UN News. De nombreuses familles palestiniennes vivent dans des abris mal équipés
et extrêmement vulnérables aux inondations.

Par ONU Info

Source : ONU Info

Durant la première quinzaine de novembre, les cas signalés de diarrhée aqueuse aiguë ont augmenté de près de 15 % à Gaza par rapport à la période précédente, tandis que les cas de jaunisse ont plus que doublé, ce qui témoigne d’une détérioration continue de l’état de la santé publique, ont alerté des agences humanitaires des Nations Unies.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), plus de 25.500 cas de diarrhée aqueuse aiguë ont été enregistrés durant la première quinzaine de novembre, contre environ 22.600 cas au cours des deux semaines précédentes. En outre les cas de shigellose ont plus que doublé sur la même période, passant de 132 à 307.

Cette hausse des maladies diarrhéiques aiguës et du syndrome de jaunisse aiguë (SJA, hépatite A) reflète « les risques sanitaires persistants liés à la surpopulation des abris, au manque d’accès à l’eau potable et à la pénurie de produits d’hygiène ». Selon la dernière évaluation du groupe sectoriel sur l’eau et l’assainissement, entre le 17 août et le 5 septembre, plus de 60 % des ménages de l’enclave palestinienne ne disposaient pas de savon dans leurs abris.

© UNICEF/Mohammed Nateel. Des enfants continuent de mourir à Gaza.

D’une manière générale, « les difficultés hivernales aggravent les conditions déplorables en matière d’eau et d’assainissement, ainsi que les risques de violation de la vie privée et de l’intégrité auxquels sont confrontées les femmes et les filles dans les sites de déplacement », a détaillé l’OCHA dans son dernier rapport de situation.

Par ailleurs, le groupe sectoriel des humanitaires sur la santé note que les infections respiratoires aiguës restent les affections les plus fréquemment signalées, représentant près de 70 % de tous les cas enregistrés cette année.

De plus, le groupe de travail sur la réhabilitation souligne que la surpopulation due aux déplacements à travers la bande de Gaza, l’effondrement des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement et la propagation des maladies infectieuses qui en résulte ont entraîné une hausse des cas de syndrome de Guillain-Barré (SGB). Les cas de SGB, une maladie auto-immune rare affectant les nerfs, ont désormais atteint le nombre de 141, dont neuf cas signalés au cours du mois de novembre.

En outre, trois cas suspects de leptospirose font actuellement l’objet d’une enquête, dont deux sont actuellement en soins intensifs. La leptospirose est une infection sanguine causée par une bactérie et souvent appelée « fièvre des rats ».

Au moins trois cas d’hépatite A ont récemment été identifiés dans des cuisines communautaires du sud de Gaza, selon le groupe sectoriel Santé. À la suite de cette évolution, le Secteur de la sécurité alimentaire a souligné l’urgence de renforcer les mesures de manipulation sûre des aliments et de prévention et de contrôle des infections dans toutes les installations de cuisine.

La bonne nouvelle, c’est qu’aucun nouveau cas de polio n’a été signalé. « L’analyse des échantillons environnementaux prélevés en septembre et octobre s’est révélée négative pour la polio, ce qui marque sept mois consécutifs sans cas détecté à Gaza », a souligné l’OCHA.

Ces derniers développements interviennent alors que la première phase de la campagne de rattrapage vaccinal, menée du 9 au 20 novembre, a permis de vacciner plus de 13.700 enfants à Gaza. Selon les agences de l’ONU, moins de 2 % des enfants participants n’avaient jamais reçu de vaccins, tandis qu’un quart d’entre eux n’avaient pas reçu les doses prévues, ce qui reflète les lacunes en matière d’immunité après deux années d’hostilités.

Pour poursuivre sur cette lancée, 1,6 million de seringues achetées pour les prochaines phases de vaccination ont été acheminées avec succès cette semaine.

A noter qu’au cours de la première campagne de vaccination, environ 500 enfants ont été identifiés comme souffrant de malnutrition aiguë et ont été orientés vers un traitement, sur plus de 6.800 enfants examinés. Afin d’étendre la couverture vaccinale, les agences des Nations Unies demandent l’entrée d’équipements supplémentaires pour assurer la chaîne du froid.

© UNFPA Palestine. Une femme et deux enfants marchent près de la ville de Jénine, en Cisjordanie.

D’autre part, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est dit consterné par le meurtre  de deux Palestiniens commis jeudi par la police des frontières israélienne à Jénine, en Cisjordanie occupée, dans ce qui semble être « une exécution sommaire ».

À la suite de l’incident, qui a été filmé par une chaîne de télévision, une enquête interne a été annoncée. « Mais les déclarations d’un haut responsable du gouvernement israélien ont cherché à absoudre les forces de sécurité israéliennes de toute responsabilité, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à la crédibilité de toute enquête future menée par une entité qui n’est pas totalement indépendante du gouvernement », a déclaré Jeremy Laurence, porte-parole du HCDH.

Entre le 7 octobre 2023 et le 27 novembre 2025, les forces israéliennes et les colons ont tué 1.030 Palestiniens en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est. Parmi ces victimes figuraient 223 enfants.

Selon le HCDH, l’impunité dont bénéficient les forces de sécurité israéliennes pour leur recours illégal à la force et la violence croissante des colons israéliens doivent cesser. « Le Haut-Commissaire Volker Türk demande instamment que des enquêtes indépendantes, rapides et efficaces soient menées sur les meurtres de Palestiniens et que les responsables de ces violations soient pleinement tenus de rendre des comptes », a insisté M. Laurence.

De son côté, le Président du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, Jürg Lauber, a annoncé jeudi la nomination de Srinivasan Muralidhar (Inde), Florence Mumba (Zambie) et Chris Sidoti (Australie) comme membres de la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël.

M. Muralidhar présidera cet organe composé de trois personnes, tandis que M. Sidoti, qui en était déjà membre, a été reconduit dans ses fonctions.

En septembre 2025, la Commission d’enquête a conclu dans un rapport qu’Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens de la bande de Gaza.

Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…

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