Par Rami Abou Reida
Une vague de chaleur étouffe les tentes, et le soleil déverse son brasier sur des têtes déjà épuisées par le déplacement.
Nous aspergeons quelques gouttes d’eau, seulement quelques gouttes, car l’eau est rare. Nous les répandons sur le sol de la cour, dans l’espoir d’atténuer un peu la chaleur de la terre, la brûlure du ciel et l’air étouffant.
Ici, la toile est notre toit, le sable notre sol, l’ombre un bien précieux, et la moindre brise un souhait.
Nous suspendons nos vêtements aux cordes, alignons nos chaussures à l’entrée et disposons nos quelques ustensiles, comme si nous accomplissions chaque jour un rituel pour retrouver quelque chose de la vie.
Chaque recoin raconte l’histoire d’une maison disparue, et chaque morceau de toile couvre la nudité du lieu sans pouvoir en cacher la douleur.
Dans la tente, même une goutte d’eau est sacrée, et la moindre brise semble être un cadeau du ciel. Le sommeil devient lui aussi une bataille, pas moins dure que celle du jour.
C’est ainsi que passent nos jours… nous partageons le peu que nous avons, nous résistons à tant de choses, et nous nous abritons sous un toit de toile contre un soleil impitoyable et une guerre qui ne nous a même pas laissé un seul mur derrière lequel nous protéger.
Août 2026
Mes écrits… depuis ma tente… Mawasi de Khan Younès… Gaza
Source : la page FB de l’auteur
https://www.facebook.com/RamiAbouReida
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