par les forces israéliennes. Yasmin Porat a déclaré à la radio israélienne que les forces de sécurité israéliennes ont «sans aucun doute» tué un grand nombre de leurs propres civils après l’assaut du Hamas le 7 octobre. Des civils israéliens ont été «sans aucun doute» tués par leurs propres forces de sécurité. «Dans l’interview complète, Porat déclare que les combattants palestiniens — qui, selon elle, l’ont traitée ‘’humainement’’, ainsi que les autres civils israéliens – avaient l’intention de ‘’nous kidnapper à Ghaza’’. ‘’Pas pour nous assassiner. Ils ne nous ont pas maltraités. Ils nous ont traités avec beaucoup d’humanité’’, ‘’Je veux dire par là qu’ils nous gardent.’’ ‘’Ils nous donnent à boire ici et là. Quand ils voient que nous sommes nerveux, ils nous calment.’’ ‘’Ils ont été très humains envers nous’’, a déclaré Porat dans son interview à la Douzième chaîne. Elle se souvient qu’’’un combattant palestinien qui parlait hébreu m’a dit : ‘Regarde-moi bien, nous n’allons pas te tuer. Nous voulons vous emmener à Ghaza. Nous n’allons pas vous tuer. Alors sois calme, tu ne vas pas mourir.’ C’est ce qu’il m’a dit, avec ces mots. J’étais calme parce que je savais que rien ne m’arriverait’’, a-t-elle ajouté. Dans l’interview accordée à la Douzième chaîne, Porat explique que même si les combattants palestiniens avaient tous des armes chargées, elle ne les a jamais vus tirer sur des captifs ni les menacer avec leurs armes. En plus de fournir de l’eau potable aux captifs, elle a déclaré que les combattants les laissaient sortir sur la pelouse parce qu’il faisait chaud, d’autant plus que l’électricité était coupée.»(5)
«Un combattant que Porat a décrit comme un commandant d’une trentaine d’années a demandé à parler à la police et a été mis en compagnie d’un officier israélien parlant arabe. Après leur brève conversation, la quarantaine de combattants palestiniens et leur douzaine de prisonniers israéliens attendaient l’arrivée de l’armée. Les forces israéliennes ont annoncé leur arrivée par une pluie de coups de feu, prenant par surprise les combattants et leurs captifs israéliens.
«Nous étions dehors et tout à coup, une volée de balles de l’unité israélienne Yamam a été tirée sur nous. Nous avons tous commencé à courir pour nous mettre à l’abri, a déclaré Porat à la Douzième chaîne. Je suis en colère contre l’État, je suis en colère contre l’armée», a déclaré Porat à Maariv. «Pendant 10 heures, le kibboutz a été abandonné.»(5)
«Saleh al-Arouri, un haut commandant militaire du Hamas, a directement répondu aux affirmations d’Israël selon lesquelles ses combattants auraient délibérément tué autant de civils que possible. Al-Arouri a également évoqué la possibilité qu’Israël ait utilisé la directive dite Hannibal — un protocole qui permet aux forces israéliennes d’utiliser une force écrasante pour tuer l’un de leurs propres soldats capturés plutôt que de permettre qu’il soit fait prisonnier captif pouvant être utilisé dans des négociations d’échange de prisonniers.»(5)

Que s’est-il réellement passé le 7 octobre ?

Ce que les médias mainstream nous cachent : «Il apparaît aujourd’hui que près de la moitié des Israéliens tués étaient des combattants, que les forces israéliennes étaient responsables de la mort de certains de leurs propres civils et que Tel-Aviv a diffusé de fausses informations sur les atrocités commises par le Hamas pour justifier son attaque aérienne dévastatrice contre les civils palestiniens à Ghaza. Aujourd’hui, les statistiques détaillées sur les victimes publiées par le quotidien israélien Haaretz brossent un tableau tout à fait différent. À la date du 23 octobre, le journal a publié des informations sur 683 Israéliens tués au cours de l’offensive menée par le Hamas parmi elles, 331 victimes – soit 48,4% – ont été confirmées comme étant des soldats et des officiers de police, dont de nombreuses femmes. Jusqu’à présent, aucun décès d’enfant de moins de trois ans n’a été enregistré, ce qui remet en question la thèse israélienne selon laquelle les bébés auraient été pris pour cibles par les résistants palestiniens.»(6)(7)
Un article de Haaretz en hébreu publié le 20 octobre, qui n’apparaît en anglais que dans un article incontournable de Mondoweiss, dépeint une histoire très différente de ce qui s’est passé à Be’eri ce jour-là. Un habitant du kibboutz qui s’était absenté de son domicile révèle de nouveaux détails stupéfiants. «Sa voix tremble lorsqu’il évoque sa compagne, qui était alors assiégée dans son abri. Selon lui, ce n’est que dans la nuit de lundi à mardi (9 octobre) et après que les commandants sur le terrain ont pris des décisions difficiles – y compris le bombardement des maisons avec tous leurs occupants à l’intérieur afin d’éliminer les terroristes et les otages – que Tsahal a achevé la prise de contrôle du kibboutz. Le prix à payer a été terrible : au moins 112 personnes de Be’eri ont été tuées. Ce récit semble indiquer que la décision d’attaquer le kibboutz et tous ceux qui s’y trouvent a été prise comme un calcul militaire clair», ajoute Mondoweiss. Les rapports indiquent que le haut commandement militaire a donné l’ordre d’attaquer des maisons et d’autres zones à l’intérieur d’Israël, même au prix de nombreuses vies israéliennes.(8)
«Qu’Israël tue ou non intentionnellement ses citoyens captifs à Ghaza, il s’est montré étrangement allergique à leur libération immédiate. Le 22 octobre, après avoir refusé l’offre du Hamas de libérer 50 otages en échange de carburant, Israël a rejeté l’offre du Hamas de libérer Yocheved Lifshitz, une militante israélienne pour la paix âgée de 85 ans, et son amie Nurit Cooper, âgée de 79 ans. Lorsque Israël a accepté leur libération, une vidéo a montré Yocheved Lifshitz serrant la main d’un militant du Hamas et lui entonnant ‘‘Shalom’’ alors qu’il l’escortait hors de Ghaza.
Lors d’une conférence de presse, elle a raconté le traitement humain que lui ont réservé ses ravisseurs. Le spectacle de la libération de Lifshitz a été traité comme un désastre de propagande par les doreurs d’images du gouvernement israélien, l’armée israélienne n’a pas été moins mécontente de sa soudaine liberté.»(8)

Israël est pris en flagrant délit de mensonge encore et encore

Jonathan Cook revient sur la tragédie du bombardment de l’hopital de Ghaza : «La désinformation, écrit-il, sur l’explosion de l’hôpital al-Ahli al-Arab à Ghaza a fonctionné comme prévu, détournant l’attention des victimes et allégeant la pression pesant sur Israël pour qu’il mette fin au carnage. Israël a vigoureusement soulevé la poussière pour dissimuler sa responsabilité dans l’attaque de l’hôpital baptiste al-Ahli al-Arab dans la ville de Ghaza. Selon l’ONU, en moins de deux semaines, un quart des maisons de Ghaza ont été réduites à l’état de ruines et 600 000 Palestiniens se retrouvent sans abri. Israël a déclaré qu’une roquette palestinienne était défectueuse et était tombée sur l’hôpital. Le nombre de victimes à lui seul prouve qu’il devait s’agir d’un missile israélien.»(9)
L’auteur nous invite à nous souvenir de toutes les forfaitures d’Israël : «La liste de ces tromperies et désinformation ne cesse de s’allonger. Cherchez les noms de Mohammed al-Durrah, Rachel Corrie, James Miller, Tom Hurndall, Iain Hook. Israël a dissimulé tous ces meurtres très médiatisés perpétrés par ses soldats. Se battre pour qu’Israël rende des comptes pour avoir tué des centaines de personnes à l’hôpital al-Ahli al-Arab a un prix : cela détourne l’attention du fait qu’Israël mène activement une opération à Ghaza et commet un génocide contre le peuple palestinien qui s’y trouve.»(9)

Où est la conscience du monde ?
Où sont les Arabes ?

Le président Erdoğan dans un accès de lucidité n’épargnant pas les Occidentaux qu’il a désignés comme les «complices» d’Israël déclare : «Ce qui se passe à Ghaza n’est pas de l’autodéfense, mais un massacre», a accusé le président turc qui a lancé : «Israël, nous vous déclarons devant le monde entier criminel de guerre.» Néanmoins, le principal coupable à ses yeux reste l’Occident sans lequel Israël, qui est un simple «pion», «ne peut pas faire un pas» et, s’il le fait, «ne tiendra pas trois jours».(10)
L’Occident n’arrête pas de marteler que nous sommes en présence d’une guerre de religion, traduit enfin par le Premier ministre israélien qui joue la carte du bien et du mal déjà utilisée par Bush pour démolir l’Irak et pendre son Président : «Dans un discours prononcé mercredi 24 octobre, le Premier ministre israélien a donné un cachet religieux à la guerre. «Ensemble nous nous battrons, ensemble nous vaincrons, nous réaliserons la prophétie d’Isaïe», dans une allocution à la rhétorique fortement belliqueuse. L’ «axe du mal», représenté par l’Iran, le Hezbollah et le Hamas. Pour le Premier ministre israélien, la guerre en cours est celle de la «lumière» qui finira par triompher des «ténèbres».(11)
Au-delà du fait religieux, les Arabes n’ont pas été à la hauteur et toutes leurs visibilités notamment sonnantes et trébuchantes ne sont qu’un rideau de fumée qui cache l’impuissance à dire le droit simplement, tétanisés qu’ils sont à ne pas «compromettre leur avenir» et ayant toujours deux fers au feu. Face aux bruits assourdissants des bombes et des cris des Palestiniens, la voix de l’Arabie saoudite n’est pas aussi forte pour être entendue. C’est le cas des Emirats arabes unis qui plastronnent tant qu’ils pensaient qu’ils étaient du bon côté. leurs dollars ne suffisent pas à masquer leur insignifiance. Il en est aussi de l’Arabie saoudite qui pensait signer le deal du siècle et qui s’appelle les Accords d’Abraham. Les combattants palestiniens ont brouillé les cartes et peut-être pour un certain temps.
Où sont les belles promesses des Arabes qui avaient un poids il y a une éternité, du temps de Fayçal, Boumediene ?… En clair, leurs richesses ne sont pas un signe de puissance car ils sont installés dans les temps morts dépendants de l’Occident par la science et sa technologie. Imaginons un sursaut de dignité des Arabes. Ils décident, comme en 1973, d’un embargo du pétrole ou simplement menacent les pays occidentaux de cela ou, encore mieux, bloquent le détroit d’Ormuz. Je suis sûr que s’ils assumaient jusqu’au bout, l’Occident redeviendrait raisonnable et dirait le droit, à savoir arrêter la violence des massacres de masse des Palestiniens.

La nécessaire et salutaire déconstruction de la doxa occidentale

Une insulte à la raison, les relais sionistes diabolisent des scènes banales. On présente les Juifs comme des victimes des soutiens de la cause palestinienne faisant croire que les Juifs vivent des nuits de cristal du IIIe Reich. Les nuits de cristal, ce sont les Palestiniens qui les vivent. Ils listent des actes contre la politique d’Israël qu’ils qualifient d’antisémitisme. Les médias occidentaux, tétanisés par le sionisme dans ces pays européens, américains, martèlent en boucle et saturent la conscience des citoyens en Occident pour faire diversion. L’article Libération est un modèle de tout ce que la morale réprouve : «(.. ) Le conflit au Proche-Orient attise l’antisémitisme, une vague antisémite déjà observée : Jet de cocktails molotov contre une synagogue de Berlin, étoiles de David taguées en Espagne, les autorités signalent une nette augmentation des incidents visant la communauté juive, qui réclame davantage de protection.
La France connaît depuis près de trois semaines un véritable déferlement antisémite. Depuis le 7 octobre, 719 faits antisémites ont été signalés.» La déconstruction deviendra salutaire, il sera de plus en plus nécessaire d’expliquer que les citoyens du monde font la nette distinction entre le peuple sémite auquel appartiennent les Juifs mais aussi les musulmans et une idéologie suprématiste sioniste représentée par l’Etat d’Israël actuel.
Dans le même ordre, il faut enlever à l’Occident le monopole qui consiste à dicter la norme du bien et du mal. De ce fait, être contre le sionisme ne doit pas être amalgamé avec l’antisémitisme, fonds de commerce de l’Occident depuis 2000 ans. De plus, c’est un fait que des massacres de masse eurent lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils donnèrent lieu à un vocabulaire gravé dans le marbre : la Shoah et la nécessité pour l’Occident d’expier ad vitam aeternam une faute commise par l’un des leurs en la faisant payer à un peuple sans défense, en lui prenant sa terre et en voulant l’éliminer physiquement. Ce qui se passe à Ghaza dépasse l’entendement et est de loin plus tragique que ces définitions des Nations unies inspirées par Raphaël Lemkin, un survivant de la Shoah.

Conclusion

On se prend à rêver que la Cour pénale internationale fasse sienne cette cause et dicte le droit en appelant à un Tribunal pénal international sur le modèle de celui de Nuremberg. Si cela devait avoir lieu, ce tribunal rendrait justice aux Palestiniens comme il a rendu justice aux Juifs, en sanctionnant le gouvernement sioniste d’Israël. Souvenons-nous que la Shaoh a tellement était présente dans toutes les décisions occidentales qu’Israël s’est permis de bafouer toutes les résolutions des Nations unies. Mieux encore, la pompe à finance de la Shoah dénoncée par Norman Finkelstein, dont les parents sont morts à Auschwitz, dans son ouvrage L’industrie de l’Holocauste, est toujours en activité.
L’Occident n’arrête pas de rendre gorge même pour des faits imaginaires imposés pour faire plier l’Occident. Il en est de même de l’interdiction faite à tout le monde de revenir sur un dogme, la Shoah, au point que même l’abbé Pierre a dû mettre un genou à terre pour avoir affirmé que, dans le récit de Josué, l´extermination est toujours dans les têtes deux mille ans après.
Le moment est venu de réévaluer la pertinence de cette doxa car plus rien ne sera comme avant. Les Palestiniens paient de leur vie leur attachement à leur terre. Lors des bombardements de fer, de feu et de bruits d’enfer quand on voit souffrir des bébés des enfants qui ne comprennent pas ce qui leur arrive et quand on voit d’autres mourir enveloppés par centaines comme des petits colis avec des allers sans retour, c’est toute la peine du monde que l’on ressent et on se prend à se révolter contre cet état de fait du fait de notre impuissance. Un cri de vengeance sort du plus profond de nous- mêmes ! Plus jamais ça et faire en sorte que les assassins d’anges soient damnés jusqu’à la fin des temps.
«Aujourd’hui, écrit l’historien Marc Ferro, devant les famines qui menacent, les grandes puissances jouent les Ponce Pilate comme si ce n’était pas elles qui, sur les populations les plus faibles, resserrent les rets de la mondialisation. Un autre génocide, d’une certaine façon ?» On peut y ajouter la complicité militante de cet Occident sur le déclin qui perd ses derniers principes moraux. Seul le président Lulla a eu le courage de nommer ce qui se passe à Ghaza en parlant de génocide. Il est clair que la citation de Saint Augustin n’a plus cours dans ce concentré d’horreur qu’il serait immoral d’oublier. Cela ne suffit pas ! Il faut que la conscience mondiale se rebelle et dise non ! Il faut plus que jamais déconstruire ce monde de la force de l’injustice si on veut garder quelque humanité…

Par le Professeur Chems Eddine Chitour
école polytechnique, Alger

1.LalibiBrahimhttps://mail.google.com/mail/u/0/?tab= rm&ogbl#inbox/FMfcgzGwHVJhrvNnZnHVvFRstBVgGrQb
2.https://www.tsa-algerie.dz/guerre-contre-gazades-enfants-palestiniens-amputes-sans-anesthesie
3.Sonia Lyes https://www.tsa-algerie.dz/guerre-en-palestine-les-3-pieges-tendus-par-le-hamas-a-loccident-selon-de-villepin 28 Oct. 2023
4.Indrajit Samarajiva https://reseauinternational.net/lautorite-morale-occidentale-est-morte-et-enterree-en-palestine/ 27 octobre 2023
5.Ali Abunimah et David Sheen L’Intifada électronique 16 octobre 2023 https://electronicintifada.net/content/israeli-forces-shot-their-own-civilians-kibbutz-survivor-says/38861?
6.Robert Inlakesh https://reseauinternational.net/massacres-du-hamas-que-sest-il-reellement-passe-le-7-octobre/ 27 octobre 2023
7.https://www.haaretz.com/israel-news/2023-10-19/ty-article-magazine/israels-dead-the-names-of-those-killed-in-hamas-massacres-and-the-israel-hamas-war/0000018b-325c-d450-a3af-7b5cf0210000
8.https://www.haaretz.co.il/news/politics/2023-10-20/ty-articl
9. Jonathan Cook https://arretsurinfo.ch/israel-est-pris-en-flagrant-delit-de-mensonge-encore-et-encore-mais-nous-napprenons-jamais/ 28 octobre 2023
10.https://www.tsa-algerie.dz/guerre-israel-palestine-le-reveil-brutal-du-president-erdogan/
11.RyadHamadihttps://www.tsa-algerie.dz/guerre-sainte-netanyahou-prend-a-contre-pied-ses-propres-soutiens-en-occident#google_vignette 26 Oct. 2023

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur

Source : Le Soir d’Algérie
https://www.lesoirdalgerie.com/contribution/…l