Par Luc Michel

# LUC MICHEL’S GEOPOLITICAL DAILY/
DE KHERSON A DETROIT, REVOILA LE TEMPS DES REFERENDUMS D’AUTODETERMINATION (IV) : DE LA CRIMEE (MARS 2014) A LA NOVOROSSIYA (SEPTEMBRE 2022)

Le Quotidien géopolitique – Geopolitical Daily/
de LUC MICHEL (ЛЮК МИШЕЛЬ)/
2022 24 09/ Série IV/

Édition spéciale
Partie IV

Selon M. Medvedev, « la transformation géopolitique du monde deviendra irréversible » après « l’intégration de nouveaux territoires » en Russie.

La tension monte en Ukraine: les séparatistes annoncent des référendums dans le Donbass, Kiev promet de « liquider » la « menace » russe.

Les autorités installées par Moscou dans quatre régions d’Ukraine ont annoncé mardi la tenue dans l’urgence du 23 et 27 septembre de « référendums » d’annexion par la Russie, en pleine contre-offensive ukrainienne.

Le chef de la région de Kherson annonce un référendum sur l’adhésion de Kherson à la Russie. La présidence ukrainienne a juré elle de « liquider » la menace russe.

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré dans la journée des diplomates étrangers et des responsables de l’industrie de l’armement, signifiant qu’il garderait son cap.

Les pouvoirs séparatistes des régions de Lougansk et Donetsk ont annoncé ces votes, tout comme les autorités d’occupation russe de Kherson et Zaporijjia (sud). Ces scrutins, prévus dès cette semaine, interviendront alors que l’Ukraine entrera dans son 8e mois de guerre et que toutes ces zones font l’objet de combats.

Les dirigeants de l' »administration politico-militaire » d’occupation des régions de Kherson et Zaporijjia ont en outre indiqué que des « unités de volontaires » seraient formées sous peu pour combattre les forces ukrainiennes.

Ces « référendums », sur le modèle de celui qui a formalisé l’annexion de la péninsule de Crimée (sud) par la Russie en 2014, dénoncée par Kiev et les Occidentaux, font l’objet de préparatifs depuis plusieurs mois.

Le calendrier semble s’être accéléré avec la contre-offensive ukrainienne qui a forcé l’armée russe à la retraite dans le nord-est du pays.

En effet, le parti Russie Unie de M. Poutine visait lui le 4 novembre, jour de l’Unité nationale russe, qui commémore une révolte du XVIIe siècle.

C’est le chef du « Parlement » autoproclamé de Lougansk, Denis Mirochnitchenko qui a annoncé le premier que le scrutin aurait lieu, sur quatre jours à partir de vendredi.

Peu après, l’agence de presse officielle de Donetsk a annoncé un calendrier identique, tout comme les chefs des administrations d’occupation de Kherson et de Zaporijjia, Vladimir Saldo et Evgueni Balitski.

M. Poutine a lui rencontré mardi les industriels de l’armement et des responsables sécuritaires, réclamant « d’accélérer les capacités de production » pour « au plus vite permettre de livrer les armements nécessaires » à l’armée.

Recevant les lettres de créances de nouveaux ambassadeurs, il a insisté sur le bien-fondé de sa politique étrangère « souveraine », avant l’Assemblée générale des Nations unies qui s’ouvre mardi.

Mardi matin, l’ex-président Dmitri Medvedev et actuel numéro deux du Conseil de sécurité russe avait le premier appelé à organiser au plus vite des « référendums » d’annexion, estimant qu’il s’agissait de rétablir « la justice historique », le Kremlin considérant l’Ukraine comme historiquement russe. « Empiéter sur le territoire de la Russie est un crime et s’il est commis, cela vous permet d’utiliser toutes les forces de légitime défense », a-t-il menacé.

Les régimes séparatistes de Donetsk et Lougansk ont été mis en place avec l’aide du Kremlin en 2014. Vladimir Poutine avait reconnu leur indépendance en février, justifiant ainsi son invasion par la nécessité de protéger une population russophone.

L’ex-président russe Medvedev veut l’annexion du Donbass pour renforcer l’offensive en Ukraine: « Empiéter sur le territoire de la Russie est un crime »

L’ex-président russe Dmitri Medvedev a affirmé mardi que l’annexion par référendum des régions séparatistes du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, permettrait à Moscou de renforcer son offensive militaire.

L’EX-PRESIDENT RUSSE MEDVEDEV VEUT L’ANNEXION DU DONBASS POUR RENFORCER L’OFFENSIVE EN UKRAINE: « EMPIETER SUR LE TERRITOIRE DE LA RUSSIE EST UN CRIME »

Les référendums dans le Donbass « sont d’une grande importance non seulement pour la protection systémique des habitants (…), mais aussi pour le rétablissement de la justice historique », a déclaré M. Medvedev sur Telegram. »Empiéter sur le territoire de la Russie est un crime et s’il est commis, cela vous permet d’utiliser toutes les forces de légitime défense », a-t-il ajouté.

M. Medvedev, qui a été président de 2008 à 2012, puis Premier ministre de 2012 à 2020, est actuellement vice-président du puissant Conseil de sécurité russe.

Ces déclarations interviennent alors que les autorités prorusses en Ukraine multiplient les appels à organiser des référendums d’annexion à la Russie, en pleine contre-offensive de l’armée de Kiev qui suscite l’inquiétude des forces d’occupation installées par Moscou. Mardi, l’un des principaux représentants pro-Moscou du Donbass, Denis Pouchiline, a affirmé que les « républiques » séparatistes prorusses de Donetsk et Lougansk « travaillaient activement » depuis lundi soir à l’organisation d’un référendum pour rejoindre la Russie. M. Pouchiline a indiqué vouloir un vote « le plus ouvert possible », sans toutefois « avoir aucun doute » sur l’issue du scrutin.

Le représentant à Moscou de la région séparatiste de Lougansk, Rodion Mirochnike, a confirmé que les deux territoires séparatistes « se coordonnaient » sur l’organisation d’un tel vote. « Je pense que des consultations sérieuses entre les deux (territoires séparatistes) et la Russie vont maintenant être lancées », a-t-il déclaré à la télévision russe.

Ces référendums, sur le modèle de celui qui a formalisé l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014, dénoncée par la communauté internationale, font l’objet de préparatifs depuis plusieurs mois.

Cependant, des responsables de Kherson ont de nouveau appelé mardi les autorités d’occupation à « la tenue immédiate d’un référendum » d’annexion.

18 MARS 2014, LA CRIMEE REDEVIENT RUSSE: LE REFERENDUM ARME DE LA DÉMOCRATIE DIRECTE EN MARCHE

* Du 14 au 16 mars 2014 se déroulent les opérations du référendum d’autodétermination de la Crimée (organisé par la République autonome de Crimée) et les opérations de son monitoring assurée par la Mission internationale de l’ONG EODE de Luc MICHEL.

* EODE a organisé la Mission internationale de monitoring du Référendum d’auto-détermination en CRIMEE et à Sébastopol les 14-17 mars 2014, condition indispensable de sa validité et défi à l’OTAN et à l’OSCE, à qui nous avons damné le pion : « Au moment où il bloquait les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Poutine en faisait venir d’autres via le Eurasian Observatory for Democracy and Elections (EODE), organisation non gouvernementale créée et administrée par (…) Luc Michel, afin de tenter de légitimer le référendum du 16 mars 2014 en Crimée » dit la revue de l’IFRI (Cfr. « Crimée : les contradictions du discours russe », par Jean-Baptiste Jeangène Vilmerin, in POLITIQUE ETRANGERE, 2015/1 (Printemps), éditée par l’IFRI, Paris).

LA MISSION INTERNATIONALE DE MONITORING DU REFERENDUM EN CRIMEE ORGANISEE PAR ‘EODE’

Luc MICHEL est en Crimée ces 14-18 mars 2014, où il dirige une Mission d’EODE.

Fin février 2014, refusant le nouveau gouvernement pro-occidental arrivé au pouvoir à Kiev par le putsch du 21 février, les élus du parlement de Crimée se sont prononcés en faveur du rattachement de la péninsule à la Russie et ont décidé que cette décision serait soumise à référendum parmi la population, majoritairement russophone, de la région. Les électeurs de la péninsule de deux millions d’habitants à majorité russophone, stratégique pour Moscou, ont le choix lors du référendum du 16 février 2014 entre un rattachement à la Russie ou une autonomie nettement renforcée.

CE RÉFÉRENDUM, MÉCANISME ESSENTIEL DE LA DÉMOCRATIE DIRECTE

Ce référendum, mécanisme essentiel de la Démocratie Directe, la seule réellement effective, dérange beaucoup. Aux grandes opérations diplomatiques des occidentaux pour délégitimer ce référendum correspond une campagne médiatique de même nature. Ainsi la presse des USA et de l’UE se répand en articles incendiaires sur le caractère douteux de ce référendum. Notamment écrit Libération (Paris), parce qu’il se ferait « en l’absence d’observateurs internationaux » …

Grossière erreur ! Et désinformation maladroite …

A la demande des autorités de la République autonome de Crimée et du Parlement de Crimée, et en raison de notre non-alignement et de notre expérience, EODE organise en effet une MISSION INTERNATIONALE DE MONITORING DU REFERENDUM ces 14/15/16/17/18 mars 2014.

A noter que invitée l’OSCE a refusé par la voix de son président. De même que le Parlement Européen. Des instructions et même des interdictions de participer à notre mission ont été données dans de nombreux pays de l’UE. Et des pressions honteuses exercées sur des parlementaires – en Suisse, en France et en Irlande notamment – pour les faire renoncer à leur participation.

La mission d’EODE est pluraliste et non-alignée.

Elle est composée de députés de différents niveaux et d’experts, de différentes idéologies, de droite comme de gauche ou ne s’inscrivant pas dans la logique du système occidental, y compris des indépendantistes républicains (intéressés au premier chef par le processus) de Catalogne (Espagne) et de Flandre (Belgique). Il y aura notamment des élus et des experts de Belgique, Espagne, Pologne, Hongrie, Italie, Israël, Allemagne, France, Turquie, Russie, Kyrgistan, Belarus, Autriche, Finlande, Lettonie … Plus de 130 représentants (finalement) de pays étrangers ont observés le déroulement du référendum du 16 mars.

MAYOTTE, UNE ANNEXION COLONIALE FRANCAISE … LORS DE LA DECOLONISATION

« Dans la légalisation de l’annexion de la Crimée à la Russie on voit nettement l’exemple français il y a 40 ans (…) On se rappelle alors le référendum rattachant Mayotte à la France. La France avait annexé Mayotte en violant les normes du droit international, malgré les protestations des Comores, malgré l’ONU et l’Organisation de l’unité africaine »
– Le ministre russe Lavrov

(dans une interview à la chaîne ‘Rossiya 1’, 12 mai 2014).

Nous parlions hier de la Question de Crimée et de son référendum d’auto-détermination de mars 2014. L’actualité nous conduit ce jour à Mayotte, département français depuis 2011 (comme l’était l’Algérie coloniale) arraché aux Comores lors de son indépendance par la force des Armes françaises. Là, comme en Crimée, Paris a refusé un autre référendum, celui de l’indépendance des Comores de 1974. Pour en organiser un autre, en 1976, organisé seulement à Mayotte, aussitôt annexée. Condamné par l’ONU et l’OUA, impuissantes. Ce qui n’empêche pas Paris de condamner la Russie sur la Crimée …

Derrière Mayotte, il y a les « confettis de l’Empire colonial français », qui assurent encore à la France une présence mondiale et une puissance maritime, des bases et une grande capacité de nuisance. Toujours dans l’actualité, dans la même zone géopolitique, Macron en Inde dans un discours arrogant, qui visait directement Pékin,  rappelait ce jour même cette « puissance française dans l’Océan indien » …

GEOPOLITIQUE DE MAYOTTE ET DES « CONFETTIS DE L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS »

« Comment la France a pris possession de Mayotte ? » et « qu’est-ce que vous pensez sur ce genre de référendums organisés par la France dans une petite île de Mayotte loin de l’Europe ? », m’interrogeait en mai 2014 Igor Yazon, commentateur à la Radio LA VOIX DE LA RUSSIE …

Lors de la conférence de presse tenue le 11 mai 2014 à Bakou, le président français François Hollande avait alors  qualifié le référendum dans les régions de Donetsk et de Lougansk (les Républiques auto-proclamées du Donbass, DNR et LNR) de « vraies-fausses consultations, nulles et non avenues ». Auparavant, le président français et ses homologues occidentaux avaient condamné le référendum d’autodétermination de la Crimée qui avait rattaché la péninsule à la Russie.

COMMENT PARIS S’EST EMPAREE DE MAYOTTE ?

Par ailleurs, « dans la légalisation de l’annexion de la Crimée à la Russie on voit nettement l’exemple français il y a 40 ans », avait alors souligné le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dans une interview à la chaîne ‘Rossiya 1’. Le ministre russe se rappelait alors le référendum rattachant Mayotte à la France. La France avait annexé Mayotte en violant les normes du droit international, malgré les protestations des Comores, malgré l’ONU et l’Organisation de l’unité africaine. Je rappelais qu’il fallait se souvenir de cette politique de Paris.

En 1841 le sultan avait vendu Mayotte aux Français moyennant une rente de 5 000 francs …

La France avait établi son protectorat, en effet une colonie, sur cette île d’une superficie de 376 km2 . Ce régime s’était bientôt étendu sur d’autres îles de l’archipel – Grande Comore, Mohéli et Anjouan. Après la Seconde guerre mondiale l’archipel avait obtenu le statut de département d’outre-mer. En août 1972, le Comité spécial de la décolonisation de l’ONU avait inscrit l’archipel des Comores à sa liste « des territoires devant accéder à l’autodétermination ». Le référendum a eu lieu en 1974. Plus de 90 % des habitants de l’archipel ont voté pour son indépendance, mais les Français n’ont pas reconnu les résultats sous prétexte que la majorité des habitants de Mayotte avaient voté contre. Néanmoins, les Comores sont devenues indépendantes et ont été admises à l’ONU. En 1976 la France a organisé un second référendum de Mayotte : les Mahorais ont voté « pour le maintien de leur île au sein de la République française ». L’Assemblé générale des Nations Unies a considéré ce référendum «comme nul et non avenu » et a condamné la présence française à Mayotte.

LES RAISONS GEOPOLITIQUES ET GEOSTRATEGIQUES DU RAPT DE MAYOTTE

Les Comores, île située dans l’archipel des Comores, lui-même localisé dans le canal du Mozambique entre le Madagascar et le continent africain. Une position stratégique. La France avait l’intention implanter une base militaire navale sur cette île stratégique située au cœur des voies maritimes dans le canal du Mozambique. Ce projet n’a pas vu le jour, mais a été compensé par l’implantation d’une station d’écoute du Réseau satellitaire français d’espionnage des communications (réseau dit « Frenchelon »).

A la suite du troisième référendum en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Mayotte est devenue le 101e département français. Depuis 2014, le régime européen s’étend à Mayotte, cela veut dire qu’il faut avoir un visa Schengen pour y aller. « Malgré de nombreuses résolutions de l’ONU qui ont condamné cette approche, Mayotte est un département de la République française à part entière », avait indiqué en mai 2014 le ministre Lavrov dans un entretien avec son collègue américain John Kerry. Et cela – sans aucune sanction commerciale ni politique. « Qu’est-ce que vous pensez sur ce genre de référendums organisés par la France dans une petite île de Mayotte loin de l’Europe ? »

LE DOUBLE LANGAGE OCCIDENTAL DE MAYOTTE A LA CRIMEE.

Dans cette entretien avec « Radio Moscou », et dans une vaste perspective, j’analyse le cas de Mayotte et ses analogies avec celui de la Crimée. Je dénonce le double langage de Paris et des dirigeants de l’UE sur le dossier de la Crimée .. J’évoque aussi l’hypocrisie de Londres sur le même dossier, qui a, elle, annexé les Malouines (Malvinas pour les Argentins et Falklands pour les britanniques) au détriment de Buenos-Aires. Et j’annonce la crise de Catalogne et les raisons de la peur des dirigeants de l’UE envers le Référendum, mécanisme de base de la Démocratie Directe …

LA QUESTION DE CRIMEE : AU COEUR DE LA NOUVELLE GUERRE FROIDE 2.0 ET DE LA REMISE EN CAUSE PAR LA RUSSIE DU ‘NOUVEL ORDRE MONDIAL’

« La Crimée était restée dans le coeur des Russes une partie intégrante de la Russie »

– Vladimir POUTINE (mars 2014).

« C’est tout l’Ordre post-soviétique en Eurasie depuis l’implosion de l’URSS – la « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle » a dit Poutine – et la destruction de la Yougoslavie par les Occidentaux qui est remis en question. Depuis cette défaite immense de la « Russie géopolitique » – ce qu’était aussi l’URSS – la Russie a sans cesse reculé. C’est terminé. La Russie est de retour ! »

– Luc MICHEL (mars 2014).

Voici la Question de Crimée qui resurgit, une fois de plus, avec la dernière interview de Vladimir Poutine ! Et ce 18 mars 2018, jour la Présidentielle russe, il y aura quatre ans que la Crimée est redevenue russe ;

Dossier central de la nouvelle Guerre froide 2.0, puisqu’il a été le point de départ concret (après le discours de Poutine à la Conférence de Munich sur la Sécurité de 2008) de la remise en cause par la Russie du « Nouvel Ordre Mondial », érigé par Bush I sur les ruines de l’URSS et de la Seconde Yougoslavie (celle de Tito).

Dossier que je connais bien puisque j’en ai été un des acteurs, en organisant avec EODE le monitoring du Référendum d’auto-détermination de la Crimée et de Sébastopol en mars 2014, mettant en échec à la fois l’UE, l’OSCE et l’OTAN …

QUE DIT VLADIMIR POUTINE :
« LA CRIMEE NE SERA JAMAIS RENDUE A L’UKRAINE »

Le président russe Vladimir Poutine a écarté toute perspective de retour de la péninsule de Crimée à l’Ukraine, dont l’annexion et le retour à la « Rodina » en mars 2014 est à l’origine d’une série de sanctions occidentales contre la Russie.

A une semaine du scrutin du 18 mars, qui devrait assurer à Vladimir Poutine un quatrième mandat le portant au pouvoir jusqu’en 2024, la chaîne de télévision ‘Rossiïa-1’ a diffusé ce dimanche sur les réseaux sociaux russes ‘Vkontakte’ et ‘Odnoklassniki’ un film d’environ deux heures dédié au président.

A la question si « la Russie serait un jour obligée de rendre la Crimée à l’Ukraine », Vladimir Poutine a répondu sèchement: « Non mais vous avez perdu la tête? Des circonstances de ce genre n’existent pas et n’existeront jamais (…) On essaie toujours de dire à la Russie quelle est sa place, mais cette place ne nous convient pas ».

Dans ce documentaire intitulé « POUTINE », le journaliste russe Andreï Kondrachov, qui dirige son équipe de campagne électorale, l’interroge sur un large éventail de sujets, allant de la Syrie à sa vie personnelle. « Savez-vous pardonner ? », demande-t-il ainsi à Vladimir Poutine. « Oui, répond le président russe, avant d’ajouter, sauf la trahison ».

Le documentaire fait également intervenir des proches et alliés du président, comme son ami d’enfance le violoniste Sergueï Roldouguine ou l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, qui multiplient les éloges. « Pour parler franchement, je ne saurais dire une seule erreur qu’il aurait commise », a ainsi assuré le patron du géant pétrolier ‘Rosneft’ Igor Setchine. « Il prend toujours les responsabilités », a de son côté salué le directeur des services de sécurité russes (FSB), Alexandre Bortnkikov.

Crédité d’environ 70% des intentions de vote selon les derniers sondages, Vladimir Poutine a refusé de participer aux débats télévisés, se passant de meetings électoraux à l’exception d’une manifestation de soutien le 3 mars, à laquelle il s’est adressé à la foule pendant moins de trois minutes. Il reste pourtant omniprésent à la télévision publique, qui couvre la quasi totalité de ses déplacements et lui a déjà consacré plusieurs documentaires. Le retour de la Crmée à la mère patrie russe lui a valu une immense soutien du peuple russe. Et les opinions contraires, comme celle de l’opposante Xenia Sobchak (fille-à-papa de l’ancien maire de Saint-Petersbourg et figure de la Jest-set) qui a dénoncé l’annexion et soutenu le point de vue de la junte de Kiev sur l’ukrainité de la Crimée (4), ont déconsidéré ces opposants.

LA CRIMEE, UNE RÉVOLUTION GEOPOLITIQUE

La Crimée est une révolution géopolitique !

Le cas de la Crimée est une étape essentielle vers un nouveau monde multipolaire. Cela signifie l’extinction de l’ancien monde unipolaire, le « Nouvel Ordre Mondial » de Georges Bush I (père) en 1991. Beaucoup d’analystes l’oublient. Comme je l’analysais immédiatement après le référendum, en mars 2014, le cas de la Crimée était déjà classé. Pour la Russie, la Crimée est un pivot de défense géostratégique, depuis Catherine La Grande. Il était impossible de la laisser aller. Et certainement pas à l’OTAN, avec son vieux projet d’une base américaine à Sébastopol.

C’est la clé de l’accès à la Méditerranée pour la Flotte russe. Et c’est un axe géopolitique pour la Russie lié à la Base de Tartous, à côté de Lattaquié en Syrie. Les deux sont essentiels à la puissance russe et à sa sécurité dans la Mer Noire et en Méditerranée.

Pour les USA, mais aussi pour ses satellites de l’UE, mais avec un point de vue différent, la Crimée de retour en Russie est un énorme challenge pour le Bloc Atlantique. C’est tout l’Ordre post-soviétique en Eurasie depuis l’effondrement de l’URSS – la «plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle», a déclaré Poutine – et la destruction de la Yougoslavie par l’Occident qui sont contestés. Depuis cette énorme défaite de la « Russie géopolitique » – ce qu’était aussi l’URSS – la Russie a décliné de façon constante. C’était fini après le Référendum de Sébastopol et de Crimée et de l’adhésion à la Fédération de Russie. La Russie était de retour!

LE REFERENDUM DE CRIMEE :
UN MAUVAIS EXEMPLE POUR LA SOI-DISANT « DEMOCRATIE » DE L’UE

Pour l’Union européenne aussi, le référendum de Crimée, qui est aussi une forme de Démocratie directe et d’auto-détermination du peuple, est un danger et un mauvais exemple par lui-même !

A l’intérieur de l’UE, il y a beaucoup de peuples appelant à cette sorte d’auto-détermination: les Flamands en Belgique, mais aussi une partie de la communauté française de Belgique qui veut retourner à la République française – les Catalans (au centre de l’actualité depuis l’été 2017), les Galiciens et les Basques en Espagne – les Ecossais en Grande-Bretagne – les Vénitiens et les Padaniens (Italie du Nord, Lombardie), mais aussi les Siciliens … Ici nous étudions seulement les partis autonomistes importants ou les partis indépendantistes. En Belgique, c’est un enjeu majeur caché tant pour l’UE que l’OTAN, avec leurs sièges installés à Bruxelles.

Dans cette optique, la Russie et la Crimée ont donné un mauvais exemple pour les peuples de l’UE. C’était aussi un signal fort de par la forte représentation des partis autonomistes (flamand, padanien, catalan, galicien) dans les observateurs de notre « Mission Internationale de monitoring » en Crimée de mars 2014. On se souviendra de la position pro-catalane de Poutine.

LA MENACE DE L’OTAN SUR LA CRIMEE

Il y a beaucoup de gesticulations, à la fois diplomatiques et militaires, dans la déclaration et les soi-disant plans de l’OTAN et des USA contre la Russie. À l’été 2014, la Junte de Kiev a publié des plans, avec des cartes agressives, montrant une attaque de la Crimée, mais aussi du Kouban par l’armée ukrainienne, avec le soutien des marines de l’OTAN. C’était avant la défaite stratégique de l’armée de Kiev au Donbass … Mais personne dans l’OTAN n’est prêt à payer le prix de ce genre de guerre, ce qui peut impliquer un conflit nucléaire et une troisième guerre mondiale. Seule la Junte de Kiev, avec son équipe de politiciens aventuriers d’extrême-droite et de faible niveau peut rêver de ce genre d’agression militaire.

La militarisation de la mer Noire, en violation des accords internationaux (Convention de Montreux) avec la complicité d’Ankara (membre clé de l’OTAN), par les marines et armées de l’OTAN est plus dangereuse. Parce qu’un risque existe là d’une escalade militaire, en commençant par un seul incident (comme dans la crise des missiles de 1962 à Cuba).

La réponse de Moscou, avec l’installation de systèmes anti-missiles de la nouvelle génération (S400, Iskander et la génération suivante) et des armes nucléaires mobiles (Topols), est la bonne réponse à l’OTAN, lui indiquant de ne pas passer la ligne rouge. Et c’est aussi assurer la flotte russe de Sébastopol d’une capacité impressionnante de représailles.

LA CRIMEE SERA-T-ELLE UN JOUR RECONNUE PAR L’OCCIDENT?
DANS QUELLES CIRCONSTANCES?

Dans le temps immédiat, une reconnaissance n’est pas possible. L’OTAN la rend impossible pour l’UE. Et c’est Washington et non Bruxelles – ou Berlin – qui a la décision finale. Mais l’Histoire n’est jamais écrite quelque part. En d’autres temps, la reconnaissance officielle de la Crimée (car elle l’est déjà de facto) comme une partie de la Fédération de Russie pourrait faire partie d’un accord plus général. Par exemple de la question ukrainienne. L’Ukraine est un Etat militarisé, facsisé, en faillite et tout y est possible …

EODE est un Think-Tank (spécialisé dans les analyses géopolitiques et idéologiques) et une Ong présente en UE, CIS, Afrique, qui pratique un « monitoring non-aligné », non liée aux organisations occidentales et opposée à l’idéologie occidentale, avec une expérience de près de 10 ans dans toute l’Europe de l’Est. EODE est aussi spécialisées dans les « républiques auto-proclamées » (Abkhazie, Transdniestrie, Nagorny-Karabagh), où elle a effectué missions et audit, notamment pour le Référendum de 2006 en Pridnestrovie (Transdniestrie ou PMR). EODE procède de façon professionnelle (nous travaillons suivant les standards et protocoles de l’OSCE) et son travail vise à soutenir la démocratie en action …

Cette mission difficile, dans des délais dignes de « Mission impossible », sous la pression de tout le système politico-médiatique occidental, nous l’avons menée avec succès et efficacité. Ce que nous concèdent les médias de l’OTAN. Certains parlent, analysent, jouent aux journalistes, toujours après l’événement, sans influence sur le réel. Ceux là écrivent. Nous nous agissons. Avec le vieux Marx, je pense que les idées n’ont de sens que si elles servent à changer le monde, à le faire bouger. Avec le Peuple de Crimée, ce dimanche du 16 mars 2014 nous avons fait l’Histoire …

Ce qui m’a valu une vaste campagne de diabolisation, le « Michelbashing », révélateur de la fureur de l’OTAN ! Mon crime : avoir pris une part déterminante dans la validation du Référendum en Crimée en amenant les Observateurs internationaux indispensables à la validation du processus (130 observateurs, dont 120 députés, venus de 23 pays !). Et avoir ainsi damné le pion à la puissante OSCE !

Suite à la Mission internationale de Monitoring pour le Référendum d’auto-détermination de la République de Crimée par l’Ong EODE, j’ai été sous les feux d’une campagne internationale (plus de 1.500 articles violemment diffamatoires dans 17 pays !!!). Au cœur de cette campagne en Belgique, le quotidien flamand DE MORGEN, nid d’anciens trotskystes recyclés dans le journalisme subsidié au service de l’impérialisme américain, de l’OTAN et de la Russophobie galopante. Utilisant la fausse biographie de Luc MICHEL diffusée par Wikipedia – autre officine barbouzarde –, le quotidien de l’OTAN me qualifiait d’ « extrémiste de droite » (sic), mais aussi « d’agent des services spéciaux russes ». Tout cela évidemment sans preuves ni documents …

Autre comparses du MORGEN : les antifascistes alimentaires du régime belgicain de l’officine ‘RESISTANCES’, dont le porte-parole Abramowicz, qui a fait carrière dans un ‘Centre pour l’égalité des chances’ dépendant des services du Premier Ministre belge et est aussi un ancien trotskyste, est au cœur du « Luc Michel bashing » des médias de l’OTAN. En Belgique ou en Tchéquie notamment. Après s’être tu depuis les débuts du ‘Maidan 2014’ sur les néonazis de Svoboda et Praviy Sektor ou la chasse aux juifs en Ukraine orangiste …

REVOLUTION GEOPOLITIQUE. LES ONZE JOURS QUI ONT CHANGE L’ORDRE POST-SOVIETIQUE : LA CRIMEE EST RUSSE !

Hier un de ces experts occidentaux qui souvent brassent du vent expliquait fort doctement « qu’en raison des usages internationaux (sic) le dossier criméen prendrait maintenant des mois, voire des années de procédure » … Cà (comme dirait la publicité) c’était avant Poutine !

Depuis la décision de fixer le référendum d’auto-détermination de la Crimée au 16 mars 2014, prise le 8 mars dernier, onze jours ont suffit !

LA CRIMEE EST RUSSE MALGRE LES OCCIDENTAUX

Le président russe a signé dès ce mardi un traité sur le rattachement de la Crimée à la Russie, lors d’une cérémonie au Kremlin. Cette signature a eu lieu après un discours du président, marqué par des élans de patriotisme et un ton très anti-occidental, devant le Parlement, les gouverneurs russes et le gouvernement. L’hymne russe a retenti immédiatement après la signature, dans la salle d’apparat où se tenait la cérémonie.

« La République de Crimée est considérée comme rattachée à la Fédération de Russie à compter de la date de signature de l’accord », a indiqué peu après le Kremlin dans un communiqué. Ce document est immédiatement entré en vigueur, les parlementaires russes devront simplement encore ratifier une loi incluant dans la Fédération de Russie deux nouveaux sujets, la Crimée et la ville de Sébastopol qui y jouit d’un statut à part. La ratification, une simple formalité donc, devrait intervenir d’ici la fin de la semaine, a indiqué la présidente de la chambre haute Valentina Matvienko. « Nous sommes prêts à le faire sans tarder (…). je suppose qu’il est possible d’accomplir toutes ces procédures juridiques d’ici la fin de la semaine », a-t-elle déclaré, citée par l’agence Ria Novosti.

La Crimée était restée dans le coeur des Russes « une partie intégrante de la Russie », a déclaré dans son discours le président russe après un survol de l’histoire de la péninsule dont son transfert à la république soviétique de Crimée en 1954 par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev.

S’exprimant deux jours après le référendum dans la péninsule du sud de l’Ukraine qui a plébiscité un rattachement à la Russie, il a affirmé que « Les Occidentaux ont franchi la ligne rouge et se sont comportés de manière « irresponsable » dans la crise ukrainienne », en se livrant à une dénonciation en règle des Occidentaux, accusés de faire preuve de « cynisme », d’agir selon « le droit du plus fort » et « d’ignorer le droit international ».

LA RUSSIE EST DE RETOUR

Comme je l’analysais, hier, le Dossier criméen était déjà plié. C’est tout l’Ordre post-soviétique en Eurasie depuis l’implosion de l’URSS – la « plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle » a dit Poutine – et la destruction de la Yougoslavie par les Occidentaux qui est remis en question. Depuis cette défaite immense de la « Russie géopolitique » – ce qu’était aussi l’URSS – la Russie a sans cesse reculé. C’est terminé. La Russie est de retour !

AGIR AU CŒUR DE L’HISTOIRE

Avec mes réseaux transnationaux, mobilisés pour la Mission internationale de monitoring du référendum en Crimée de l’Ong EODE que j’administre, nous avons pris une part décisive à l’organisation et la validation de ce référendum. Car une des conditions de celle-ci est précisément la présence d’observateurs internationaux. Notre petite Ong, qui repose sur des professionnels, mais mobilisés sans aucune motivation lucrative pour faire avancer la cause de la démocratie réelle et du droit des peuples, a donc damné le pion à la puissante OSCE et au Conseil de l’Europe. Dont le refus de venir visait à délégitimer le référendum …

Cette mission difficile, dans des délais dignes de « Mission impossible », sous la pression de tout le système politico-médiatique occidental, nous l’avons menée avec succès et efficacité. Ce que nous concèdent les médias de l’OTAN.

Certains parlent, analysent, jouent aux journalistes, toujours après l’événement, sans influence sur le réel. Ceux là écrivent. Nous nous agissons. Avec le vieux Marx, je pense que les idées n’ont de sens que si elles servent à changer le monde, à le faire bouger.

Avec le Peuple de Crimée, ce dimanche nous avons fait l’Histoire …

GUERRE EN UKRAINE: L’OTAN DENONCE « UNE NOUVELLE ESCALADE » APRES DES « REFERENDUMS » D’ANNEXION A LA RUSSIE ANNONCES DANS LES REGIONS SEPARATISTES

Les autorités installées par Moscou dans quatre régions d’Ukraine ont annoncé mardi la tenue dans l’urgence du 23 au 27 septembre de « référendums » d’annexion par la Russie, en pleine contre-offensive ukrainienne.

La présidence ukrainienne a juré elle de « liquider » la menace russe.

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré dans la journée des diplomates étrangers et des responsables de l’industrie de l’armement, signifiant qu’il garderait son cap.

Des commentatrices ont elles évoqué le spectre d’une guerre nucléaire si la Russie annexait ces territoires et si le Kremlin considérait alors que la guerre avait lieu sur son sol.

Les pouvoirs séparatistes des régions de Lougansk et Donetsk ont annoncé ces votes, tout comme les autorités d’occupation russe de Kherson et Zaporijjia (sud). Ces scrutins, prévus dès cette semaine, interviendront alors que l’Ukraine entrera dans son 8e mois de guerre.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a jugé que « ces référendums fictifs ne sont pas acceptables » tandis que l’Otan a dénoncé une « nouvelle escalade » russe.

Les Etats-Unis ont dénoncé des « simulacres » électoraux.

Le président français Emmanuel Macron a lui fustigé devant l’Assemblée générale des Nations unies « un retour à l’âge des impérialismes et des colonies », peu après avoir qualifié les scrutins annoncés de « parodie ».

La ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, a également réagi. « Les soi-disant « référendums » ne trompent personne. Ils s’inscrivent dans un schéma visant à renforcer l’agression et l’occupation illégale par la Russie. Le scénario est connu d’avance. Nous continuerons de soutenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a-t-elle fait savoir via Twitter.

Des préparatifs depuis plusieurs mois

Ces votes, sur le modèle de celui qui a formalisé l’annexion de la péninsule de Crimée (sud) par la Russie en 2014, dénoncée par Kiev et les Occidentaux, font l’objet de préparatifs depuis plusieurs mois.

Le calendrier semble s’être accéléré avec la contre-offensive ukrainienne qui a forcé l’armée russe à la retraite dans le nord-est du pays. Des responsables russes évoquaient jusqu’alors la date du 4 novembre, jour de l’unité nationale russe.

Les dirigeants séparatistes de Lougansk ont annoncé les premiers que le scrutin aurait lieu cette semaine, sur quatre jours à partir de vendredi.

Ils ont été suivis du dirigeant séparatiste de Donetsk et des chefs de l’occupation de Kherson et de Zaporijjia. Tous ont demandé à M. Poutine de reconnaître les résultats du vote.

Photo :
Luc Michel à Yalta, en Crimée, en août 2014

Luc MICHEL (Люк МИШЕЛЬ)

* Avec le Géopoliticien de l’Axe Eurasie-Afrique :
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