Et la souffrance de nos enfants se poursuit encore en 2026

Par Rami Abou Reida

𝐃𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐞𝐬𝐩𝐚𝐜𝐞 :
𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 é𝐜𝐨𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐣𝐚𝐫𝐝𝐢𝐧𝐬 𝐛𝐫𝐢𝐬𝐞-𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐥𝐞 𝐝é𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐠é𝐧é𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐧𝐭𝐢è𝐫𝐞 ?

À l’approche de la rentrée scolaire dans le monde, Gaza entre dans une troisième année sans éducation et sans écoles pour ses enfants.

À Gaza, où la destruction a touché tout, des maisons aux écoles et aux jardins, l’enfance n’est plus celle que nous connaissions.

La ville, qui savait autrefois faire naître la vie au milieu des ruines, est devenue aujourd’hui un environnement hostile aux enfants, une ville sans espaces, sans rires, sans rêves capables de s’épanouir sur les places et dans les espaces ouverts.

Une ville qui n’est plus amie de l’enfance.

L’enfance a besoin de plus que de nourriture et d’un abri. Elle a besoin d’espace : un espace sûr pour jouer, expérimenter et apprendre au-delà des murs.

Mais aujourd’hui, les jardins sont devenus des décombres, les écoles sont soit détruites, soit transformées en centres d’accueil pour les personnes déplacées, et les rues sont devenues vides de vie, mais remplies de peur.

𝐋’𝐢𝐦𝐩𝐚𝐜𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 é𝐜𝐨𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥’𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐜𝐢é𝐭é

L’école est le premier lieu d’appartenance en dehors de la maison. C’est là que l’enfant commence à construire ses relations sociales et à développer sa personnalité.

Lorsque les écoles sont bombardées, c’est aussi le sentiment de sécurité et de continuité qui est détruit.

Pour ne rien arranger, de nombreuses écoles ont été transformées en abris pour les personnes déplacées, ce qui a entraîné la disparition de l’enseignement et l’absence des espaces psychologiques dont l’enfant a besoin.

𝐋𝐞𝐬 𝐣𝐚𝐫𝐝𝐢𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐣𝐞𝐮… 𝐮𝐧 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥

Beaucoup ne comprennent pas que le jardin, dans une ville, n’est pas un luxe, mais une partie du « développement sain » de l’enfant.

Lorsqu’un enfant est privé de courir, de jouer, de grimper à un arbre ou même simplement de s’asseoir dans un espace ouvert, son monde commence à s’étouffer.

Sans ces espaces, les problèmes psychologiques et comportementaux se multiplient, tandis que la créativité et l’expression de soi diminuent.

𝐋𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐨𝐫𝐚𝐢𝐫𝐞… 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐨𝐮 𝐮𝐧 𝐩𝐢è𝐠𝐞 à 𝐫𝐞𝐭𝐚𝐫𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 ?

Dans les situations d’urgence, on construit des écoles et des logements temporaires à partir de panneaux métalliques ou de bâches en plastique.

Certes, ces structures offrent un abri, mais elles n’offrent pas un véritable environnement de vie.

L’enfant, dans une salle de classe provisoire, ne ressent pas de stabilité. Les fortes chaleurs ou le froid intense, auxquels s’ajoute l’absence d’espaces sûrs, renforcent les sentiments d’angoisse et d’aliénation.

Le plus dangereux est que ce qui est censé être temporaire devient souvent permanent. Les véritables plans de reconstruction sont alors oubliés en raison des politiques, du retard dans l’aide financière ou de la lenteur de son acheminement, ce qui entraîne à son tour un retard dans la reconstruction et prolonge sa durée.

Ainsi, les enfants grandissent dans un environnement malsain, sans intimité et sans lien positif avec leur lieu de vie, ce qui approfondit les effets du traumatisme au lieu de les soigner.

𝐑𝐞𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐧𝐞 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐢𝐟𝐢𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐛â𝐭𝐢𝐫

Lorsque nous entrerons dans la phase de reconstruction, nous devrons repenser la ville comme un environnement qui accueille et protège l’enfant.

Nous ne voulons pas seulement des écoles restaurées, mais un environnement éducatif inspirant.

Nous ne voulons pas simplement des logements rapidement assemblés, mais des maisons qui préservent la dignité et développent le sentiment d’appartenance.

Nous ne voulons pas seulement construire un jardin, mais créer un espace capable de rétablir la confiance entre l’enfant et son lieu de vie.

𝐔𝐧 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥 𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭 à 𝐭𝐨𝐮𝐬…

L’architecte, l’urbaniste, la société civile et tous ceux qui poseront une pierre dans la reconstruction doivent se poser une question :

𝐂𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐚-𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞 à 𝐮𝐧 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐫𝐢𝐫𝐞 à 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮 ?

Si la réponse est non, alors nous n’avons pas reconstruit… nous avons simplement reproduit la crise.

12 septembre 2025

Rami Abou Reida

𝐌𝐞𝐬 é𝐜𝐫𝐢𝐭𝐬… 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐦𝐚 𝐭𝐞𝐧𝐭𝐞…

𝐀𝐥-𝐌𝐚𝐰𝐚𝐬𝐢, 𝐊𝐡𝐚𝐧 𝐘𝐨𝐮𝐧𝐢𝐬… 𝐆𝐚𝐳𝐚

Source : la page FB de l’auteur
https://www.facebook.com/RamiAbouReida

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