Rapport du CPI

Centre palestinien d’information

Alors que le besoin humanitaire urge d’ouvrir le passage de Rafah de manière complète et permanente et se fait de plus en plus pressant, le dernier mécanisme d’ouverture a suscité une vague de questions et de critiques.

Au lieu de constituer une véritable artère vitale pour les habitants de la bande de Gaza, les mesures prises semblent installer des complexités politiques et administratives qui ont vidé cette initiative de son contenu humanitaire et restreint l’accès à l’aide, aux malades et aux voyageurs, relançant ainsi le débat sur l’utilité de cette ouverture, ses conditions et ses mécanismes.

Les procédures complexes, les restrictions strictes et l’ouverture partielle et limitée ont transformé le passage frontalier d’une lueur d’espoir en un instrument de répression, laissant des milliers de malades, de blessés et de personnes dans le besoin otages de décisions lentes et de calculs qui ne tiennent pas compte de la gravité de la catastrophe humanitaire qui s’aggrave.

Blocus confirmé et contrôle sécuritaire

Au début du mois de février, il a été annoncé que le passage frontalier terrestre de Rafah serait ouvert à titre expérimental pour la première fois depuis sa fermeture le 7 mai 2024, date de l’occupation de la ville de Rafah, et ce, à tous les citoyens, y compris les cas humanitaires.

L’ouverture du passage a été accompagnée de conditions de contrôle sécuritaire à plusieurs niveaux, ce que les défenseurs des droits humains ont considéré comme une atteinte au droit à la liberté de circulation et de voyage.

Selon les informations publiées, les noms des voyageurs doivent être communiqués quotidiennement à l’Égypte, puis transmis au service de sécurité sioniste « Shabak » afin d’obtenir l’autorisation de sécurité. Ainsi l’armée de l’occupation génocidaire surveille à distance les voyageurs à l’aide de caméras de surveillance et de technologies de reconnaissance faciale.

Les voyageurs seront soumis à des contrôles effectués par des membres de la mission de l’Union européenne, avec la participation d’agents de sécurité palestiniens travaillant pour le compte de l’Autorité palestinienne, tandis que l’armée d’occupation contrôlera l’ouverture et la fermeture des portes à l’aide d’un « bouton de commande ».

L’entrée dans la bande de Gaza est également soumise à des mesures strictes, notamment une fouille minutieuse à un poste de contrôle de l’armée d’occupation.

Des photos récentes ont montré que le passage a subi d’importants dégâts depuis l’invasion de l’occupation en mai 2024, avec un revêtement partiel de la route et l’aménagement de nouveaux passages pour faciliter la circulation des malades, tandis que l’occupation contrôle et occupe le côté palestinien du passage dans le cadre de sa guerre génocidaire continue à Gaza depuis octobre 2023.

Pas de mécanismes clairs

Le directeur du complexe médical Al-Shifa à Gaza, Mohammed Abu Salmiya, a déclaré dans des déclarations à la presse que l’absence de mécanisme spécifique pour le transport des malades et des blessés pourrait entraîner une augmentation du nombre de décès.

De son côté, le bureau d’information du gouvernement à Gaza a confirmé l’existence d’un flou dans le fonctionnement du passage pendant la phase actuelle.

Le directeur du bureau d’information du gouvernement à Gaza, Ismail al-Thawabta, a déclaré dans des déclarations à la presse que la première phase de l’ouverture du passage ne concernerait que le passage des blessés et des malades, et ceux détiennent des passeports égyptiens.

Il a indiqué que l’occupation tente de saboter tous les efforts visant à mettre en place la commission nationale de gestion de la bande de Gaza, tout en affirmant qu’il s’attend à ce que la commission nationale réussisse à gérer les affaires de la bande de Gaza au cours de la phase à venir, malgré les défis importants et les obstacles imposés par l’occupation sioniste.

L’agence « UNRWA » a également déclaré que les besoins médicaux dans le secteur de Gaza dépassaient largement les chiffres actuellement autorisés, appelant à accélérer et à élargir quotidiennement la circulation des malades et des blessés. Dans une déclaration faite par son conseiller médiatique, Adnan Abu Hasna, elle a demandé que le nombre de patients autorisés à quitter Gaza par le passage de Rafah soit augmenté, soulignant que le nombre actuel ne pouvait être maintenu compte tenu de l’effondrement généralisé du système de santé.

Actuellement environ 20 mille malades palestiniens attendent de quitter gaza pour se faire soigner en Egypte, dont 440 cas en état critique, en plus de d’environ 4000 cancéreux et 4500 enfant en situation urgente.   

Selon le ministère de la Santé de Gaza, la fermeture du passage a causé la mort de plus d’un millier de patients et empêché 22 000 blessés et malades de se rendre d’urgence à l’étranger pour y recevoir des soins.

La fermeture du passage a également empêché des milliers d’étudiants ayant obtenu une bourse d’études à l’étranger de poursuivre leurs études, leur faisant perdre plusieurs années de leur vie.

Nouveau blocus et humiliation politique

Le mouvement Hamas considère que toute entrave ou condition imposée par les sionistes concernant le passage de Rafah constitue une violation de l’accord de cessez-le-feu et de toutes les lois et conventions internationales.

Dans une déclaration à la presse, son porte-parole, Hazem Qassem, a déclaré que l’ouverture du passage de Rafah était un droit pour le peuple palestinien de la bande de Gaza et qu’elle aurait dû avoir lieu dès le début de la première phase de l’accord, mais que l’occupation l’avait retardée pendant toute cette période et l’avait arbitrairement liée à la remise du corps d’un autre prisonnier dans la bande de Gaza.

Il a souligné que les Palestiniens ont le droit d’entrer et de sortir de la bande de Gaza en toute liberté, précisant que ce droit est garanti par le droit international.

Qassem a appelé les médiateurs à surveiller le comportement de l’occupant, afin que la bande de Gaza ne soit pas confrontée à une nouvelle forme de blocus.

Quant au secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, Mustafa Barghouti, il estime que l’exigence de l’occupation de vérifier l’identité des personnes qui rentrent ou d’imposer un troisième point de contrôle est une « humiliation politique » et une atteinte à la souveraineté palestinienne et égyptienne.

Il a appelé à une « mobilisation diplomatique arabe et internationale » afin d’imposer une ouverture totale des points de passage sans restriction, pour sauver 18 mille blessés et malades qui luttent contre la mort derrière des portes closes.

Il a souligné que l’État occupant bafouait tous les accords de la « première phase », alors que les massacres se poursuivent, causant dernièrement, le massacre de 32 palestiniens.  

Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…

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