Par Rami Abou Reida
Ces clés… n’ouvrent plus de portes, ni de pièces, ni de placards.
Elles n’ouvrent plus notre bureau ni notre lieu de travail… elles n’ouvrent désormais que des souvenirs qui furent un jour heureux et qui, aujourd’hui, sont devenus douloureux.
Elles ouvrent la douleur du cœur, le chagrin et la nostalgie de choses auxquelles il n’est désormais possible d’accéder que dans la mémoire.
Ces clés ouvraient nos maisons, nos chambres, nos placards… Elles ouvraient aussi notre bureau et nos lieux de travail.
Elles ouvraient pour nous les matins du travail et des revenus, lorsque j’ouvrais mon bureau et mon lieu de travail, avec le sentiment qu’une nouvelle journée d’efforts et de vie commençait.
Et lorsque, à la fin de la journée, nous fermions les lieux avec elles, elles nous donnaient un peu de sécurité… ce sentiment simple d’avoir une maison où rentrer, un endroit où nous abriter, une porte que nous pouvions refermer derrière nous pour laisser la fatigue de la journée à l’extérieur.
Elles ouvraient aussi la joie de rentrer à la maison après une longue journée de travail, la chaleur des retrouvailles avec ceux que nous aimions… Ce n’était qu’un petit morceau de métal, mais il portait les clés d’une vie entière.
𝗝𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀.
Et chaque fois que je les retrouve par hasard, en cherchant quelque chose à l’intérieur de ma tente, je les prends quelques instants dans ma main et je les parcours avec ma mémoire : celle-ci était pour la maison, celle-ci pour le bureau, celle-ci pour le garage, et… et… et…
Et finalement, je ressens qu’elles n’ouvrent plus rien, sinon ce qui fait mal.
Elles ouvrent des portes dans la mémoire que je ne peux plus franchir, et me ramènent vers des lieux auxquels retourner est devenu une pure illusion.
Aujourd’hui, nous vivons sous des tentes… Nous n’avons plus besoin de clés pour ouvrir ou fermer.
Il n’y a ici ni portes, ni serrures, ni verrous…
𝗦𝗲𝘂𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝘁𝗼𝘂𝘁, 𝗲𝘁 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲́ 𝗳𝗲𝗿𝗺𝗲́ 𝘀𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁.
9 𝗦𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟲
𝗠𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗿𝗶𝘁𝘀… 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗺𝗮 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲… 𝗔𝗹-𝗠𝗮𝘄𝗮𝘀𝗶, 𝗞𝗵𝗮𝗻 𝗬𝗼𝘂𝗻𝗲̀𝘀… 𝗚𝗮𝘇𝗮
Source : la page FB de l’auteur
https://www.facebook.com/RamiAbouReida
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