Derrière les barreaux israéliens.. Arrestations arbitraires, répression, et déni des droits de l’homme

Par le CPI

Centre Palestinien d’Information

La souffrance des Palestiniens ne se limite pas à ce qu’ils vivent dans leurs régions assiégées, mais s’étend à l’intérieur des prisons de l’occupation israélienne, où les données des institutions de droits de l’homme palestiniennes révèlent un système d’arrestation et de répression touchant des milliers de prisonniers et de prisonnières, y compris des détenus administratifs retenus sans accusations claires, des femmes enceintes et des mineures, et des prisonniers souffrant de maladies chroniques, dans des conditions de détention inhumaines ralliant la négligence médicale, l’affamement, l’isolement et la maltraitance.

Les données des droits de l’homme révèlent que la détention administrative est devenue l’un des principaux outils de l’occupation pour maintenir les Palestiniens derrière les barreaux sans procès, tandis que les prisonnières de la prison de Damon font face à des conditions humanitaires et sanitaires difficiles, en même temps que de nouvelles ordonnances de détention administrative sont émises et d’autres renouvelées pour des Palestiniens de différentes gouvernorats de la Cisjordanie.

99 % des appels sont rejetés

Le Centre de Palestine pour les Études des Prisonniers a révélé l’existence d’une complémentarité entre les rôles des institutions sécuritaires et judiciaires de l’occupation dans la poursuite de la détention de milliers de prisonniers administratifs, en soulignant que la majorité des appels présentés contre les décisions de prolongation de leur détention sont soldés par un refus.

Le directeur du centre, Riyad Ashqar, a expliqué que 99 % des appels des prisonniers administratifs contre les décisions de prolongation de leur détention sont rejetés par les tribunaux d’occupation, y compris la Cour suprême, souvent sans explication, en soulignant que le service de sécurité intérieure « Shabak » examine les dossiers d’appel et intervient dans la détermination du sort des détenus.

Al-Ashqar a expliqué que la présentation des demandes d’appel devant les tribunaux sous prétexte de l’existence d’un « dossier secret » compromet l’indépendance de la justice et prive les prisonniers de la possibilité de consulter les preuves sur lesquelles reposent les décisions de prolongation de leur détention, ce qui rend l’appel de l’arrestation une procédure formelle d’efficacité limitée.

Il a ajouté que les tribunaux d’occupation répondent rarement aux demandes de libération des prisonniers administratifs, et dans certains cas, la décision en faveur du prisonnier n’est rendue qu’après qu’il ait passé de longues périodes derrière les barreaux, avant d’être de nouveau arrêté par de nouveaux ordres administratifs.

Plus de 22 000 ordres administratifs depuis le début de la guerre

Les données du Centre Palestinien d’Études des Prisonniers montrent que les autorités d’occupation ont intensifié de manière sans précédent l’utilisation de la détention administrative depuis le 7 octobre 2023, avec plus de 22 000 décisions de détention administrative émises depuis le début de la guerre contre la bande de Gaza, sans inculpations ni preuves justifiant la poursuite de la détention.

Le nombre de prisonniers administratifs est passé d’environ 1300 prisonniers avant la guerre à plus de 3300 prisonniers jusqu’en août 2026, atteignant le niveau le plus élevé depuis des décennies, selon les données fournies dans le rapport.

Le Centre a considéré que la détention administrative s’est transformée en un outil de punition collective et d’élimination des Palestiniens influents, des dirigeants et des membres de la société civile derrière les barreaux.

Al-Ashqar a averti contre la poursuite de cette politique dans des conditions de détention sévères et des périodes renouvelables de manière répétée, ce qui contrevient aux restrictions imposées par le droit international sur l’utilisation de la détention administrative, qui devrait rester une mesure exceptionnelle et dans les limites les plus étroites.

Le Centre de Palestine a appelé les institutions internationales à assumer leurs responsabilités et à faire pression sur les autorités d’occupation pour mettre fin à l’expansion de la détention administrative et libérer les prisonniers détenus en vertu de celle-ci, les considérant comme des détenus sans accusations claires ni procès répondant aux critères de justice.

88 prisonnières à Damon… Grossesse, maladie et isolement

Dans la prison de Damon, des données émises par le Centre d’Information de Palestine « Moa’ta » ont montré la poursuite de la détention de 88 prisonnières palestiniennes, dans des conditions humanitaires et sanitaires extrêmement difficiles.

Les données indiquent la présence de deux détenues enceintes dans la prison, manquant de soins médicaux et alimentaires nécessaires, tandis que trois autres détenues sont placées en isolement cellulaire.

La liste des prisonnières comprend également une femme âgée souffrant de la maladie d’Alzheimer, ainsi que deux jeunes filles isolées dans une chambre séparée loin des autres prisonnières, en plus de trois prisonnières souffrant de maladies graves et chroniques, alors qu’une autre qui fait face à une condition de santé particulière nécessitant des soins exceptionnels.

Des rapports de droits de l’homme récents parlent de la répression, des incursions, des entraves et des mauvais traitements subis par les prisonnières dans la prison de Damon, accompagnés de la confiscation de leurs vêtements, médicaments et effets personnels, au milieu de la détérioration de leur état de santé et de la propagation de la gale.

Des témoignages de prisonnières libérées, selon le Bureau de l’information des prisonniers, documentent que les détenues sont soumises à des fouilles à nu, des menaces, des privations de sommeil et de la surpopulation dans les cellules, ce qui pousse certaines d’entre elles à dormir par terre.

Des organismes nationaux palestiniens et des institutions de droits de l’homme, notamment le Comité international de la Croix-Rouge et l’Organisation mondiale de la santé, ont appelé à une intervention immédiate pour mettre fin à ce qu’ils ont décrit comme un système de représailles basé sur la famine, la répression physique et la négligence médicale délibérée, et pour garantir la protection des prisonnières et leurs droits fondamentaux.

29 nouveaux ordres de détention administrative en Cisjordanie

Dernièrement, le Comité des affaires des prisonniers et des libérés a rapporté que les autorités d’occupation ont émis de nouveaux ordres de détention administrative et renouvelé d’autres pour 29 prisonniers palestiniens des gouvernorats de la Cisjordanie.

Les durées des ordres, selon le communiqué de l’ONG palestinien, variaient allant de deux mois à six mois, poursuivant ainsi la politique de détention administrative qui prive le détenu de connaître l’accusation portée contre lui ou les preuves sur lesquelles les autorités d’occupation s’appuient pour le retenir.

Les nouvelles ordonnances comprenaient les noms de prisonniers des gouvernorats de Jénine, Tubas, Tulkarem, Jéricho, Ramallah, Bethléem, Jérusalem, Qalqilya, et d’autres, tandis qu’une des ordonnances annulait la détention administrative du prisonnier Thabet Naif Mousa Muslim de Tulkarem.

Arrestation sans accusation et « dossiers secrets »

La détention administrative est définie comme la rétention d’une personne sans accusation ni procès, sans permettre au détenu ou à son avocat de consulter les éléments que les autorités d’occupation prétendent constituer des preuves contre lui.

Les autorités d’occupation et leur administration pénitentiaire se basent sur le prétexte de l’existence de « dossiers secrets » auxquels le détenu ou son avocat n’ont pas accès, ce qui maintient le prisonnier dans une situation d’incertitude quant à la durée de sa détention et aux accusations portées contre lui.

Cette pratique révèle l’un des outils les plus cruels du système d’arrestation israélien, car elle permet de prolonger la détention et oblige l’occupation à mettre fin aux violations et à libérer les prisonniers.

Source : CPI
https://french.palinfo.com/…

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