En Israël, la hasbara, symptôme d’un État sans démocratie

Communiqué de l’UJFP

La propagande israélienne, une béquille pour l’État suprémaciste

Pour occulter son régime colonial et ses politiques d’apartheid, qui conduisent désormais à un génocide, l’État d’Israël a développé une redoutable  politique de propagande. Créée avec l’objectif de justifier et rationaliser les politiques israéliennes à l’égard des Palestiniens, tout en disqualifiant ceux qui les critiquent ou leur résistent, la Hasbara a multiplié par 5 son budget alloué à la propagande à l’internationale en 2026, celui-ci atteignant désormais 730 millions de dollars. Au premier plan des objectifs de l’armée israélienne figure en effet la défense de la « légitimité » de ses opérations à Gaza, en Cisjordanie comme au Liban. Cela s’est intensifié depuis le début du génocide.

Pour justifier le massacre des civils à Gaza, le discours  de l’armée israélienne est simple et systématique. Comme en témoigne un militaire israélien, quelles que soient les victimes ciblées, société civile (femmes, hommes ou enfants de toutes conditions), humanitaires, personnels de santé, journalistes ou commerçants… il ne s’agit, selon l’armée, que de cibler “les terroristes” et les “membres du Hamas”.

Ce militaire décrit comment cette méthode a été utilisée lors du bombardement de l’hôpital Nasser le 25 août 2025 qui a tué vingt-deux personnes dont cinq journalistes. Dans ce cas, l’armée prétend que la cible visée sur le toit de l’hôpital est une caméra utilisée par le Hamas pour suivre les déplacements des soldats israéliens – affirmation démentie par une enquête de Reuters. Par un “recadrage rétrospectif”, l’armée s’attache ainsi, par tous les moyens, à relier les victimes de cette double frappe au Hamas.

En visant notamment les journalistes et toute personne qui témoigne du quotidien à Gaza, en interdisant l’accès au territoire à tout média étranger, l’objectif est bien de monopoliser le récit, via les multiples porte-paroles officiels de l’État et de l’armée, invités en flot continu par les chaînes d’information. Il leur est nécessaire de silencier les victimes gazaouies et d’empêcher tout média, palestinien ou étranger, de témoigner de manière indépendante de l’ampleur des massacres et destructions. Le terrible assassinat de Fatima Hassouna, principale protagoniste du film de Sepideh Farsi Put Your Soul on Your Hand and Walk, juste avant son intervention programmée au festival de Cannes en 2025, en est le parfait témoignage1.

Ces dispositifs de propagande, visant à assimiler l’ensemble de la population à un groupe défini comme “terroriste”, constituent autant de justifications automatiques des massacres. C’est ce que confirme Nadav Weiman, directeur exécutif de l’ONG Breaking the Silence, qui recueille et vérifie des témoignages de soldats depuis plus de vingt ans.

Les médias occidentaux sont quant à eux complices de ce narratif, comme lorsqu’ils passent sous silence les centaines de journalistes palestiniens assassinés ou lorsqu’ils prétendent qu’il n’y aurait pas de journalistes à Gaza mais “seulement des membres du Hamas”.

Outre ces mensonges, on rappellera qu’en tant qu’autorité gouvernementale de fait d’un territoire, –reconnu comme occupé par la Cour Internationale de Justice (CIJ), et soumis à 19 ans de blocus illégal,– le Hamas recouvre des réalités multiples, que ce soit civiles comme militaires. On rappellera aussi que personne ne peut être ainsi assassiné sans procès, ou sans preuve d’une quelconque participation à des actes de terreur, ni au milieu de civils et au prix de destructions massives d’infrastructures essentielles. Le fait qu’un membre, un dirigeant ou un militaire du Hamas soit soigné dans un hôpital n’autorise pas la destruction de cet hôpital ni l’assassinat des équipes qui sont impliquées dans le soin, ni sur le plan légal, ni sur le plan moral. De même, l’assassinat de toute une famille et la destruction de tout un immeuble est illégitime, odieuse et condamnable.

Une autre stratégie est celle de la censure militaire ; elle affecte non seulement les médias israéliens (en 2024, des milliers d’articles ont été concernés par des censures partielles ou totales) mais également les médias internationaux : dès avril 2024, une loi autorisait la possibilité de saisir leurs équipements, fermer leurs bureaux et interdire leur diffusion, si le gouvernement considère qu’ils menacent la sécurité nationale. Principale cible de cette législation à l’époque, Al Jazzera a massivement fait les frais de ces politiques d’assassinat et de censure, bien avant le 7 octobre : on se souvient en particulier de l’assassinat à Jénine en mai 2022 de la journaliste Shireen Abu Akleh reporter depuis 25 ans de la chaine d’information arabe.

Enfin, la Hasbara ne s’illustre pas seulement dans les médias, mais également dans les arcanes des intelligences artificielles (IA), en influençant par exemple les réponses de ChatGPT et en assurant notamment que les critiques de l’État d’Israël seraient antisémites. De fait, l’instrumentalisation de l’antisémitisme est un aspect caractéristique évident de la propagande israélienne.

L’UJFP dénonce cette propagande systématique alors que les massacres et destructions continuent de plus belle au Liban, en Cisjordanie et à Gaza. Malgré tout l’investissement du gouvernement israélien, l’effondrement moral de l’État d’Israël et des Israélien.nes est plus que jamais évident.

L’État d’Israël est devenu un laboratoire des nouvelles technologies appliquées au mensonge et à la domination. En tant que juif.ves, nous n’acceptons pas qu’on couvre ainsi les crimes d’un régime qui a moins à voir avec la démocratie qu’avec le fascisme.

Les Palestiniennes et les Palestiniens méritent une vie digne. Pas de crime en notre nom ! Nous revendiquons la Justice et l’Égalité au Proche-Orient, là-bas comme ici !

La Coordination nationale de l’UJFP, le 29 septembre 2026

  1. Le film NAZA vient confirmer les témoignages de nombreux Gazaouis depuis le début du génocide[⇧]

Source : UJFP
https://ujfp.org/…

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