Par Ziad Medoukh

Ses principes de la non-violence restent et dominent 
Un hommage à un grand combattant pour la justice

Jean-Marie Muller, le grand militant, l’engagé pour les bonnes causes est décédé. 

Le grand ami de la Palestine et le monde arabe n’est plus. 

Le grand penseur de la non-violence dans le monde est mort 

Le grand humaniste nous a quittés. 

L’engagé au service de la non-violence , ce philosophe et théoricien de la non-violence, et fondateur de MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente) qui a consacré sa vie à la non-violence, et qui a participé à créer de dizaines de structures non-violentes en France et dans le monde, et le formateur de milliers de personnes sur les principes de la non-violence dans les cinq continents sera toujours parmi nous. 

Jean-Marie est parti, avant de voir la Palestine libre et indépendante par une lutte non-violente. 

J’ai eu la chance, le plaisir et l’honneur de rencontrer Jean-Marie pour la première fois en France en 2004, quand j’ai fait une conférence à Orléans sur l’éducation à la paix en Palestine , Martine de Palestine 45 m’ a conduit chez lui dans son village de Chanteau; j’ai trouvé une personne déterminée, un homme de principe, un vrai humaniste; on a échangé sur la situation en Palestine, Gandhi, Martine Luther King , il m’ a offert trois de ses livres sur la non-violence, et Stratégies de l’action non-violente. Il m’ a dit que la non-violence pourrait être une solution face à la violence de l’occupation israélienne, sa phrase célèbre: « La violence n’est jamais la solution, elle est le problème » restera éternelle.  

Je lui ai parlé de notre projet à Gaza de créer un centre de la paix, de la démocratie et de la non-violence, il m’ a dit je t’encourage et tu as tout mon soutien, moi, et tous les amis de la non-violence dans le monde. 

Il a tenu ses promesses, et depuis, il m’a introduit à l’univers de la non-violence en France, en Europe, dans le monde arabe et dans le monde; il me propose pour chaque conférence, colloque, réunion sur le thème de la non-violence en France, en Europe, et dans le monde arabe. Il est venu en Palestine en 2005 pour l’inauguration de notre Centre de la paix à Gaza, et même si il n’ a pas l’autorisation israélienne de se rendre à Gaza, il a donné son intervention par visio-conférence, une intervention appréciée par les universitaires et les jeunes de Gaza. 

Il envoie souvent des livres et des revues sur l’éducation pour la paix et la non-violence , lui et ses associations et structures à notre centre. 

En 2006, 2007 et 2009, il a insisté que je sois avec lui En Jordanie, en Syrie, et au Liban pour ses formations sur la non-violence pour le public arabophone, il me disait souvent, tu arrives à me comprendre Ziad pour traduire mes idées et mes pensées à ce public. 

J’ai appris de Jean-Marie Muller les principes de la non-violence certes, mais surtout la détermination, le courage et la prise d’une position forte même en pleine violence. 

En 2017, il m’ a proposé pour le prix international de la fondation indienne Jammalal Bajaj  sur la promotion des valeurs gandhiennes en dehors de l’Inde, lui, qui a eu ce prix en 2013, et a défendu ma candidature, je luis dis que j’étais reconnaissant toute ma vie.    

En 2019 a écrit la préface de mon livre Etre non violent à Gaza », sorti chez Culture et Paix en France, j’ai demandé à mon éditeur d’envoyer un exemplaire chez lui, il m’ a remercié par un courriel pour me dire combien il est très heureux de voir les jeunes de Gaza pratiquent la lutte non-violente malgré une situation marquée par les conflits et la violence. 

En  décembre2019, quand j’ai été en France, je l’ai appelé , il a reconnu ma voix malgré sa fatigue et sa maladie. 

J’ai essayé toujours d’avoir de ses nouvelles par les amis arabes et français. 

Je ne pourrai jamais oublier son humour quand il discutait avec les gens, et sa générosité, son hospitalité, son grand cœur. 

Tous les mots, et toutes les phrases ne peuvent exprimer ma tristesse de ta disparition Jean-Marie, mais sache que j’ai été très fier de te connaître, et je serai encore fier de raconter notre amitié, nos actions communes et ta solidarité, ton soutien et ton engagement pour la Palestine et les bonnes causes, à tous les amis de Gaza qui n’oublieront jamais tous ceux qui, comme toi, sont des solidaires à leur cause juste.  

Une pensée énorme à ta femme Hélène , tes enfants, ta famille et à tes amis qui sont nombreux partout dans le monde. 

Repose en Paix Jean Marie, la Palestine tu n’oublieras jamais. 

Ton rêve de voir un monde plus juste se réalisera un jour. 

La non-violence en Palestine et dans le monde vaincra. 

Ziad Medoukh 
Universitaire et citoyen palestinien de Gaza
 

Source : auteur

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