Un million de personnes piégées dans la chaleur à Gaza : « ce n’est pas une catastrophe naturelle »

Par l’Agence Média Palestine

Alors que la canicule fait les gros titres des médias européens, les centaines de milliers de Palestiniens et Palestiniennes vivant dans des tentes à Gaza sont confronté·es à des températures similaires, aggravant encore une situation catastrophique.

Le Service météorologique palestinien (PMD), annonce un temps très chaud aujourd’hui, lundi 13 juillet 2026, avec des températures qui monteront encore demain pour atteindre 2 à 4 degrés au-dessus de la moyenne saisonnière. 

Or l’été à Gaza est plus une simple saison : il révèle l’ampleur de la crise à laquelle sont confrontés ses habitante·s, et nous rappelle que les besoins fondamentaux, qui peuvent sembler aller de soi ailleurs, sont pour les Palestinien·nes de Gaza un défi à relever chaque jour.

« Pas une catastrophe naturelle »

Dans les camps surpeuplés de la bande de Gaza, la canicule prend des proportions effarantes : lorsque le thermomètre grimpe à des 35°C au cours de la journée, la chaleur enregistrée à l’intérieur des tentes dépasse les 50°C. Sans isolation ni possibilité de ventilation, les familles se retrouvent contraintes de passer leurs journées hors de leurs abris, sans possibilité de se protéger du soleil.

170 000 foyers sont confrontés à cette situation, contraints de vivre dans ces tentes de fortunes après la destruction par Israël de plus de 90% de l’enclave au cours des trois années écoulées de guerre génocidaire. La conservation des aliments et la nécessité de trouver de l’eau potable devient un enjeu crucial et un défi quotidien.

Cette situation « n’est pas une catastrophe naturelle mais bien le résultat de décisions délibérées d’Israël », souligne l’Observatoire des camps de réfugiés (OCR) dans un communiqué. « Les solutions sont connues, les moyens d’intervention existent. Les familles déplacées ne peuvent attendre. Israël doit autoriser l’acheminement de fournitures à Gaza. »

En effet, le blocus illégal imposé par Israël aux Palestinien·nes de Gaza continue, malgré l’accord de paix officiellement en vigueur, d’empêcher l’entrée de matériaux essentiels à la construction d’abris décents, ne serait-ce que temporaires : contreplaqué, bâches, cordes sont complètement indisponibles dans l’enclave.

« Les enfants vont mourir de soif »

Ces restrictions empêchent la mise en place de mesures simples pour protéger les Gazaoui·es de la fournaise qui s’installe avec l’été : la construction de zones d’ombrage, de systèmes de ventilation, ou encore l’amélioration des abris.

Mais les souffrances de l’été ne se limitent pas aux températures élevées. Se procurer suffisamment d’eau potable pour se désaltérer, mais aussi d’eau pour l’usage quotidien, la cuisine et l’hygiène, représente un défi de taille qui est également aggravé par le siège israélien. 

« Dans une guerre déjà marquée par sa brutalité, Gaza est désormais au bord du gouffre », alertait l’UNICEF le mois dernier déjà.« Seuls 40 % des installations d’approvisionnement en eau potable sont encore opérationnelles à Gaza (87 sur 217). Sans carburant, toutes ces installations cesseront de fonctionner d’ici quelques semaines. »

Au printemps dernier, MSF dénonçait la privation systématique et délibérée d’eau qu’Israël continue d’infliger aux Palestinien·nes et appelait les autorités israéliennes à rétablir immédiatement un accès à l’eau suffisant pour les Palestiniens de Gaza. Ces privations pourraient avoir des conséquences meurtrières cet été, alerte l’UNICEF, qui s’inquiète que « si le blocus sur l’approvisionnement en carburant de Gaza, qui dure depuis plus de 100 jours, ne prend pas fin, les enfants commenceront à mourir de soif. Les maladies progressent déjà et le chaos se généralise ».

« Notre vie n’est qu’une mort qui se répète jour après jour »

Outre la soif, les pénuries d’eau menacent une situation sanitaire déjà catastrophique, rendant encore plus difficile de maintenir une hygiène personnelle et de préserver la propreté de l’environnement, ce qui accroît les craintes d’une propagation des maladies.

Les Nations unies ont alerté la semaine passée d’une flambée de varicelle qui s’aggrave rapidement, avec près de 9 300 cas relevés dans les sites d’accueil et les refuges en l’espace de deux semaines seulement. Les organisations humanitaires considèrent que cette flambée reflète l’effondrement catastrophique des conditions de santé publique après près de deux ans de guerre, des déplacements répétés et la destruction quasi totale du système de santé de Gaza.

Selon les évaluations de l’ONU, environ 83 % des sites d’accueil sont infestés de rongeurs, d’insectes ou de parasites, ce qui accroît encore le risque d’épidémies au sein de communautés déjà vulnérables.

« Notre vie n’est qu’une mort qui se répète jour après jour », témoigne Hajja Um Jamal dans un article du centre d’information palestinien (PIC). « Les mouches nous tourmentent pendant la journée, tandis que les moustiques et autres insectes nous importunent la nuit », ajoute-t-elle, avant de qualifier d’inhumaine cette vie dans les camps.

Avec la destruction des systèmes d’évacuation et de traitement des eaux usées, ces dernières font proliférer les nuisibles et les maladies au cœur des camps surpeuplés. 

Source : Agence Média Palestine
https://agencemediapalestine.fr/…

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