Par Serge Grossvak

Je veux ici parler des dimensions politiques qui entourent cette nouvelle phase guerrière. Je suis convaincu qu’un important basculement s’est opéré et qu’ainsi une nouvelle phase est ouverte. Les horreurs de la guerre, ses morts, ses familles entières détruites, les 65 enfants, ni même l’esplanade de la Mosquée Al Aqsa, ni même ce geste terrible des familles s’échangeant des enfants pour que demeure au moins une vie de la lignée, toute cette inhumanité qui me serre le coeur je n’en parlerai pas ici.

Pour prendre la mesure de ce qui a bougé il faut prendre avec attention les mots du Président Américain insuffisamment reportés dans nos médias fortement influencés par les réseaux pro gouvernement israéliens. Visiblement les paroles de Jo Biden viennent en prolongement de celles de Bernie Sanders. Il y a d’abord la proclamation au soir de la signature du cessez le feu où le Président US déclare avoir « téléphoné et convaincu le Premier Ministre Israélien de signer». En diplomatie aucun mot n’est anodin. Ce n’est évidement pas dans la bouche de notre Macron que de tels propos auraient été tenus. Ces mots veulent dire « j’ai imposé à Netanyahou d’arrêter » . Jo Biden ne s’est pas arrêté là. Il a repris la phrase de Bernie Sanders « les Israéliens ont tout aussi droit à la sécurité que les Palestiniens ». Il découle de cette déclaration que les USA retirent à Israel sa direction des opérations. Enfin dernier point de la déclaration US, l’Amérique s’engage à aider à la reconstruction de Gaza. Terrible camouflet pour Netanyahou qui contraint par la pression internationale n’a pu pratiquer sa tuerie avec ampleur avait déclaré d’un ton martial que Gaza allait mettre des décénnies à se remettre des destructions opérées par ses soins. (pour trouver ces éléments il faut s’en remettre aux diffusions de la nuit ayant suivi la signature)

Nous assistons à un camouflet pour Netanyahou, qui doit se dire que le sol se dérobe sous ses pieds. Espérons que ce rusé sanguinaire ne parviendra pas cette fois à rétablir sa nocive puissance. Le principal est que ce bouleversement va au delà de cet haïssable individu.

Le bilan de ce dernier mois est un échec total de la stratégie Israélienne pour effacer l’épisode de l’accord d’Oslo et la « Paix des braves ». Le peuple Israélien dans sa grande majorité avait été emporté dans l’illusion d’une issue par sa domination d’une main de fer. Palestiniens divisés géographiquement et politiquement, pays arabes voisins écrasés ou dominés économiquement, intervention dans l’affrontement Sunnites contre Chiites, Europe mise à la botte et USA partageant toute les turpitudes. Les Palestiniens n’étaient plus un problème pour les Israéliens dont les valeurs humaines ont été sorties des pensées.

Les Palestiniens se sont réunifiés et sont en révolte partout.De nouveaux pays Musulmans affirment leur soutien (alliance Turquie-Pakistan, la Jordanie a retrouvé des mots très critiques)
Le Tribunal International bouge
Les USA ont modifié leur regard et imposent leurs vues à l’intérieur d’Israel plusieurs manifestations conjointes juives et arabes ont eu lieu en plein bombardements, Hôpital, entreprise de Télécom en plus d’un rassemblement public de grande ampleur. La réaction de rupture du camp fascisant (dont Netanyahou fait parti) dont la campagne pour faire chuter à la bourse l’entreprise de Télécom ajouté aux pogroms antiarabes (dont un lynchages) étend une déchirure interne majeur.

De ce mois les Israéliens vont devoir sortir en ouvrant les yeux : ils n’auront pas de sérénité sur le dos des Palestiniens. Comme le déclarait à la Knesset il y a 1 an Ayman Odeh (Député de la liste unie) « les arabes d’Israel ne sont pas le problème mais un élément essentiel de la solution ». Au lendemain du massacre de Sabra et Chatila au Liban une vive émotion s’était levée en Israel. Elle n’était pas parvenue à s’imposer. Cette crise est d’une ampleur supérieure. Une porte ouverte pour une possibilité de paix. Pour tous à présent l’engagement doit de veiller à ne pas se laisser refermer cette petite porte. A moins de n’envisager que la guerre comme issue.

Serge Grossvak

PS : nous savons à présent que la Paix n’avance pas avec lenteur. Comme pour la guerre il y faut de la détermination et de la décision pour surpasser les guerriers. La France pourrait y jouer son rôle, mais certainement pas avec ce Président.

Source : La page FB de l’auteur
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