Communiqué de l’UJFP
L’UJFP exprime son horreur et son indignation face aux récentes déclarations et initiatives d’Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale. Dans un entretien public1, ce représentant officiel du gouvernement israélien a appelé à procéder à des assassinats ciblés pour « descendre 30 à 40 » Palestiniennes et Palestiniens chaque nuit à Gaza, ajoutant explicitement que ces personnes « ne méritent pas de vivre » et « ne sont même pas des êtres humains ».
Une rhétorique et des pratiques de déshumanisation absolue
Ces propos ne relèvent pas du simple dérapage verbal. Ils ont des effets concrets : ils constituent, pour les colons, un appel explicite au pogrom, voire au meurtre de masse, et confirment le processus de déshumanisation au cœur de la dynamique génocidaire actuelle, niant le droit à la vie d’un peuple entier et banalisant l’extermination comme méthode de « sécurité ».
Ce Ben-Gvir ne fait ainsi que parachever le projet colonial et suprémaciste sioniste, porté au plus haut niveau de l’appareil d’État israélien. Ce qui est à l’œuvre, c’est l’expulsion programmée des Palestiniennes et des Palestiniens, donc une nouvelle Nakba.
L’érection de potences assorties de box d’observation pour transformer des exécutions en cérémonies mises en scène par le même ministre illustre une fois de plus l’effondrement moral d’un pouvoir qui se revendique des démocraties libérales, du droit international et des droits humains mais en bafoue quotidiennement les éléments les plus fondamentaux, et cela sans opposition véritable de la part de la population juive israélienne.
Pas en notre nom
Pour paraphraser les dernières phrases de l’épilogue de l’ouvrage Eichman à Jérusalem d’Hannah Arendt, puisque Ben Gvir soutient et exécute une politique qui consiste à refuser de partager la terre avec le peuple palestinien, comme s’il avait « le droit de décider qui doit et ne doit pas habiter le monde », nous estimons qu’on ne peut observer ce qui se passe sans réagir, en vue d’obtenir le départ, l’arrestation et le jugement de ce ministre et de l’ensemble du Gouvernement israélien.
En tant que juives et juifs engagés pour la justice, l’égalité des droits et le respect du droit international et des droits humains, nous affirmons à nouveau, haut et fort : Pas en notre nom.
Nous refusons que notre histoire, nos mémoires ou nos traditions soient instrumentalisées pour justifier de telles pratiques et, au-delà, l’écrasement, l’enfermement et l’extermination d’un autre peuple. La tradition universelle de justice à laquelle nous nous rattachons s’oppose radicalement à cette barbarie d’État que le monde occidental observe sans réaction concrète.
Fin de la complicité internationale
Il est temps pour les États occidentaux, comme pour les États arabes, d’agir. Des déclarations diplomatiques mêmes énergiques, sans action réelle n’arrêteront pas la fuite en avant dans laquelle s’est engagé le gouvernement israélien depuis de longues années déjà. Le silence ou l’attentisme des gouvernements occidentaux constitue une forme de consentement et fonctionne comme un véritable permis de tuer qui en font des co-auteurs de l’écrasement des Palestinien.nes et du génocide en cours.
L’UJFP exige :
- La condamnation ferme et sans équivoque de ces appels au meurtre et de ces projets d’exécutions extrajudiciaires ;
- Des sanctions diplomatiques, économiques et militaires immédiates contre les dirigeants israéliens responsables de ces politiques criminelles ;
- L’arrêt immédiat des livraisons d’armes et de toute coopération sécuritaire, économique, culturelle, scientifique avec l’État d’Israël ;
- La protection internationale immédiate du peuple palestinien à Gaza comme en Cisjordanie occupée ;
- Des poursuites judiciaires à l’encontre de tous les acteurs impliqués dans le génocide et de toutes les personnes qui, en les soutenant publiquement, ici et là-bas, facilitent la commission de ce crime ;
- Des poursuites judiciaires également à l’encontre des Franco-Israéliens qui ont commis des crimes à Gaza.
La vie des Palestiniens et des Palestiniennes a autant de valeur que celle des Israélien.nes ou des Ukrainien.nes.
Aucun peuple ne peut être traité comme une cible à éliminer.
La paix ne se construira pas sur des potences, mais sur l’égalité des droits et la justice.
La Coordination nationale de l’UJFP, le 9 septembre 2026
- voir également https://www.franceinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/des-eliminations-ciblees-a-gaza-les-declarations-polemiques-du-ministre-israelien-itamar-ben-gvir-divisent-la-societe-israelienne-et-inquietent-la-communaute-internationale_8151071.html[⇧]
Source : UJFP
https://ujfp.org/…
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