Mohsen Rezaei : ‘Nous avons la capacité de couler un porte-avions américain, le Hezbollah humiliera Israël’

Entretien intégral de Mohsen Rezaei, Secrétaire du Conseil Suprême de Sécurité Nationale, conseiller militaire du Guide Suprême et ancien commandant-en-chef des Gardiens de la Révolution, avec la télévision nationale iranienne, le 15 Shahrivar 1405 (6 septembre 2026), sur les derniers développements régionaux, la situation du détroit d’Ormuz et l’adoption de nouvelles stratégies pour contrer d’éventuels mouvements.

Source : khabarpu.com

Traduction : lecridespeuples.substack.com

· L’Iran impose de nouvelles restrictions dans le détroit d’Ormuz

· La menace de couler des porte-avions américains

· Les conditions de la négociation avec les Etats-Unis

· Le Hezbollah, allié stratégique de l’Iran, décimera Israël

· Les menaces de Netanyahou et l’unité du peuple iranien

· Le djihad économique peut faire de l’Iran une puissance majeure

JOURNALISTE : Dans cette émission, nous allons nous entretenir avec le docteur Mohsen Rezaei, honorable Secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale où il représente le Guide vénéré de la Révolution. Nous évoquerons son rôle au sein du Conseil suprême de sécurité nationale, la situation sur le terrain, le domaine de la diplomatie, la situation du détroit d’Ormuz, et bien sûr des prévisions sur les événements à venir. Monsieur le docteur, je vous salue.

REZAEI : Merci beaucoup de m’avoir de nouveau fourni cette occasion. Je suis à votre service pour mener cet entretien. Portez-vous bien.

L’Iran impose de nouvelles restrictions dans le détroit d’Ormuz

JOURNALISTE : Merci. Je suis au service de Votre Excellence. Je vous remercie beaucoup. Pour que nous menions cet entretien de manière très concrète et rapide, si vous êtes d’accord, commençons par le sujet du détroit d’Ormuz, pour savoir quelle est actuellement la situation du détroit d’Ormuz. Voyez-vous, les Américains et les conseillers du président américain affirment, dans de nombreuses interviews, que le détroit est ouvert et que le passage s’y déroule normalement. En est-il ainsi ?

REZAEI : Au nom de Dieu, le Tout Clément, le Tout Miséricordieux. Voyez-vous, après que M. Trump s’est retiré du protocole d’accord d’Islamabad, nous avons fait, en gros, un bilan d’environ un an de péripéties et d’affrontements, et nous sommes arrivés à la conclusion que nous devions adopter de nouvelles stratégies, de nouvelles approches, tant sur le plan de la guerre, sur le plan des négociations que sur le plan de la guerre économique. Par conséquent, le retrait de l’Amérique du protocole d’accord d’Islamabad nous a placés sur une voie tout à fait nouvelle.

Le premier changement qui s’est produit concerne la question du détroit d’Ormuz. Le détroit d’Ormuz est complètement fermé. C’est un grand mensonge que de dire le contraire. Pourquoi ? Parce qu’avant la fermeture du détroit d’Ormuz, avant ces guerres récentes, plus de cent navires par jour transitaient par ici. Plus de cent millions de tonnes de marchandises sortaient de cette région chaque jour. Des milliards de dollars transitaient par le détroit d’Ormuz.

Eh bien, aujourd’hui le détroit d’Ormuz ne voit transiter qu’environ 7 à 8 navires par jour, dont la plupart transportent des produits médicaux et des biens de première nécessité que nous importons nous-mêmes. Parce que, vous le savez, ce blocus maritime que les Américains ont mis en place n’a pas le droit d’interférer avec l’entrée de biens de première nécessité et de produits médicaux.

Oui, parfois les Américains viennent par des passages maritimes reliés à la côte d’Oman. Il y a là un passage, il y a un corridor. Ils ont mis à contribution une partie de leurs intermédiaires. Ils dépensent des sommes considérables. Ils essaient d’éteindre tous ces appareils [de géolocalisation] pendant la nuit. Ils font passer 5 ou 6 navires. En général, ceux-là se font intercepter. Bien sûr, nous n’avons pas encore décidé de les frapper, parce que ce sont des pétroliers, porteurs de matières pétrolières. Et si l’on venait à polluer tout le détroit d’Ormuz et le golfe Persique, cela nous créerait un problème à nous-mêmes. Mais aucun d’entre eux ne repart indemne. Ils finissent tous par subir un dommage. Un dommage leur est infligé. Mais cela ne signifie pas pour autant que le détroit d’Ormuz est ouvert.

Les centaines de navires, les millions de tonnes de marchandises, où sont-ils ? D’abord, nous-mêmes, sur ces 7 à 8 — ou 5, 6 navires — qui nous appartiennent, nous importons des biens de première nécessité. Nous importons des produits médicaux. C’est donc là un grand mensonge.

Nous sommes en train de changer la situation. Ainsi, à partir de maintenant, dans les jours et les semaines à venir, si Dieu le veut, nous annoncerons une zone interdite étendue en dehors du détroit d’Ormuz, qui commencera à partir de la ligne de blocus de la marine américaine, jusqu’à cette même zone du détroit d’Ormuz, et de là, elle ira à l’intérieur du golfe Persique.

Qu’est-ce que sera cette zone ? Nous déclarerons cette zone comme zone interdite. C’est-à-dire que tout navire qui entrera dans cette zone dans l’intention de transiter par le détroit d’Ormuz, et qui sera repéré, nous le placerons sur la liste des sanctions. Maintenant, que signifie « liste des sanctions » ? Nous avons dans le monde entier un point unique où nous pouvons imposer des sanctions à de nombreux pays, et c’est précisément cette zone du golfe Persique.

C’est-à-dire que si nous constatons désormais que des navires, que ce soit du côté ouest du détroit d’Ormuz, ou du côté est du détroit, sont en mouvement, sans être encore entrés dans le détroit d’Ormuz, mais s’apprêtant à venir s’arrêter quelque part avant de transiter, nous lui donnerons l’ordre de s’arrêter là où il se trouve. S’il viole cette consigne, nous avons le nom du navire, nous avons le propriétaire du navire, celui qui a loué le navire — nous mettons cela sur la liste des sanctions, nous le lui annonçons, il aura des problèmes d’assurance, ses coûts d’assurance vont énormément augmenter, et par ailleurs il saura que s’il transite de nouveau par ici, ou s’il revient ici, il tombera entre nos mains. Beaucoup de ces navires — environ 80-90 % de ces navires — ne font pas qu’un seul passage pour repartir ensuite ; en général, quand ils entrent ou quand ils sortent, ils reviennent généralement, parce qu’une part énorme du commerce mondial, en particulier de pétrole et de gaz, se trouve ici. Par conséquent, le détroit d’Ormuz deviendra, dans cette région, un point de contrôle des navires sanctionnés par l’Iran.

JOURNALISTE : Sanctionné, cela signifie-t-il que même avec toute l’escorte (américaine), le navire n’aura plus la possibilité de circuler par la suite ?

REZAEI : S’ils n’en font qu’à leur tête, eh bien pourquoi pas ? Il se peut, par exemple, qu’ils viennent donner des explications ou avancer des arguments ; il se peut, par exemple, que sur 10-15 navires, ils en écartent certains, mais 90% resteront sur la liste. Alors, quelle est la différence par rapport à la situation actuelle ? Actuellement aussi, si un navire dit vouloir transiter, quelle est la différence avec le fait d’être sur la liste des sanctions ? C’est-à-dire qu’en dehors du périmètre du détroit d’Ormuz, à partir de la ligne de blocus des Américains, jusqu’à l’endroit où ils vont chercher la marchandise pour venir transiter. Ainsi, nous étendons ce domaine et ce champ, réellement : dans les faits, nous sommes en train de créer une nouvelle zone, complémentaire au détroit d’Ormuz, où il se peut que nous n’attaquions pas, que nous ne tirions pas de missile, mais nous mettrons tout navire qui s’y trouve sans autorisation sur la liste des sanctions. Nous disons « liste des sanctions », nous le mettons sur la liste des sanctions. « Liste des sanctions » signifie que nous sommes le seul point où nous pouvons réellement et effectivement sanctionner de nombreux pays, et c’est là, dans le détroit d’Ormuz ; par conséquent, toute violation, tout acte que nous considérerons comme criminel, nous pourrons le mettre sur notre propre liste de sanctions, et si un jour ils veulent transiter par le détroit d’Ormuz, nous les saisirons ici. Ici nous pouvons agir, pourquoi ne le ferions-nous pas ? Par rapport au passé, nous apportons des changements, tant du point de vue du durcissement —nous renforçons nos mesures — que du point de vue de la création d’une zone interdite et sanctionnée en dehors du détroit d’Ormuz, à l’ouest de la région.

Beaucoup de ceux qui travaillent dans la logistique et le transport maritime disent que l’effet de ces mesures est plus important que celui des missiles iraniens, et qu’ils ont observé et constaté que l’Iran, sans même tirer de missile, en mettant simplement un navire ou une compagnie sur sa propre liste de sanctions, empêche que ceux qui voudraient un jour transiter par le détroit d’Ormuz puissent le faire, ou bien nous devons leur ajouter des conditions. C’est cet interdit nouveau que nous sommes en train d’ajouter au détroit d’Ormuz, et cela aura une durée.

JOURNALISTE : Cette zone interdite, cela signifie-t-elle qu’elle est en place jusqu’à un certain moment ?

REZAEI : Oui, cette zone interdite durera aussi longtemps que dure le blocus naval américain, ainsi que les pressions ou les manquements que commettent les Américains. C’est là le premier changement. Donc, concernant le détroit d’Ormuz, contrairement à ce que dit Trump comme quoi il serait ouvert, il est complètement fermé ; et d’autre part, nous cherchons à faire peser une pression plus lourde sur l’Amérique, pour qu’elle reconnaisse le droit du peuple iranien. C’est là le premier changement que j’ai mentionné : nous sommes, depuis que l’Amérique s’est retirée du protocole d’accord d’Islamabad, en train de modifier entièrement nos comportements. Le premier changement, nous l’avons entamé dans le détroit d’Ormuz : cette semaine, nos pressions se sont considérablement alourdies envers ceux qui voudraient transgresser nos règles dans le détroit d’Ormuz ; et notre projet, que nous sommes en train d’élaborer actuellement, est de définir le système de circulation dans le golfe Persique et la mer d’Oman à l’intérieur de la nouvelle zone interdite.

JOURNALISTE : Et du fait de tous les événements qui pourraient survenir, une famine pourrait-elle se produire comme le prétendent certains ?

REZAEI : Eh bien, c’est un grand mensonge. Pourquoi ? Parce que notre gouvernement y songe depuis longtemps déjà, et nous disposons actuellement de réserves suffisantes de produits médicaux et de biens de première nécessité. Deuxièmement, ils disent par exemple que l’Iran ne peut pas vendre son pétrole : comment l’Iran ne pourrait-il pas vendre son pétrole ? Nous, dans cette même période où le blocus a été levé lors des négociations, dès la première semaine, nous avons vendu quatre-vingts millions de barils de pétrole ; chaque jour nous vendons un million, un million et demi de barils, comme si la production et le commerce pétroliers de l’Iran étaient à leur niveau habituel. Est-ce qu’avant nous vendions plus d’un million de barils par jour ? L’argent nous parvient-il ? L’argent nous parvient, nous n’avons aucun problème de ce côté. Donc, ce qu’on dit — que le pétrole iranien serait coupé — je ne sais pas d’où sort ce qu’ils disent, cela n’existe pas. Nous, dans toute cette période, en l’espace d’à peine une semaine, dès le début de l’accord signé, nous produisions quatre-vingts millions de barils de pétrole par semaine ; nous ne pouvions pas ne pas les produire ; nous avions acheté des navires, nous y avions stocké le pétrole. Depuis que le blocus a été levé, ces navires sont sortis. Où sont-ils ? Ils sont sur le lieu de vente. C’est là un sujet de débat : si le pétrole se vendait et que l’argent nous parvenait aussi, cela devrait ajuster un peu le prix de la devise et du dollar à l’intérieur du pays, les variations du taux de change ne devraient pas se produire ; je considère qu’une grande partie de cette affaire relève de la guerre psychologique que M. Trump a mise en place. Je suis en train de l’expliquer maintenant : donc, nos réserves de marchandises sont à leur place, et le pétrole aussi, que nous continuons à vendre comme prévu ; nous ne subissons aucun incident à cet égard.

/…

La suite sur Substack
https://lecridespeuples.substack.com/

Notre dossier Iran

Laisser un commentaire