Juge et partie…la médiation de Kushner, un simulacre bien connu par le Hamas

Rapport du CPI

Alors que les voix arabes et islamiques s’élèvent pour condamner le rejet par l’entité génocidaire de la feuille de route visant à achever la mise en œuvre du plan de Trump dans la bande de Gaza, après l’accord du Hamas et des factions palestiniennes, la démarche de l’envoyé américain Jared Kushner semblait être une tentative de sauver le processus de l’enlisement.

La délégation du Hamas s’est présentée à sa rencontre avec Kushner avec un message clair : le mouvement avait accepté les conditions qui lui avaient été imposées, et la balle était désormais dans le camp sioniste et américain. Parallèlement, le Premier ministre sioniste Netanyahu semble reconsidérer des accords qu’il avait précédemment conclus, mettant ainsi l’administration américaine à l’épreuve quant à sa capacité à garantir la mise en œuvre des engagements pris.

Nous étions d’accord… maintenant c’est à votre tour avec Netanyahu.

L’écrivain et analyste politique Wissam Afifa estime que l’essence de la rencontre entre la délégation du Hamas et Kushner peut se résumer en un message : « Nous étions d’accord… maintenant, c’est à votre tour avec Netanyahu. »

Il souligne que la délégation du mouvement ne s’est pas rendue à la réunion dans le but d’ouvrir de nouvelles négociations sur le document en 15 points de Mladenov, après que celui-ci ait été longuement discuté et approuvé par le Hamas. Par conséquent, selon ce point de vue, la phase actuelle ne consiste pas à négocier le contenu du document, mais plutôt à tester l’engagement de l’entité occupante à le mettre en œuvre.

Afifa ajoute dans un commentaire sur sa page Facebook que la délégation palestinienne a insisté auprès de Kushner sur le principe de « réciprocité », ce qui signifie que les mesures doivent être simultanées et réciproques entre les deux parties, afin qu’aucune concession ou mesure palestinienne ne soit requise sans un équivalent clair de l’entité sioniste, ce qui remet la responsabilité sur Washington, qui avait précédemment assuré que l’approbation du Hamas serait suivie de l’approbation sioniste pour la mise en œuvre des engagements.


Afifa perçoit l’importance de cette rencontre non seulement comme un canal de communication entre le Hamas et l’administration américaine, mais aussi parce qu’elle place Washington face à une question plus difficile : usera-t-elle de son influence pour contraindre Netanyahu à respecter les accords conclus, ou considérera-t-elle cette tribune comme un nouvel espace de procrastination et de gain de temps ?

Netanyahu et les élections : des calculs qui dépassent le cadre de l’accord

Pour sa part, Firas Yaghi, expert en affaires de l’entité sioniste, interprète la démarche de Kushner sous un angle différent, considérant que l’objectif principal de la visite pourrait être d’éviter une explosion politique ou sécuritaire avant les élections au sein de l’entité, notamment compte tenu des désaccords croissants entre Netanyahu et l’administration américaine.

Yaghi estime que les élections pourraient paralyser le plan de Trump pendant plusieurs mois, tandis que Netanyahu pourrait exploiter politiquement son différend avec Washington auprès de l’opinion publique de droite, en se présentant comme le Premier ministre qui rejette les pressions américaines et adhère à la position sioniste.

Yaghi attribue ce désaccord aux dispositions mêmes du plan, notamment celles relatives au processus politique futur. Selon son interprétation, l’article 19 ouvre la voie à la création d’un État palestinien après la reconstruction et la réforme de l’Autorité palestinienne, tandis que l’article 20 évoque un dialogue politique trilatéral. Par ailleurs, l’article 8 de la Feuille de route annoncée le 31 juillet 2026 lie la création d’un État palestinien aux questions de désarmement et de retrait sioniste.

C’est là que réside le dilemme fondamental : la formule à laquelle adhère le Hamas repose sur des mesures simultanées et réciproques, tandis que Yaghi estime que Netanyahu rejette spécifiquement ce type d’engagement, car il pourrait placer l’entité génocidaire devant des obligations politiques et sécuritaires auxquelles il ne souhaite pas adhérer.

Un pari sioniste a échoué

Yaghi explique que l’approbation antérieure du plan par l’entité reposait sur deux paris : le premier étant que le Hamas le rejetterait et porterait donc la responsabilité de perturber le processus politique, et le second étant qu’une guerre contre l’Iran modifierait les équations régionales de telle sorte que le plan américain deviendrait inapplicable et remettrait d’autres options sur le devant de la scène, y compris les déplacements de population.

Toutefois, selon cette interprétation, aucun des deux paris ne s’est réalisé comme l’entité l’espérait, ce qui a ramené Netanyahu face au défi le plus difficile : comment gérer un plan que le Hamas affirme avoir approuvé, alors que le gouvernement sioniste refuse de le mettre en œuvre en vertu du principe de réciprocité.

Washington est confronté à un test

Yaghi prévient que la prochaine phase pourrait être marquée par des tentatives de modification de la situation avant les élections, que ce soit par une escalade au Liban ou par une frappe unilatérale contre l’Iran, ce qui pourrait permettre de reporter le processus électoral sous prétexte d’urgence sécuritaire.

D’un autre côté, il estime qu’une confrontation directe avec Washington serait une erreur stratégique pour Netanyahu, mais il ne s’attend pas non plus à ce que la visite américaine se traduise par une réelle pression sur l’entité, considérant que l’expérience passée montre que Washington exerce souvent plus de pression sur les Palestiniens que sur le gouvernement génocidaire.

Entre le message du Hamas selon lequel « la balle est maintenant dans le camp d’Israël » et les calculs électoraux et politiques de Netanyahu, l’administration américaine se trouve confrontée à un véritable test : soit transformer les accords en engagements exécutoires, soit laisser l’accord rester bloqué dans la zone grise entre promesses et reports.

La rencontre avec Kushner n’est plus une simple réunion diplomatique de plus, mais est devenue un test de la capacité de Washington à passer de la gestion de la crise à l’imposition d’une ligne claire à ses parties, avant que les élections au sein de l’entité n’imposent de nouvelles réalités qui rendent difficile la reprise du plan à partir du même point.

Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…

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