Une mise à jour de la situation humanitaire est publiée chaque semaine. Le prochain point sur la situation humanitaire sur la Cisjordanie sera publié le 4 février et la prochaine mise à jour sur la situation humanitaire sur la bande de Gaza sera publiée le 11 février. Nous vous invitons à prendre un moment pour faire part de vos commentaires sur les publications régulières de l’OCHA couvrant la situation humanitaire à Gaza et en Cisjordanie. Vous pouvez accéder à l’enquête à l’adresse https://surveyskobo.unocha.org/single/fdgdeISC. L’enquête est anonyme.

Des enfants palestiniens se rassemblent à Jabaliya pour participer à des activités récréatives et éducatives.
Photo : OCHA

Le Rapport complet en anglais ICI.

Faits marquants

  • Les attaques, les bombardements et les tirs se poursuivent dans Gaza, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes concernant la poursuite de meurtre de civils, selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU.
  • Plus de 100 000 tentes sont entrées à Gaza grâce à la coordination de l’ONU et aux dons bilatéraux depuis octobre, mais les tentes ne sont pas une solution durable : les tempêtes hivernales et les restrictions matérielles ont laissé des centaines de milliers de personnes exposées aux risques liés à l’hiver. Onze enfants seraient morts d’hypothermie.
  • L’aide alimentaire et l’aide en espèces ont touché des centaines de milliers de ménages en janvier, tandis que les marchés fragiles, le faible pouvoir d’achat et la malnutrition prévalente continuent d’entraîner des risques extrêmes pour les enfants.
  • Les services de santé se sont développés avec des antennes sanitaires plus fonctionnelles et de premières opérations à cœur ouvert depuis 2023, mais une poussée de maladies transmissibles dues à l’hiver, aux conditions d’hébergement médiocres et à une eau insalubre continue de mettre à rude épreuve le fragile système de santé de Gaza.
  • Alors que 60% des enfants d’âge scolaire à Gaza restent sans accès à l’apprentissage en présence physique, l’UNICEF et les partenaires de l’éducation ouvrent de nouveaux espaces d’apprentissage temporaires et livrent les premières trousses récréatives et scolaires autorisées à Gaza en plus de deux ans pour soutenir l’apprentissage et le bien-être des enfants.

Aperçu du Contexte

  • Des frappes aériennes, des bombardements et des tirs continuent d’être signalés dans la bande de Gaza, faisant des victimes. L’armée israélienne reste déployée dans plus de 50 % de la bande de Gaza au-delà de la « Ligne jaune » où l’accès aux installations et aux moyens humanitaires, aux infrastructures publiques et aux terres agricoles est soit restreint, soit interdit. L’accès des Palestiniens à la mer reste interdit. Des explosions d’immeubles résidentiels et des opérations au bulldozer continuent d’être signalées, y compris à proximité ou à l’est de la « Ligne jaune ». Selon le dernier rapport de surveillance de la Protection, des gens ont parlé d’incidents récurrents, dont des restrictions de mouvement et des pressions au déplacement, liées à la démarcation peu claire et instable de la «ligne jaune». Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme,  HCDH (UN Human Rights Office, OHCHR), des opérations militaires israéliennes répétées dans des zones à l’ouest de la ligne (jaune) de redéploiement, ont également conduit au déplacement de civils et à la démolition de bâtiments résidentiels.
  • Selon le ministère de la Santé (MoH) de Gaza, entre le 14 et le 28 janvier 2026, 43 Palestiniens ont été tués, 110 ont été blessés et cinq corps ont été récupérés sous les décombres. Cela porte le bilan depuis le 7 octobre 2023, comme le rapporte le MoH, à 71 667 morts et 171 343 blessés palestiniens. Selon le ministère de la Défense, le nombre total comprend 180 décès qui ont été ajoutés rétroactivement entre le 2 et le 23 janvier après que leurs détails d’identification ont été approuvés par un comité ministériel. Le ministère de la Défense a rapporté que depuis le cessez-le-feu, 492 Palestiniens ont été tués, 1.356 blessés et 715 corps récupérés sous les décombres.
  • Le 23 janvier, le HCDH dans le territoire palestinien occupé (TPO) a déclaré qu’il documentait les tendances depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre 2025 ; celles-ci «font état du meurtre continu de civils dans les attaques aériennes israéliennes, les bombardements et les tirs dans les cinq gouvernorats de Gaza, y compris dans des incidents à la fois éloignés et proches de la « ligne jaune ». Entre le 11 octobre 2025 et le 21 janvier 2026, le HCDH a enregistré au moins 216 Palestiniens tués, dont 46 enfants et 28 femmes, dans des attaques israéliennes loin de la  » Ligne jaune « , affectant principalement les abris pour personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) et les bâtiments résidentiels, et au moins 167 Palestiniens auraient été tués dans les environs de la  » Ligne jaune « , dont 26 enfants et 17 femmes. Au cours de la même période, le HCDH a enregistré au moins 80 meurtres de Palestiniens par le Hamas depuis le cessez-le-feu, principalement dans des affrontements avec des familles rivales et dans des exécutions sommaires. Le 21 janvier, selon le HCDH, au moins 11 Palestiniens ont été tués dans une série d’attaques, dont une frappe israélienne sur une voiture près de la zone de Netzarim qui aurait tué trois journalistes. Selon le Syndicat des journalistes palestiniens (Palestinian Journalists Syndicate PJS), cela porte à 258 le nombre total de journalistes tués à Gaza.
  • Selon l’armée israélienne, entre le 14 et le 28 janvier 2026, à midi, un soldat israélien est mort de blessures subies le 19 octobre 2025 dans la bande de Gaza. Le bilan des victimes parmi les soldats israéliens depuis le début de l’opération terrestre israélienne en octobre 2023 s’élève à 471 morts et 2 995 blessés. Selon les forces israéliennes et des sources officielles israéliennes citées dans les médias, plus de 1 671 Israéliens et ressortissants étrangers ont été tués, en majorité le 7 octobre 2023 et dans les jours qui ont immédiatement suivi. Le 26 janvier, des sources officielles israéliennes ont rapporté que le corps du dernier otage israélien à Gaza avait été récupéré et renvoyé en Israël.
  • Avec 81 % des structures de Gaza endommagées au 11 octobre, des centaines de milliers de Palestiniens restent déplacés tandis que les droits au logement, à la terre et à la propriété restent gravement compromis par la perte généralisée de documents et par les barrières juridiques. Selon l’évaluation du Conseil palestinien du logement menée entre mai et juillet 2025, jusqu’à 83 % des femmes et 72 % des hommes à Khan Younis et Rafah ont déclaré avoir perdu des titres de propriété, dont environ 70 % dans la ville de Gaza. Entre 48 et 80 % des femmes dans les gouvernorats sont victimes de discrimination lorsqu’elles revendiquent ou conservent des biens, en raison des lois de succession et des normes sociales, tandis que 57 à 87 % ont signalé des différends non résolus sur les successions. Pour lutter contre l’insécurité d’occupation, prévenir les expulsions et permettre un rétablissement équitable, en particulier pour les ménages dont le chef de famille est une femme et pour les ménages déplacés, le Groupe de travail technique sur le logement, la terre et la propriété (the Housing, Land and Property Technicla Working Group, HLP TWG) continue d’appuyer la recherche de documents, l’aide juridique et les interventions intégrant le genre.
  • Selon le Mécanisme des Nations Unies 2720, entre le 1er et le 26 janvier, environ 37.000 tonnes d’aide humanitaire ont été collectées par l’ONU et ses partenaires aux points de passage de Gaza, contre plus de 62 300 MT d’aide collectées en décembre. La majeure partie de l’aide (75 %) a continué d’être recueillie auprès du point de passage de Kerem Shalom. Les mouvements humanitaires à l’intérieur de Gaza continuent de nécessiter une coordination avec les autorités israéliennes à destination et en provenance des points de passage et à proximité d’autres zones où les forces israéliennes restent déployées. Entre le 13 et le 26 janvier, 95 missions humanitaires ont été coordonnées avec les autorités israéliennes, dont 60 ont été facilitées avec succès, 10 ont été entravées, 13 ont été refusées et 12 ont été annulées par les organisations requérantes pour des raisons opérationnelles, logistiques ou de sécurité.
  • Selon le Groupe Éducation, au 28 janvier, 4 400 kits récréatifs et 240 trousses d’école dans des cartons sont entrés à Gaza pour être utilisés par les partenaires de l’éducation et de la protection de l’enfance, marquant une étape importante dans l’aide aux enfants après plus de deux ans de restrictions à l’entrée de matériel éducatif. Ces trousses, contenant du matériel d’apprentissage et de jeu tel que des crayons, des cahiers d’exercices, des ardoises et des aides pédagogiques, visent à soutenir l’apprentissage et le bien-être des enfants dans un contexte de destruction généralisée de l’infrastructure scolaire et d’accès limité à l’éducation formelle. Soixante pour cent des enfants d’âge scolaire n’ont actuellement pas accès à une forme d’apprentissage en présence physique, et plus de 335 000 enfants de moins de cinq ans sont confrontés à de graves retards de développement alors que les services de petite enfance se sont effondrés. Les partenaires de l’éducation continuent d’augmenter le nombre d’espaces d’apprentissage temporaires pour atteindre plus d’enfants, bien que la demande soit écrasante et que les listes d’attente soient longues.

L’hiver et les déplacements

  • Pour la troisième année consécutive, la population de Gaza fait face à l’hiver dans un contexte de déplacement, de conditions d’hébergement inférieures aux normes et de sites d’hébergement surpeuplés. Selon le MoH de Gaza, au 27 janvier, 11 enfants (sept garçons et quatre filles) sont morts d’hypothermie. Le 22 janvier, la Défense Civile Palestinienne (Palestinian Civil Defence, PCD) a averti que des conditions climatiques dures pouvaient entraîner d’autres effondrements de bâtiments endommagés. 
  • Selon le groupe Gestion des sites (Site Management Cluster, SMC), plus de 100 sites de déplacement ont été ouverts depuis le cessez-le-feu, dont 55 dans le nord de Gaza, pour installer des personnes qui sont retournées dans la zone. Au 26 janvier, environ 1,3 million de personnes vivaient sur 970 sites de déplacement à travers Gaza, dont 598 sites de fortune et 76 centres collectifs, contre 862 sites avant le cessez-le-feu d’octobre. Soixante-douze pour cent (674 sites) se trouvent à Deir al-Balah et Khan Younis et le reste dans le nord de Gaza. Depuis la première tempête hivernale en novembre, des conditions météorologiques difficiles ont endommagé plusieurs sites de déplacement, dont certains ont été détruits et reconstruits par la suite, tandis que d’autres sites ont émergé en réponse aux mouvements de population liés à l’hiver et à l’augmentation des mouvements vers le nord de Gaza.
  • En raison de l’augmentation des besoins et de la capacité limitée, 381 des 970 sites de déplacement de Gaza (40 %) reçoivent un soutien pour la gestion des sites. La gestion du site garantit que les sites sont sûrs, respectent les normes minimales et que les gens ont accès à l’aide. Les sites de déplacement où la gestion de site est active permettent une prestation coordonnée des services, une communication claire avec les personnes déplacées et l’identification systématique des risques liés à la protection, à la santé et à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (water, sanitation and hygiene, WASH). La plupart des sites dont la gestion est active sont à pleine capacité et ne peuvent pas accueillir de familles nouvellement déplacées. Sur le total, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (United Nations Relief and Works Agency for Palestinian Refugees in the Near East, UNRWA) gère 85 sites de déplacement, y compris des écoles et des installations de l’UNRWA converties en hébergement d’urgence, qui accueillent plus de 75.000 personnes et desservent plus d’un million de personnes dans les zones environnantes.
  • Selon le Groupe Hébergement, plus de 100 000 tentes sont entrées à Gaza depuis octobre, émanant de dons bilatéraux, et en coordination de l’ONU, pour plus de 560 000 personnes. Les conditions climatiques hivernales ont cependant accéléré la détérioration des tentes, augmentant les besoins de remplacement et renforçant la dépendance au renouvellement de distributions de tentes. Depuis le début de 2026, du fait de stocks limités de tentes et de bâches, les partenaires de l’hébergement touchent environ 20 000 foyers par semaine, en leur apportant en priorité des biens non alimentaires, c’est-à-dire des vêtements, des ustensiles de cuisine et des matelas. Le Groupe Hébergement (the Shelter Cluster) réitère le besoin urgent d’accélérer la fourniture de solutions durables d’hébergement transitoire limitant la dépendance vis-à-vis de tentes et aidant à faire face aux énormes besoins à Gaza.

Accès au marché, assistance en espèces et nutrition infantile

  • Depuis le cessez-le-feu du 10 octobre 2025, les conditions du marché dans la bande de Gaza ont continué à s’améliorer progressivement, soutenues par une entrée accrue de marchandises et par la reprise de l’activité commerciale. En décembre, les marchés ouverts fonctionnaient dans la plupart des gouvernorats, avec une meilleure disponibilité de produits frais, de produits alimentaires secs et de produits d’hygiène de base, bien que l’accès soit resté inégal, en particulier dans le nord de Gaza et dans le gouvernorat peu peuplé de Rafah. Les prix ont continué à baisser pour un cinquième mois consécutif, de nombreux produits alimentaires et non alimentaires essentiels tombant en dessous des niveaux observés lors du cessez-le-feu de janvier-février 2025 (y compris la plupart des légumes, des articles d’hygiène et des vêtements), et pour certains produits de base, tels que l’huile végétale et la farine, en dessous des niveaux auxquels ils avaient grimpé avant octobre 2023.
  • Entre le 1er et le 25 janvier, les partenaires du secteur de la sécurité alimentaire (Food Security Sector, FSS) ont touché environ 1,2 million de personnes grâce à l’aide alimentaire générale fournie aux foyers à 52 points de distribution dans la bande de Gaza, chaque famille recevant une ration complète composée de farine de blé et de boîtes alimentaires. Selon l’UNICEF, l’accès limité aux marchés a conduit certains ménages à entretenir des jardins à petite échelle près des abris, comme mécanisme compensatoire visant à compléter la consommation alimentaire : culture de légumes tels qu’aubergines, pommes de terre, herbes. L’UNICEF souligne l’importance de sources de nourriture diversifiées et d’une aide alimentaire et nutritionnelle soutenue. Alors que l’activité du marché reprend progressivement, les partenaires de la FSS prévoient d’accroître davantage l’aide en espèces et en bons d’achat pour soutenir les systèmes alimentaires locaux et contribuer à la reprise économique.
  • En dépit de progrès, les structures du marché et le pouvoir d’achat des ménages restent fragiles. Selon le bulletin mensuel de transfert humanitaire d’argent de l’UNICEF à Gaza couvrant le mois de décembre 2025, plus de la moitié des fournisseurs continuent d’opérer à partir de stands informels ou temporaires, et des lacunes en matière d’approvisionnement persistent pour les produits animaux, le carburant, les médicaments de base et les traitements de maladies chroniques. Des disparités géographiques marquées sont évidentes : Deir al Balah a connu un virage significatif vers une infrastructure de vente au détail plus stable, avec 70% des fournisseurs opérant à partir de magasins permanents (contre 54% en novembre), suivis par la ville de Gaza à 55% (contre 44% en novembre). Khan Younis reste dominé par la vente informelle sous des tentes (82%), et le nord de Gaza dépend toujours fortement de modalités temporaires du marché, les vendeurs ambulants représentant 40% de la vente. Au niveau des ménages, l’accès financier reste une contrainte clé ; selon le Programme alimentaire mondial (PAM), après avoir culminé à 11 984 NIS, niveau sans précédent (3 014 €) atteint en juillet, le coût du panier de dépenses minimales (Minimum Expenditure Basket, MEB) s’est stabilisé à 1 989 NIS (522 €) en novembre, mais était toujours supérieur de 16% à la référence de base d’avant octobre 2023 de 1.717 NIS (361 €), reflétant des difficultés d’accessibilité financière face aux besoins fondamentaux.
  • Selon le Groupe de travail sur la trésorerie (Cash Working Group), les partenaires humanitaires ont considérablement augmenté l’aide en espèces polyvalente (multi-purpose cash assistance, MPCA) dans la foulée du cessez-le-feu d’octobre 2025, avec 330 000 paiements MPCA entre le 10 octobre 2025 et le 25 janvier 2026, soit une moyenne de 85 000 paiements par mois, contre 41 900 par mois au cours des neuf premiers mois de 2025. Les versements MPCA sont principalement passés par le numérique, avec une valeur de transfert de 1 250 NIS (328 €) par paiement, soutenant les réponses basées sur le marché à mesure que les transferts numériques sont devenus le mécanisme de livraison prédominant. Toutefois, l’UNICEF signale que seulement 27 % des familles qui reçoivent une aide en espèces citent les revenus liés au travail comme principale source de soutien, soulignant la dépendance continue à l’aide humanitaire et la nécessité d’un apport en espèces prévisible et soutenu, ainsi que des mesures visant à soutenir le relèvement des moyens de subsistance.
  • L’aide en espèces a contribué à améliorer la consommation alimentaire et a permis des gains modestes en diversité alimentaire. Alors que les régimes alimentaires pour enfants restent dominés par les aliments de base tels que le pain, le riz et les pommes de terre, avec une consommation minimale de fruits, de légumes, d’aliments riches en vitamine A et de protéines d’origine animale, l’UNICEF rapporte qu’en décembre 2025, les ménages recevant plusieurs transferts monétaires ont pu diversifier davantage les régimes alimentaires des enfants que ceux qui reçoivent un seul transfert. Pourtant, sur la base de la surveillance post-distribution, ils ont constaté que près de 97% des enfants âgés de 6 à 23 mois restent en dessous du seuil de diversité alimentaire minimale (Minimum Dietary Diversity, MDD), ce qui indique une vulnérabilité persistante aux carences en micronutriments. Selon l’OMS et l’UNICEF, le MDD implique la consommation d’au moins cinq groupes alimentaires sur huit pour les enfants âgés de 6 à 23 mois.
  • Les données de dépistage du Groupe Nutrition pour les trois premiers mois du cessez-le-feu (octobre-décembre 2025) indiquent qu’environ 317 000 enfants ont été dépistés pour malnutrition aiguë, dont près de 22 400 pris en traitement, dans 4 515 cas de malnutrition aiguë sévère. Les admissions montrent une baisse, avec près de 50% de cas en moins en décembre par rapport à septembre juste avant le cessez-le-feu. Aucun décès d’enfant dû à la malnutrition aiguë n’a été signalé depuis début octobre 2025. Dans l’ensemble, en 2025, 94 000 enfants âgés de 6 à 59 mois ont été admis pour le traitement de la malnutrition aiguë, contre moins de 40 000 admissions en 2024.
  • Sur la base d’une projection de plus de 100 000 enfants de moins de cinq ans souffrant possiblement de malnutrition aiguë en 2026 et nécessitant des soins de long terme, l’UNICEF a soutenu l’ouverture de 72 nouveaux services de nutrition, portant le total à 196 dans la bande de Gaza. Pour autant, les réponses nutritionnelles sont confrontées à des risques opérationnels significatifs : 11 partenaires du Groupe Nutrition (Nutrition Cluster) susceptibles d’être radiés ont conduit approximativement 25% des dépistages de la malnutrition en 2025 et ont fourni une grande part des traitements de la malnutrition aiguë, ainsi qu’un soutien à la stabilisation des centres, à l’approvisionnement en couvertures et en lait maternisé. Selon le Groupe Nutrition, toute suspension de leurs opérations pourrait affecter les enfants comptant sur ces services, tandis que les mauvaises conditions de vie et les maladies hivernales augmentent encore les risques de malnutrition et menacent les améliorations récentes.

Accès aux soins de santé

  • La deuxième série d’une campagne de rattrapage systématique de vaccination à Gaza, menée par l’UNICEF, l’UNRWA, l’OMS et la Société du Croissant-Rouge palestinien (Palestine Red Crescent Society, PRCS) et ses partenaires en collaboration avec le Ministère de la défense des droits de l’homme, a été lancée le 18 janvier. Jusqu’au 29 janvier, la campagne vise les enfants de moins de trois ans pour renforcer la protection contre les maladies évitables par la vaccination, après deux années d’hostilités et de perturbations des services de santé. Selon l’OMS et l’UNICEF, les vaccinations sont effectuées par 170 équipes dans 129 établissements de santé, sept équipes mobiles atteignant des zones difficiles d’accès. Au 27 janvier, sur la base des résultats préliminaires, environ 13.000 enfants avaient été vaccinés sur environ 18.000 ciblés. Le premier tour en novembre 2025 a touché plus de 14.000 enfants, et un troisième tour est prévu pour avril 2026 pour compléter le calendrier et toucher un total de 44 000 enfants.
  • Depuis le cessez-le-feu, les partenaires du Groupe Santé soutiennent la mise en place ou le rétablissement de services dans 16 antennes sanitaires, dont 13 se trouvent dans la ville de Gaza, dont l’hôpital Al Rantisi qui était hors service depuis septembre 2025. Médecins Sans Frontières (MSF) a rapporté que, suite à l’évacuation des décombres et à la réhabilitation du service d’urgence d’Al Rantisi, en coordination avec le MoH, l’établissement traite maintenant plus de 300 enfants par jour, tandis qu’un autre nouveau dispensaire soutenu par MSF à Az Zaytoun reçoit près de 300 patients par jour, dont beaucoup nécessitent des soins et un suivi des plaies alors qu’ils sont dans des conditions d’hébergement inconfortables qui augmentent le risque d’infection. Malgré ces efforts, le système de santé reste sévèrement limité, alors que 60 %  des antennes sanitaires ne fonctionnent toujours pas, contre 65% avant le cessez-le-feu d’octobre 2025.
  • Les partenaires humanitaires ont également amélioré le nombre de lits et de services dans les établissements de santé fonctionnels. Le PRCS, avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a amélioré le service d’urgence de l’hôpital Al Amal à Khan Younis, en ajoutant des lits, en augmentant la capacité et en établissant une nouvelle zone de tri. À l’hôpital Al Quds, géré par le PRCS, l’implantation d’un stimulateur cardiaque a repris, à côté des services de cathétérisme cardiaque et périphérique qui ont redémarré fin août 2025. Le 23 janvier, le ministère de la Santé a annoncé trois opérations à cœur ouvert réussies à l’hôpital Al Qods – les premières depuis fin 2023, après leur suspension à Gaza en raison de la destruction d’installations de chirurgie cardiaque dans les hôpitaux d’Al Shifa et d’Europe à Gaza, de dommages subis par l’équipement essentiel d’Al Qods et de pénuries prolongées de médicaments essentiels. Pour une estimation précédente d’environ 45 000 patients souffrant de maladies cardiovasculaires à Gaza, des opérations chirurgicales sont maintenant effectuées quotidiennement. Cependant, une seule salle de chirurgie cardiaque est opérationnelle et les pénuries d’équipement continuent de limiter les procédures avancées, laissant des centaines de patients toujours dans le besoin d’opérations cardiaques, avec des cas priorisés en fonction de l’urgence. Parallèlement, les services d’imagerie médicale spécialisés ont été partiellement restaurés avec la réactivation de l’imagerie couleur au centre de santé Ad Daraj de la ville de Gaza, permettant le diagnostic et le suivi du traitement, bien que des lacunes majeures persistent sans appareils fonctionnels pour les IRM et seulement six scanners disponibles dans toute la bande de Gaza.
  • Au 28 janvier, environ 31 équipes médicales d’urgence (Emergency Medical Teams, EMTs) sont déployées à Gaza, dont 98 membres du personnel international et 270 membres du personnel national, qui procèdent à des consultations médicales et à des opérations chirurgicales d’urgence, ainsi que des soins en traumatologie et maladies non transmissibles. L’OMS coordonne les EMTs depuis décembre 2023 pour fournir une capacité augmentée dans le contexte des hostilités, face aux pénuries de personnel et aux graves contraintes d’approvisionnement, notamment en soutenant les transferts internes de patients, la réponse aux incidents impliquant un nombre massif de victimes et les évacuations médicales à l’extérieur de Gaza.
  • Malgré les efforts en cours pour revitaliser le système de santé de Gaza, le fardeau des maladies transmissibles continue de mettre à rude épreuve le système. Entre le 4 et le 17 janvier, les partenaires de la santé ont mené près de 497 000 consultations, dont plus de 25%  liées à des maladies transmissibles, dont plus de 88 600 cas d’infection respiratoire aiguë (acute respiratory infection, ARI) (ou plus de 70 % de toutes les consultations sur les maladies transmissibles) et environ 11 000 cas de diarrhée aqueuse aiguë (acute watery diarrhea, DAO), dont 80 % chez des enfants. Cela représente une forte augmentation par rapport à 44 000 cas d’ARI et 9500 cas de AWD au cours des deux semaines précédentes. Selon le Comité international de secours (International Rescue Comittee, IRC) « l’exposition récurrente à des environnements froids et humides augmente fortement le risque d’infections respiratoires et de maladies d’origine hydrique, tandis que le manque d’hébergement adéquat laisse les familles sans protection contre d’autres tempêtes ».
  • Le 26 janvier, l’OMS a facilité l’évacuation sanitaire de 24 enfants de Gaza vers la Jordanie avec 36 accompagnateurs. Lors d’une autre évacuation sanitaire récente le 19 janvier, l’OMS a facilité le transfert de 21 patients et 36 accompagnateurs de Gaza vers la Jordanie. L’OMS a également salué l’autorisation donnée à un patient de se rendre de Gaza en Cisjordanie pour se faire soigner – une première depuis octobre 2023, ce qui souligne la nécessité de rouvrir cette route, y compris par Jérusalem-Est, comme le moyen le plus court et le plus rentable d’accéder aux soins spécialisés. Depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025, et à compter du 26 janvier, l’OMS a facilité l’évacuation sanitaire de 377 patients (dont 310 enfants) et 1 032 accompagnateurs. Ceux-ci font partie de plus de 10 700 patients évacués pour un traitement spécialisé depuis octobre 2023, mais plus de 18 500 personnes, dont 4 000 enfants, ont encore besoin d’urgence d’une évacuation médicale pour des soins non disponibles à Gaza. Le 27 janvier, le ministère de la Santé de Gaza a déclaré que 1 268 patients seraient morts en attendant de quitter Gaza pour des soins médicaux urgents, et environ 4 000 patients atteints de cancer sont enregistrés sur des listes d’attente critiques pour l’évacuation.

Financement

Au 26 janvier, les États membres ont décaissé environ $211 millions (177 millions €) sur les $4 milliards (3,35 milliards €) (5 %) demandés pour répondre aux besoins humanitaires les plus critiques de près de 3 millions sur 3,6 millions de personnes identifiées comme nécessitant une assistance à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, dans le cade de l’Appel Éclair 2026 (Flash Appeal) pour les TPO. Près de 92 % de ces fonds nécessaires sont destinés à l’intervention humanitaire à Gaza, avec un peu plus de huit pour cent pour la Cisjordanie. En décembre, le Fonds humanitaire a géré 111 projets en cours, d’un montant total de $61,1 millions (51,20 millions €), pour répondre aux besoins urgents dans la bande de Gaza (89 %) et en Cisjordanie (11 %). Parmi ces projets, 54 sont mis en œuvre par des organisations non gouvernementales internationales (ONGI), 44 par des ONG nationales et 13 par des agences des Nations Unies. Il faut noter que 48 des 67 projets mis en œuvre par des ONG internationales ou par l’ONU sont mis en œuvre en collaboration avec des ONG nationales. Pour plus d’informations, veuillez consulter la pageWeb du Service de suivi financier de l’OCHA et la pageWeb oPt HF

Source : UJFP
https://ujfp.org/…

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