À Gaza, les agriculteurs tentent de relancer leurs cultures

ONU Info À Gaza, des agriculteurs préparent le sol dans une serre en vue des semis.

Par ONU Info

Source : ONU Info

Entre des terres dévastées par la guerre et un accès toujours limité aux ressources essentielles, les agriculteurs de Gaza tentent de relancer leur production avec le soutien des Nations Unies.

À Zeitoun, à l’est de Gaza-ville, Taysir Dahdouh s’efforce de redonner vie à sa petite exploitation agricole, à peine plus grande qu’un terrain de football. Avant le conflit déclenché par l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, ses terres étaient couvertes de serres. Elles ont depuis été détruites, le privant de son principal moyen de subsistance.

Aujourd’hui, il tente de reprendre la culture de concombres et de tomates, mais manque de tout : semences, engrais, matériel agricole et eau.

Pour accompagner ce redémarrage, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) soutient les familles revenues dans les zones agricoles.

« Nous avons fourni 200 logements d’urgence pour abriter les familles qui sont revenues et ont repris des activités agricoles. Elles ont commencé à produire des aubergines, des tomates et de la corète potagère (molokhia), entre autres », a expliqué Alessandro Mrakic, chef du bureau du PNUD à Gaza, au correspondant d’ONU Info dans l’enclave.

De son côté, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé jeudi le renforcement de son programme d’aide en espèces destiné à environ 1.500 agriculteurs palestiniens. L’objectif est de leur permettre de cultiver leurs terres durant la saison de plantation 2026 et de produire suffisamment de légumes frais pour nourrir plus de 100.000 personnes.

Malgré ces efforts, les perspectives restent extrêmement fragiles.

La FAO avertit que les agriculteurs sont désormais « confinés dans un espace qui se réduit rapidement » en raison de la poursuite des opérations militaires israéliennes. L’agence appelle à garantir un accès sûr aux terres agricoles et aux zones de pêche, ainsi qu’aux intrants indispensables, notamment les semences, les engrais, les systèmes d’irrigation et le matériel de pêche.

Parallèlement, le Coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a salué les nouveaux engagements financiers de près de 58 millions de dollars annoncés par huit États membres en faveur du Fonds « Horizon » des Nations Unies, tout en invitant d’autres partenaires à rejoindre cette initiative.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a, pour sa part, averti que les personnes déplacées à l’intérieur de Gaza risquent de perdre l’accès aux services essentiels. L’agence a appelé à un accès humanitaire sûr et sans entrave afin de pouvoir atteindre les populations les plus vulnérables. Malgré les difficultés, le PAM et ses partenaires sont parvenus à distribuer une aide alimentaire à plus d’un quart de million de personnes sur 36 sites au cours des douze premiers jours du mois.

En parallèle, les partenaires humanitaires ont distribué plus de 5.440 kits éducatifs afin de permettre à près de 217.600 enfants de participer aux activités d’apprentissage organisées durant la pause estivale.

ONU Info Des enfants jouent et nagent sur la plage de Gaza pour échapper à la chaleur intense de l’été.

En Cisjordanie occupée, les Nations Unies s’inquiètent également de la détérioration de la situation.

Une délégation de haut niveau dirigée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) s’est rendue mercredi dans le village de Deir Nidham, dans le gouvernorat de Ramallah, où elle a rencontré des familles palestiniennes affectées par les violences de colons et l’expansion des avant-postes de colonisation.

Selon les Nations Unies, les attaques de colons sont responsables d’environ 55 % des blessures infligées à des Palestiniens en Cisjordanie depuis le début de l’année 2026.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a par ailleurs indiqué que le Secrétaire général, António Guterres, était « profondément préoccupé » par la décision des autorités israéliennes d’accorder le statut de ville à Givat Ze’ev, une colonie située au nord-ouest de Jérusalem.

M. Dujarric a rappelé que cette décision « ne modifie pas le statut juridique de la ville au regard du droit international, en tant que partie du Territoire palestinien occupé ». Il a réaffirmé que toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, sont illégales au regard du droit international, conformément notamment à l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice en juillet 2024.

Le porte-parole a souligné que la poursuite de la colonisation demeure un obstacle majeur à la solution à deux États et a réitéré l’appel du Secrétaire général demandant à Israël de mettre fin à toute expansion des colonies.

Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…

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