© Medair/Abdul Dennaoui.
Une femme déplacée et son fils ont trouvé refuge dans une école du district du Chouf, au Liban.
Par ONU Info
Source : ONU Info
La rapidité et l’ampleur des déplacements de population au Liban dus au conflit entre le Hezbollah pro-iranien et Israël sont « stupéfiantes », ont alerté vendredi des agences des Nations Unies, relevant qu’en moyenne, 19.000 enfants sont déplacés chaque jour.
Dans tout le pays, plus d’un million de personnes sont désormais déplacées, soit 20 % de la population, dont beaucoup pour la deuxième, la troisième, voire la quatrième fois.
Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), plus de 370.000 enfants ont été contraints de quitter leur foyer au Liban en seulement trois semaines.
« Pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène, cela équivaut à des centaines de bus scolaires remplis d’enfants fuyant pour sauver leur vie toutes les 24 heures », a déclaré depuis Beyrouth, Marcoluigi Corsi, Représentant de l’UNICEF au Liban.
Les déplacements s’étendent désormais du sud et de la Bekaa jusqu’à Beyrouth et au nord, et les chiffres continuent d’augmenter.
Selon l’UNICEF, il s’agit « d’un déplacement massif, soudain et chaotique », avec des conséquences qui se feront sentir longtemps après que la violence se sera apaisée.
Au moins 121 enfants tués au Liban
Les conditions de vie sont de plus en plus difficiles. De nombreux ménages déplacés trouvent refuge dans des lieux informels, surpeuplés et dangereux, notamment des bâtiments inachevés, des espaces publics et des véhicules.
Les enfants sont confrontés à un « cycle incessant de bombardements et de déplacements » qui « aggrave considérablement leurs traumatismes psychologiques, ancrant en eux une peur profonde et menaçant de leur causer des dommages émotionnels profonds et durables », a détaillé l’UNICEF.
Le bilan humain de cette escalade est tout aussi « effroyable ».
À ce jour, au moins 121 enfants ont été tués et 395 blessés. Ceux qui survivent aux bombardements se réveillent face à une réalité humanitaire désastreuse.
« Nous voyons des familles fuir avec pour seuls biens les vêtements qu’elles portent, contraintes de déménager plusieurs fois en l’espace de quelques jours à mesure que de nouveaux ordres d’évacuation sont émis », a ajouté M. Corsi, soulignant que « l’épuisement mental et émotionnel », qui pèse sur les enfants du Liban est « dévastateur ».
Coupures d’eau et d’électricité en Iran
S’agissant de la situation en Iran, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, partenaire de l’ONU, a quant à elle souligné l’impact « qui se détériore rapidement » des frappes dans la capitale, Téhéran, « une ville d’environ neuf millions d’habitants [qui] semble complètement déserte ».
« Alors que Téhéran assure encore certains services de base, certaines villes du sud sont confrontées à des coupures d’eau et d’électricité. Sans parler du fait que nous subissons une coupure d’Internet à l’échelle nationale depuis le 28 février », a déclaré Maria Martinez, chef de la délégation de la FICR en Iran.
Cette responsable humanitaire a raconté comment un secouriste « a découvert les corps de sa propre famille sous les décombres. À Qom, un autre secouriste a retrouvé sa tante et son mari aux côtés d’un jeune enfant. Telle est la réalité à laquelle sont confrontés les travailleurs humanitaires, qui sauvent des vies tout en subissant des pertes personnelles inimaginables. »
Mme Martinez a indiqué que 17 centres du Croissant-Rouge avaient été touchés et près de 100 ambulances endommagées ou détruites. De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que 21 attaques ont été perpétrées contre des professionnels de santé et des établissements médicaux en Iran depuis le début de la guerre.

© WHO. Des fournitures médicales sont expédiées au Liban depuis le centre logistique de l’OMS à Dubaï.
L’OMS reprend ses livraisons humanitaires depuis Dubaï
Par ailleurs, l’agence sanitaire mondiale de l’ONU (OMS) a déclaré que les livraisons d’aide humanitaire reprenaient « leur cours normal » depuis Dubaï, l’une de ses principales plates-formes de distribution, après les perturbations majeures des vols et des autres expéditions causées par les attaques iraniennes dans tout le Golfe.
« Je dirais que les deux premières semaines de la crise nous ont vraiment fait reculer. Mais nous recevons désormais des réservations pour des vols cargo commerciaux réguliers, et nous sommes en mesure de commencer à acheminer des fournitures comme nous le faisions auparavant », a déclaré Robert Blanchard, chef de l’équipe des opérations d’urgence de l’OMS au centre logistique de Dubaï.
Après une « baisse significative » du fret aérien dans toute la région suite au déclenchement de la guerre le 28 février, la plupart des compagnies aériennes du Golfe « ont désormais retrouvé environ 50 à 60 % de leur capacité », a-t-il expliqué, soulignant que davantage de vols charters permettront d’accélérer la livraison des fournitures, en plus d’un convoi à destination de l’Égypte transportant des médicaments vitaux pour Gaza.
Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…
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