Photo prise le 20 décembre 2020

Par CAPJPO-EuroPalestine

Merci à ceux qui nous transmettent cette photo, qui montre les menaces énoncées noir sur blanc à l’encontre des paysans palestiniens de Gaza, qui continuent à cultiver leurs champs sur leurs terres confisquées par Israël pour en faire une « zone tampon ».

Sur ce panneau il est écrit en hébreu et en arabe : « Agriculteur, tes plantations ont dépassé la zone autorisée pour l’agriculture. Si tu ne déplaces pas toutes ces plantations dans un délai spécifié, nous allons les éliminer. »

Et il ne s’agit pas de « simple » intimidation, l’armée d’occupation, comme nous l’avons rapporté à maintes reprises, tire régulièrement sur des agriculteurs qui ne peuvent renoncer, pour survivre, à récolter ce qu’ils ont semé sur cette bande de 40 km de long qui est partie la plus fertile de Gaza.

La Bande de Gaza est très étroite et proportionnellement la « zone tampon », qui court tout le long de la frontière au Nord (Beit Hanoun et Jabaliya ) et à l’Est comme à Juhorad Dik, est loin d’être une superficie insignifiante avec ses 300 à 100 mètres de large. Si on retire la zone tampon à l’Est de Gaza, que reste-t-il comme terres agricoles pour nourrir les familles ? Le centre et l’ouest sont entièrement bâtis et en plus ce sont les bonnes terres, les plus fertiles, alors qu’à l’ouest c’est surtout du sable !

En décembre 2012, lorsque nous avions réussi à entrer dans Gaza à une centaine de militant(e)s d’Europalestine, nous avions pris la peine d’aller rendre visite aux agriculteurs gazaouis de cette fameuse « zone tampon » et en avions rapporté plusieurs témoignages édifiants :

« Israël a détruit les forages, arraché nos arbres et nos cultures, et a voulu nous obliger à abandonner nos terres qui sont notre seule ressource. L’objectif d’Israël est de vider la zone. Il y a eu beaucoup de morts et de blessés. Les colons sont partis en 2005 mais les agriculteurs comme les pêcheurs sont toujours menacés » , nous expliquait l’un des agriculteurs de Juhorad Dik, qui accompagnait notre mission. ». 

Dominique, l’une des participantes raconte : « Avec eux, drapeau palestinien déployé, nous empruntons un chemin bordé de haies de cactus énormes, d’arbres fruitiers resplendissants au soleil, …le paysage est splendide: les chèvres pâturent paisibles avec les oiseaux blancs de compagnie, les enfants sont avec les parents qui travaillent dans les champs de choux et autres légumes, ou ils se reposent en nous attendant sur leur terre gorgée de lumière.

En réalité, nous approchons très vite de ce qu’Israël a appelé « zone tampon », une zone de bonne terre palestinienne de plusieurs centaines de mètres autrefois cultivée, mais où les Palestiniens ne peuvent pénétrer sans risquer leur vie depuis la seconde intifada. Nous avançons vers les rouleaux de barbelés dentés de concertinas (lames coupantes) qui délimitent la terre interdite, la zone mortelle où ne poussent plus que des plantes et herbes sauvages, délimitée de l’autre côté, plus à l’Est par la « frontière » : un mur de grillage militaire avec une tour de guet semblable à toutes celles de Cisjordanie. Alors que nous avançons vers les barbelés, très vite apparaissent derrière les grillages des silhouettes militaires, portant armes et casques, des véhicules militaires…

Cette fois, ils n’ont pas tiré. Les agriculteurs palestiniens sont heureux. Ce n’était qu’une présence symbolique mais elle est importante pour eux, qui sont si isolés, surtout depuis le blocus. « Ecoutez ce bruit continu! C’est la doucha », cela épuise nos nerfs. Avec les risques de tirs à tout moment, Israël veut détruire notre volonté de résister pour exister ». « Il y avait des arbres avec des agrumes ici, certains avaient 50 ans, on faisait du jus d’oranges, tout cela a été rasé…mais on va replanter , on va recommencer », nous dit un vieil agriculteur en costume et foulard blanc…

« Dites chez vous qu’Israël arrête de tirer sur les agriculteurs . Pourquoi interdire une agriculture durable, écologique, familiale, et faire disparaître ainsi notre héritage socio-culturel ? »

En attendant, ce sont des produits de l’agriculture intensive d’Israël, qui pénètrent dans la Bande de Gaza et qui occupent la niche des produits palestiniens qui ne peuvent plus être vendus à un prix raisonnable, et c’est Israël qui décide depuis le blocus ce que les Palestiniens peuvent se procurer pour manger, nous explique sur place Nabil, ministre de l’agriculture.

Source : https://europalestine.com/2013/01/06/zone-tampon-a-gaza-traduisez-vol-des-terres-les-plus-fertiles/

CAPJPO-EuroPalestine

Source : EuroPalestine
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