Par Kader Tahri

Un petit rappel des fondamentaux, la malédiction du Liban s’est d’avoir Israël comme pays voisin, un état sioniste viable, tout juste patchwork qui ne recule devant aucune corruption, sans compter son rôle dans la provocation de troubles dans les pays arabes qui l’entourent, comme l’Irak, la Syrie et le Liban.

Alors que le contentieux du Liban avec Israël sur leur frontière terrestre est déjà assez lourd,   les eaux du Liban sont l’objet des convoitises et la crispation israélienne au sujet des eaux du Wazzani et du Hasbani, situé en bonne partie sur territoire libanais en amont du Jourdain, reste toujours de mise et les dix-huit fermes de Chebaa, situées sur les pentes occidentales du mont Hermon (Jabal al-Cheikh), sur un territoire de 25 km2, à la frontière avec le nord de la Palestine, demeurent occupé par Israël; s’ajoute la découverte du potentiel gazier souvent appelés champs Léviathan de la Méditerranée qui de nouveau alimente d’une façon grave la tension entre Israël et le Liban ; susceptible de dégénérer en guerre à tout moment.

Bien sur la politique américaine place les Israéliens dans une position de puissance, par un soutien financier, militaire et juridique américain et européen, ont fait d’Israël une entité au-dessus des lois et immunisée face à toute critique, et protégée dans les institutions internationales, y compris le Conseil de sécurité et les grands médias mondiaux.

Devant cet aspect le Liban va être de nouveau allègrement spolié de ses ressources avec la complicité implicite du monde Occidental en fait partiale en faveur d’Israël. Des crises, de l’inflation et des pénurie, au delà des gabegies internes, pourraient-elles s’expliquer par ses gisements de gaz convoités?

On se demande bien comment et pourquoi ?

On ne demande pas leur avis aux squatters, surtout qu’Israël n’étant pas signataire de la Convention sur le droit de la mer ?

La suprématie d’Israël envers ses voisins, est une pulsion morbide comme toute forme de puissance, expression de la pulsion de mort, même pas celle d’une volonté de vengeance, juste le goût de puissance, du sang et du massacre et surtout qu’Israël telle qu’il est, ne peut pas continuer à exister comme Etat en marge du Droit International.

La terre de la Palestine n’appartient pas qu’aux Israélites, c’était comme ça, et ça le redeviendra. Quant aux quelques contempteurs d’Israël sincèrement empathiques envers le peuple palestinien (il y en a beaucoup), le clientélisme aura tôt fait de les conforter dans leur manichéisme.  L’héritage est le seul droit de propriété, la conquête ne l’est en aucun cas !!!!

Menterie, Déni, Inversion forment aujourd’hui les trois faces d’un narratif israélien fondé sur un transfert de légitimité, d’un peuple dont l’existence discontinue sur la terre de la Palestine est prouvée par d’innombrables faits historiques et archéologiques, vers un peuple dont les dirigeants le définissaient comme uniquement Etat Juif au velléité expansionniste potentielle,  jusqu’à ces dernières décennies, dont l’anti-Palestinien est le dernier avatar.

Pendant plus d’un demi-siècle, le dogme d’un conflit israélo-palestinien qui serait la pierre angulaire des conflits, avait dominé les esprits des intellectuelles, des diplomates et des gens de la presse. Ce dogme s’avère faux et surtout inutile. Ce peuple Israélien inventé n’a aucune vocation nationale, et nulle aspiration d’un état  juif indépendant. Il est grand temps de mettre fin aux simplifications réductrices et aux fictions bibliques.

Il faut bien comprendre dans quel contexte se situe le conflit israélo-palestinien et israélo-arabe. C’est un contexte emblématique de condamnation machinale ou le peuple Palestinien d’une manière générale est considéré comme une sorte de pestiféré, notamment dans les assemblées internationales, dont l’ONU, et dans les pages des journaux du monde Occidental afin de déployer de gros efforts pour faire avancer l’idée que Israël reste un Etat Juif.. On le comprend très bien, car ça justifie la colonisation des territoires palestiniens

Constatant l’ampleur de la propagation de ce narratif mensonger de par le monde, et notamment parmi les occidentaux, plus sérieusement se baser sur pareilles balivernes pour justifier la politique expansionniste et occupation illégale, est aussi stupide que d’entendre un Israélien dire que la Torah lui a recommandé d’accabler tous les autres.

Chantage d’Israël pour une nouvelle guerre au Liban c’est quoi ?

Que des observateurs impartiaux, que des analystes de grande objectivité, sans collusion avec des intérêts israéliens quelconques, que le camp de l’occident soutient avec force, une position au vocabulaire de 2 poids et 2 mesures à conscience morale injustifiée.

Pour prendre une position morale il faut être moral, il ne suffit pas de s’auto octroyer le rameau du Bien. C’est très désobligeant pour la populace.  

Des propositions de l’Union européenne ont été faites aux dirigeants libanais : Toutes les pénuries, le pain, l’essence, l’électricité et les médicaments seraient résolues si le Liban normalise ses liens avec l’État d’Israël ! selon les précisions du Médiateur Européen.

Tel est l’essentiel du marché, et le plus drôle, l’E.U estime que même la résistance du Hezbollah supposée terroriste, aura droit à d’importants privilèges si elle accorde son blanc-seing. Mais on sait que les Européens eux-mêmes n’étant garants de rien puisse que personne ne peut imposer quoi que ce soit aux Israéliens. Juste  pour dire que cette médiation ignoble de l’Union Européen n’aura servi à rien, sinon à montrer que cette Europe est un peu sénile.

Non, car les ressources gazières du Liban se situent essentiellement à la frontière sud du pays, en coopération avec Chypre. Washington en avocat du diable, a déclaré être prêt à fournir de l’aide aux deux parties pour résoudre ce différend, c’est-à-dire faire juge et partie, pour œuvrer dans l’intérêt d’Israël et fait pression sur le Liban. Pourtant le monde sait que les Etats-Unis ne sont pas un intermédiaire neutre, tout ce qu’ils veulent, c’est un accord qui attribuera le maximum de gains à Israël aux dépens du Liban, c’est la politique fondamentale des Etats-Unis, un rôle de leadership étant donné que leurs priorités géostratégiques portent sur Israël et sa sécurité. Je m’étonne un peu de cette bienveillance inattendue pour le Liban, complètement imméritée et irrégulière.

Sans climat de confiance et sans vision commune en matière de sécurité, toute médiation loin d’être à la hauteur pour faire face aux opérations dans la région ne sera qu’un nouveau tigre de papier. Aujourd’hui, c’est pire, décidément, toutes les guerres sont définitivement économiques.

La position libanaise se résume en une phrase : « Pas de gaz de Karish pour Israël sans gaz de Cana pour le Liban ».

Figure 1 Zone de conflit en Tracé vert.

Les manifestations de force qu’Israël a tenu à afficher, directement ou indirectement diffusent des mensonges sur leur suprématie militaire et leur droit biblique sur la Palestine et nient au peuple palestinien toute revendication, seulement cette même autorité semble ignorer que l’entité d’occupation vit un état de division intense, une grave crise sécuritaire, ainsi qu’un effondrement des fondements de la théorie de sécurité israélienne suite aux superstitions des religieux et des dirigeants quant à la destruction d’Israël. Les raisons sont nombreuses :  

Il s’agit en premier lieu de la crainte des Rabbins et des dirigeant politiques, qui ont admis voir dans les malheurs des Juifs une leçon et un avertissement d’une malédiction, cette hypothèse s’est nourrie, tout au long des décennies de la création d’Israël, qui aujourd’hui semble être exposé à ce qu’ils appellent la «malédiction de la huitième décennie» et qu’Israël disparaisse avant son 80e anniversaire.

Certaines historiens rapportent que  «tout au long de l’histoire juive, les juifs n’ont pas eu d’Etat pendant plus de 80 ans, sauf dans deux périodes: la période du roi David et la période de Achmous Naim. Durant ces deux périodes, la désintégration a commencé dans la 8e décennie ».

C’est une sacrée schizophrénie d’une invention de la tradition qui s’appuient sur un passé plus ou moins mythifié et sur l’interprétation arbitraire des événements de l’histoire. L’obsession dont souffrent les Israéliens deviendra une réalité tangible en raison de leurs actions de colonisateurs. Par ailleurs, suite aux conflits gaziers, il est plus probable qu’une nouvelle escalade guerrière entre Israël et le Hezbollah est susceptible de changer le cours de l’histoire. C’est encore triste, car cette région du monde semble ne pas être prés de connaître la paix tant souhaitée. Personne ne veut faire disparaître ce peuple juif, bien au contraire, ce que beaucoup d’entre les Arabes souhaitent, c’est la paix. Une paix honorable et garantie pour tous.

Mais les fanatiques de la guerre et de la domination raciale ne veulent pas d’une paix honorable. Leur discours est d’ailleurs très proche de celui des nazis: ceux qui voulaient la paix étaient accusés de vouloir la disparition de la race aryenne. C’est le même processus,
renoncer au principe de la colonisation, c’est pour eux priver le peuple de son espace vital. Exactement comme les nazis.

Quant aux juifs d’ hier et d’aujourd’hui, je les connais trop mal pour oser affirmer quoi que ce soit, toutefois j’estime à juste titre que l’ère de l’Antiquité n’est pas finie (Toute ces guerres inutiles) et que le monde  y est encore resté.

Pour conclure, je dénonce fermement les nouvelles menaces de guerre dans la région, et je peux qu’affirmer encore une fois que le mythe de  » Israël menacé de destruction » est sorti du même laboratoire  de la politique que les autres mythes comme « le juif persécuté tout le temps et partout » ou « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » sans oublier le mythe fondateur « le peuple juif chassé de sa terre il y 2000 ans« .

Les dirigeants qui sont à l’origine de ces slogans sont des spécialistes, connus et réputés pour ça, on les appelle les sionistes. Ces mensonges étaient d’abord destinés avant tout aux juifs pour les regrouper en Palestine et les maintenir le plus longtemps possible sur place.  

Politiquement Israël n’a jamais cherché, ne cherche et ne cherchera jamais la paix avec ses voisins, il peut faire semblant mais ses dirigeants savent bien que le seul moyen de souder les populations qu’ils ont fait venir de partout (européens, yiddish, russes, arabes, falachas) est l’état de guerre permanent en faisant appel aux mythes bibliques et la menace imaginaire de l’ennemi extérieur prêt à tout moment d’envahir le pays et mettre ses habitants hors la mer,  habillé de références bibliques et autres.

Pour le moment, c’est Israël, par son occupation du Golan, de la Cisjordanie, du blocus de  Gaza, qui détient les clés d’un éventuel règlement de cette question. Avec une telle mentalité, la paix ne pourrait apparaître.

Kader Tahri   Professeur en Retraite, Auteur de plusieurs Ouvrages :
https://www.kader-tahri.com

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