32 organisations latino-américaines solidaires du socialisme bolivarien : « au Venezuela, personne ne s’est rendu »

brigada fidel castro - 1

« Au cours de ces 11 jours passés au Venezuela, nous avons étudié, arpenté les rues, discuté avec les gens et cherché à comprendre la réalité d’un point de vue plus direct et concret. Nous nous sommes penchés sur le féminisme populaire et communard, sur l’histoire de la Révolution et son actualité ; Nous avons appris à connaître les autogouvernements communards, leur économie, l’histoire et les processus d’organisation au cœur de la révolution et à travers ceux qui la construisent au quotidien » expliquent les membres de la Brigade internationaliste de la jeunesse organisée par Alba Movimientos, qui a réuni 30 militant.e.s d’organisations populaires venu.e.s de neuf pays d’Amérique latine et de 32 organisations populaires, dont le Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre (MST) du Brésil.

À l’issue de cette visite de 11 jours, ces mouvements ont annoncé plusieurs engagements dans un communiqué :

« Nous sommes les enfants de Guevara

Les enfants de Chávez et de Fidel

Luttant pour la patrie libérée

Unis, nous combattons jusqu’à la victoire

Car Chávez n’est pas parti

Ici, personne ne s’est rendu

Grande patrie pour la libération

Voici la jeunesse

Combattant le capital

Nous allons libérer Maduro et Cilia

Nous sommes la Brigade internationaliste de la jeunesse Fidel Castro, d’ALBA Movimientos, regroupant 30 jeunes issus de 9 pays d’Amérique latine, qui avons passé 11 jours à Caracas, à l’École nationale Robinsoniana, dans le cadre d’un programme d’étude, de formation et de solidarité. Nous sommes des jeunes venus du Panama, du Brésil, du Mexique, du Honduras, du Salvador, du Chili, de Colombie, du Guatemala, d’Argentine et du Venezuela. Nous faisons partie de 32 organisations différentes : mouvements urbains, paysans, syndicats, mouvements de jeunesse et étudiants, mouvements de femmes et partis politiques. Et c’est avec beaucoup de fierté que nous avons donné à notre brigade le nom du commandant de la Révolution cubaine.

Il y a plus de 20 ans, une accolade entre Fidel Castro et Hugo Chávez a marqué le début d’une histoire d’unité entre les peuples d’Amérique latine et des Caraïbes. Aujourd’hui, à l’occasion du centenaire de Fidel Castro, face à une conjoncture qui se révèle de plus en plus agressive et vorace envers nos pays, il est nécessaire de maintenir cette histoire vivante afin de réfléchir à l’union contre les ennemis communs de notre continent : l’impérialisme et ses modes d’action.

Le fait d’être la jeunesse de l’année du centenaire de Fidel et de l’année du bicentenaire du Congrès amphictyonique de Panama nous confère une responsabilité et une mission historiques. Renouer avec notre histoire, l’histoire de la résistance de notre région, de nos organisations et de nos dirigeants, nous donne de la force et, surtout, nous ouvre un horizon possible : le socialisme.

Dans notre continent, nous assistons à la montée en puissance des gouvernements d’extrême droite, avec Kast au Chili, Milei en Argentine, Espriella en Colombie, Rodrigo Paz en Bolivie, Fujimori au Pérou, Daniel Noboa en Équateur et Bukele au Salvador. Au Brésil, Jair Bolsonaro, bien qu’incarcéré, continue de mobiliser sa base en sa faveur, ce qui fait que les élections qui auront lieu dans les prochains mois seront décisives pour notre continent. Maintenir Lula au gouvernement, aux côtés de Claudia Sheinbaum au Mexique, revêt une importance capitale pour nos luttes et le rapport de forces.

Le déclin de l’empire n’est pas sans conséquences. L’intensification de la violence, due à la militarisation croissante de nos pays, une violence qui prend pour cibles les corps noirs, les corps des femmes et ceux des jeunes. Le pillage de nos ressources naturelles se poursuit, et constitue l’un des principaux moteurs de l’arrivée accélérée des gouvernements d’extrême droite.

La course à la technologie à laquelle nous assistons actuellement, conjuguée à la crise énergétique due aux guerres et aux conflits dans d’autres régions, fait de notre continent une cible privilégiée pour l’empire. Ainsi, celui-ci cherche à renouer avec son histoire et à réorganiser ses plans, comme ce fut le cas avec la doctrine Monroe.

Les projets colonisateurs se poursuivent, notamment dans la région des Caraïbes, comme c’est le cas à Puerto Rico, sans compter le maintien d’une crise permanente en Haïti, fruit d’années d’exploitation, de pillage et d’ingérences militaires.

Au Venezuela, qui est l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde, ils ont passé des années à tenter de renverser la Révolution bolivarienne par des coups d’État, des blocus et des tentatives de provoquer des crises politiques, ainsi qu’en remettant en cause le résultat des élections. N’ayant pas réussi à la renverser, ils ont alors décidé que le moment était venu d’attaquer. C’est ainsi que, le 3 janvier 2026, ils ont envahi le pays, équipés de leurs armes les plus performantes et les plus modernes, ont abattu 47 combattants vénézuéliens et 32 combattants cubains, menaçant le pays d’un massacre général, semant la panique et la douleur parmi la population, puis ont enlevé le président constitutionnel de la République bolivarienne, Nicolás Maduro, et la Cília Flores, députée à l’Assemblée nationale. Enlever ces deux personnes revient à vouloir enlever tout un pays et notre continent.

À Cuba, après 60 ans d’un blocus économique et énergétique criminel, le courageux peuple cubain, qui a toujours vécu en connaissant les difficultés imposées par l’impérialisme, se trouve aujourd’hui confronté à une situation de plus en plus difficile et contraignante, au plus fort du blocus et de la pénurie de matières premières et de produits sur l’île. Ils cherchent à briser Cuba en silence et de l’intérieur, menacent Raúl Castro, leader historique de la Révolution cubaine, et visent à semer la panique au sein de la population.

La région de l’Amérique latine et des Caraïbes, en plus d’être riche en ressources naturelles qui font briller les yeux de l’empire, est également une région de luttes historiques, de révolutions et d’un peuple qui résiste jusqu’au bout. Autrement dit, un peuple qui menace l’hégémonie mondiale actuelle. Cette histoire de lutte, que les impérialistes tentent d’effacer, fait partie de leur projet politique de domination de notre région, mais ils sous-estiment la puissance de la résistance d’un peuple qui sait pourquoi il se bat et qui sait également en quel projet politique il croit.

Nos vies restent marquées par le néolibéralisme sur tout le continent, où les modes de vie individualistes sont considérés comme la solution aux problèmes collectifs. Là où règnent l’individualisme et la prédation, le maintien du contrôle, le fait d’avoir des révolutions comme voisines constitue une menace sans précédent pour les cannibales.

C’est dans ce contexte de violence, d’agressions constantes et de tentatives de déstabilisation que nous avons découvert la Révolution bolivarienne. Au cours de ces 11 jours passés à Caracas, nous avons étudié, arpenté les rues, discuté avec les gens et cherché à comprendre la réalité d’un point de vue plus naturel et concret. Nous nous sommes penchés sur le féminisme populaire et communard, sur l’histoire de la Révolution et son actualité, nous avons découvert l’histoire d’ALBA Movimientos, et comment cette histoire témoigne de la lutte et de la résistance dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes. Nous avons découvert les autogouvernements populaires des communes, leur économie, l’histoire et les processus d’organisation au cœur de la révolution et à travers ceux qui la construisent au quotidien.

Nous avons été accueillis par la députée Tânia Diaz, par le PSUV (principal parti chaviste, NdT) , par l’Institut Simón Bolívar, par la ministre de la Jeunesse, ainsi que par la jeunesse du parti. Nous avons écouté les représentants des institutions, nous avons compris les projets politiques en cours, l’attention et le soutien apportés à la population et, surtout, à la jeunesse de ce pays.

Nous avons visité le cimetière et rendu hommage aux combattants cubains et vénézuéliens tombés le 3 janvier. Nous avons discuté avec les personnes touchées, écouté leurs récits, ressenti leurs souffrances. Nous avons planté des arbres avec le Parti vert en signe de renaissance, de culture et de renouveau.

Nous avons parcouru les communes d’El Panal, du 5 mars et du circuit communal Ezequiel Zamorra. Nous avons écouté et avons été émus par les récits du peuple vénézuélien sur le commandant Chávez et le président Maduro. Des récits de constructions collectives, des progrès réalisés au fil des ans grâce au renforcement du pouvoir populaire, ainsi que des récits liés à l’attentat du 3 janvier. Nous avons entendu le peuple réclamer le retour de son président et de la députée Cilia Flores, sa compagne.

Nous nous sommes rendus à La Guaira, l’État le plus touché par les tremblements de terre du 24 juin 2026. Nous avons marché au milieu des décombres, nous avons vu des images qui resteront à jamais gravées dans nos mémoires ; tant la douleur était grande. Mais nous avons également constaté un niveau de solidarité, d’action et de travail en commun que nous n’avions jamais vu auparavant, tant de la part de la population que du gouvernement. Nous avons compris la force d’un projet politique ancré dans la société qui transforme les relations humaines.

Nous avons passé trois jours dans des campements provisoires de transition dans le district de la capitale ; il s’agit notamment du campement provisoire de transition Luis Hurtado Higuera, à El Junquito ; du campement provisoire de transition Narciso Gonell, à Cátia La Mar ; ainsi que du campement provisoire pour personnes âgées et du centre d’aide sociale intégrale, dans l’État de La Guaira. Nous avons travaillé et aidé la population, nous avons travaillé dans les cuisines, discuté avec les gens, joué avec les enfants. Nous avons pu ressentir et comprendre le fondement matériel et le caractère concret d’un projet de gouvernement dont la force réside avant tout dans le renforcement des territoires et des populations qui y vivent. Nous comprenons mieux les tentatives de gestion impérialiste dans les refuges et les camps par le biais des ONG, et nous condamnons ces actes. La souveraineté populaire reste vivante, même en cette période de grande souffrance, et nous en sommes les témoins.

Nous avons apporté dans nos valises des médicaments ; nous avons reçu des stocks d’antibiotiques, de corticoïdes, d’analgésiques, du matériel médical, des kits d’hygiène personnelle pour les femmes, du lait en poudre pour les enfants, des couches pour adultes et enfants ainsi que des kits d’urgence, collectés dans nos pays respectifs, que nous avons acheminés vers les centres d’hébergement temporaires.

Alors que l’Empire états-unien recourt à ses vieilles méthodes et stratégies, nous affirmons que nous ne laisserons pas l’histoire se répéter. Ce n’est pas l’histoire des coups d’État, des pillages, des attaques et des massacres ; c’est l’histoire de la dégradation de nos pays, de la volonté d’épuiser nos forces, nos vies, notre économie et notre société.

La seule histoire que nous laisserons se répéter est celle des révolutions, des luttes, des guérillas, des brigades de solidarité et celle de l’unité entre les peuples.

– Nous renforçerons les liens de solidarité entre nos organisations et la Révolution bolivarienne, ainsi qu’avec les partis et organisations qui composent la section vénézuélienne de l’ALBA, et avec la jeunesse du pays ;

– Nous renforçons notre engagement à faire connaître la réalité du peuple vénézuélien et à lutter contre le discours hégémonique qui vise à affaiblir la Révolution bolivarienne ;

– Nous renforçerons l’unité entre les révolutions cubaine et vénézuélienne, ainsi que notre solidarité sans réserve envers les révolutions et nos phares socialistes ;

– Nous renforçerons nos campagnes permanentes de solidarité envers Haïti et la Palestine ;

– Nous avons réaffirmé la charte de l’ALBA, adoptée lors de la IVe Assemblée continentale en 2026 à Cuba, ainsi que le débat politique actualisé, les axes de travail et les tâches assignées à nos organisations et à la jeunesse de l’ALBA ;

– Nous réaffirmons notre engagement en faveur du renouvellement des effectifs au sein de nos organisations, grâce à la formation continue de notre jeunesse ;

– Nous réaffirmons la nécessité d’une unité continentale anti-impérialiste, avec le socialisme comme objectif commun, seule voie possible pour résister et combattre l’impérialisme en déclin.

Nous continuerons à porter haut l’héritage de Chávez et de Fidel. Et grâce à l’étreinte qui nous a réunis, nous continuerons à faire avancer la solidarité par des actions concrètes.

Nous continuerons à assumer notre responsabilité et notre solidarité envers les peuples du monde et la construction du socialisme, jusqu’à ce que tout notre continent soit rouge. Ici, au Venezuela, personne ne s’est rendu et Chávez reste vivant dans les rues, sur les murs et dans les cœurs.

Signataires : 32 organisations populaires de neuf pays d’Amérique Latine.

Movimiento Estudiantil Liberación – Corriente Nuestra Patria, Argentine

Mouvement Evita,

OLP Resistir y Luchar,

Syndicat des Canillitas,

NODAL, Argentine

Nuestramerica Mouvement populaire,

Mouvement des Travailleurs Ruraux sans Terre (MST), Brésil

MODATIMA Wallmapu, Chili

Congrès des peuples – Plateforme étudiante APELEAR,

Force étudiante salvadorienne (FES),

Front Farabundo Martí pour la libération nationale (FMLN),

Comité de reconstruction et de développement économique et social des communautés de Suchitoto (CRC), El Salvador

Bloc de résistance et de rébellion populaire,

Centre d’études Schafik Handal, El Salvador

Comité d’unité paysanne (CUC), Guatemala,

Femmes socialistes du Honduras, Bases unies,

Mouvement étudiant révolutionnaire – Lorenzo Zelaya, Honduras

Casa Tecmilco, Mexique

Institut national de formation politique de Morena (Mexique),

Sindicato Único Nacional de Trabajadores de la Industria de la Construcción y Similares (SUNTRACS), Panama

Ainsi que les organisations de la section vénézuélienne d’ALBA Movimientos :

Movimientos de Pobladores y Pobladoras,

Calistenia Cultural,

La Minka,

Movimiento Otro Beta,

La Otra Escuela,

Réseau des travailleurs du mouvement « Somos Venezuela »,

Front Francisco de Miranda,

Front patriotique « Alexis Vive »,

Sommet national afro-vénézuélien,

École des cadres,

Parti vert

Organisation féministe Faldas R

Mouvement National d’amitié et de solidarité mutuelle Venezuela-Cuba.

25 août 2026, Caracas, Venezuela.

Source : Leonardo Fernandes, correspondant de Brasil de Fato au Venezuela https://www.brasildefato.com.br/2026/08/27/horizonte-possivel-o-socialismo-jovens-latino-americanos-encerram-brigada-na-venezuela-com-carta-aberta/

Traduction : Thierry Deronne

Source : Venezuela infos
https://venezuelainfos.wordpress.com/…

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