Rapport du CPI
Centre d’information palestinien
L‘annonce du Premier ministre génocidaire Netanyahu rejetant le document du « Conseil de paix » sur la bande de Gaza, et sa condition que la résistance soit complètement désarmée avant tout retrait de l’armée d’occupation, a relancé le débat sur l’avenir des négociations, alors que certains estiment que cette initiative vise à ramener les négociations à leur point de départ et à prolonger la guerre, au moment même où les données américaines indiquent que Washington ne considère pas les déclarations de Netanyahu comme la fin de la feuille de route, mais plutôt comme faisant partie de ses calculs politiques internes.
Le document, qui repose sur le principe d’une mise en œuvre progressive et simultanée, comprend une quinzaine de clauses, dont la plus importante concerne le stockage d’armes lourdes destinées à la résistance entre les mains des Palestiniens, en échange d’une cessation complète de l’agression, du retrait des forces d’occupation, de l’ouverture des points de passage et de la mise en place d’un comité administratif et de forces internationales, le tout par étapes interdépendantes, de sorte que chaque clause soit mise en œuvre en parallèle avec les autres.
Cependant, Netanyahu a annoncé son rejet du document, soulignant que l’entité sioniste ne procéderait à aucun retrait de la bande de Gaza avant le désarmement complet du Hamas, y compris de toutes les armes. Les observateurs ont perçu cette décision comme une tentative de modifier l’essence même de l’accord et de transformer la clause relative aux armes, initialement prévue dans le cadre d’un processus progressif et simultané, en une condition préalable à tout retrait.
Un test pour l’administration Trump
L’écrivain et analyste politique Wissam Afifa estime que le rejet du plan par Netanyahu porte non seulement un coup dur au document, mais met également l’administration du président américain Donald Trump à l’épreuve sur le plan politique, étant donné que ce dernier avait reçu le soutien direct de Washington et un accueil international favorable, après que les factions palestiniennes et les médiateurs eurent déployé de longs efforts de négociation, allant jusqu’à faire des concessions sur les questions les plus sensibles, notamment celle des armes.

Al-Afifa a expliqué dans un communiqué de presse que le cœur du différend ne porte pas sur la formulation d’une clause spécifique, mais plutôt sur la réorganisation de toute la logique de l’accord, avertissant que la réouverture du document à la négociation signifie un retour de la phase de mise en œuvre de l’accord à celle de sa renégociation, ce qui donne à l’occupant une opportunité supplémentaire de gagner du temps et de relever le plafond de ses revendications.
Malgré la position officielle de l’entité génocidaire, des sources américaines ayant divulgué des informations ont révélé une interprétation différente au sein de la Maison Blanche. Le correspondant d’Axios, Barak Ravid, a cité un haut responsable américain affirmant que l’administration américaine n’est « pas perturbée » par les déclarations de Netanyahu et les considère comme faisant partie des exigences de la campagne électorale au sein de l’entité sioniste, tant qu’il continue d’appliquer les accords demandés par Washington, notamment la limitation des opérations militaires dans la bande de Gaza.
Selon un responsable américain, Netanyahu a déclaré à l’envoyé du président Trump, Jared Kushner, lors d’un appel téléphonique la semaine dernière, qu’il était prêt à donner une chance au plan malgré son scepticisme à son égard, tout en s’engageant à limiter les attaques militaires pour permettre la mise en œuvre des dispositions du plan pour Gaza.
Le responsable a également expliqué que l’armée génocidaire n’a pas mené d’attaques de grande envergure dans ce secteur depuis lors et qu’elle a entamé un retrait progressif vers ce que l’on appelle la « ligne jaune », parallèlement à la pression et à la médiation continues des États-Unis pour faire avancer la mise en œuvre des étapes restantes de l’accord.
Dans le même contexte, le directeur exécutif du Conseil pour la paix, Nikolaï Mladenov, a confirmé que les discussions sur la feuille de route se poursuivaient, exprimant son espoir de résultats positifs.
Il a expliqué que le plan stipule que l’armée d’occupation s’engage à ne pas franchir la « ligne jaune » ni à cibler les civils, et que le retrait se poursuivra progressivement après vérification de la mise en œuvre des dispositifs de sécurité, tout en soulignant que le plan n’empêche pas l’entité sioniste d’agir s’il affirme qu’il existe une menace contre ses forces.
Les médias hebreux ont également rapporté que les services de sécurité n’avaient encore reçu aucune instruction pour geler la transition vers la phase suivante, malgré le rejet officiel du document par Netanyahu, tandis que les préparatifs se poursuivent pour établir la première base de forces multinationales à Rafah, indiquant que les procédures de mise en œuvre du plan sont toujours en cours.
Réécriture des règles de l’accord!
Pour sa part, Amin al-Hajj, expert en affaires sionistes, estime que Netanyahu tente de faire évoluer l’accord, passant d’une formule qui l’oblige à des mesures politiques et sécuritaires mutuelles à une formule qui fait du désarmement de la résistance une condition préalable à tout retrait, ce qui constitue un changement fondamental permettant à l’occupation de reporter indéfiniment les exigences de l’accord.

Dans un communiqué de presse, il a expliqué que le rejet de Netanyahu s’inscrivait dans le cadre d’un conflit sur la question de savoir qui déterminera les règles de la prochaine étape, notant que la création du « Conseil de paix » visait principalement à contourner les institutions internationales, au premier rang desquelles les Nations Unies, qui ont commencé à adopter des positions plus critiques à l’égard de l’occupation.
Il a ajouté que le conseil, malgré ce qu’il considère comme un parti pris évident en faveur de l’entité génocidaire, était censé se présenter comme un cadre plus modéré, mais que Netanyahu souhaite une institution à caractère international qui fonctionne selon le programme de son gouvernement, sans pour autant devenir une entité qui lui impose des obligations politiques ou sécuritaires.
Calculs internes et manœuvres politiques
Al-Hajj attribue la position de Netanyahu à des considérations de politique intérieure, expliquant que tout accord politique, quelle que soit sa nature, pourrait avoir un coût pour le gouvernement de droite, étant donné la crainte, au sein de la coalition au pouvoir, qu’un règlement sérieux puisse entraîner sa désintégration ou l’affaiblir électoralement.
Il a souligné que le maintien de la question dans le cadre des négociations offrait au gouvernement d’occupation une plus grande marge de manœuvre et réduisait les pressions internationales et régionales, considérant que gagner du temps n’était pas un effet secondaire des négociations, mais bien un élément de la stratégie sioniste.
Il a ajouté que l’accord de l’occupant sur un calendrier donné ne signifie pas nécessairement son acceptation de la voie politique qui suivra, car Netanyahu peut réinterpréter les conditions de mise en œuvre à tout moment, surtout si la clause de désarmement reste ouverte et sujette à interprétation, ce qui nécessite de faire la distinction entre accepter un calendrier et accepter ses conséquences politiques.
Trois scénarios
Hajj a averti que la conséquence la plus dangereuse de cette ligne de conduite est le maintien de la bande de Gaza dans un état d’incertitude : pas de retrait complet, pas de règlement politique et pas de retour à la vie normale, avec la poursuite de l’agression militaire, des pressions politiques et la fermeture des points de passage.
Il a expliqué que les habitants de Gaza paieront le prix de cette perturbation, au moment même où le gouvernement de Netanyahu continue d’utiliser les négociations comme couverture politique pour gérer la guerre.

Selon Al-Hajj, la situation actuelle se dirige vers trois scénarios principaux :
- la conclusion d’un accord,
- le maintien du statu quo
- la reprise des hostilités.
Il estime que le choix de l’un de ces scénarios ne dépend pas uniquement de considérations sécuritaires, mais est également lié aux calculs électoraux de Netanyahu et de sa coalition. Un accord pourrait représenter une perte pour la droite, tandis que le maintien du statu quo permettrait au gouvernement de poursuivre ses manœuvres. La reprise des hostilités demeure une option à laquelle le gouvernement peut recourir s’il a besoin de mobiliser son aile droite radicale.
Les observateurs concluent que la divergence apparente entre le discours public sioniste et la position américaine, qui évoque toujours la poursuite de la mise en œuvre de la feuille de route, ouvre la voie à plusieurs possibilités pour la prochaine étape et met le « conseil de paix » et l’administration Trump face à un véritable test : leur capacité à contraindre le gouvernement d’occupation à respecter les termes de l’accord, ou à permettre que celui-ci soit reformulé selon les conditions imposées par Netanyahu.
Crise politique pour la coalition au pouvoir
Pour sa part, l’écrivain et analyste politique Mohammed Shaheen a déclaré que le rejet par le chef du gouvernement d’occupation, Benjamin Netanyahu, de la feuille de route de Nikolay Mladenov et de ses 15 clauses ne reflète pas un désaccord sur certains détails, mais révèle plutôt une crise politique liée à la contradiction entre les exigences de la fin de la guerre et les calculs de sa survie politique et de sa coalition au pouvoir.

Shaheen a expliqué dans une déclaration à notre correspondant que Netanyahu se rend compte que le passage à la phase des arrangements politiques rouvrira les dossiers de la guerre et de ses échecs, et qu’il cherche donc à maintenir la scène dans un cadre sécuritaire qui sert ses intérêts intérieurs.
Il estimait que son rejet public de la feuille de route pouvait s’inscrire dans une politique visant à relever le plafond des négociations pour obtenir des amendements ou des garanties supplémentaires, et non pas nécessairement constituer un rejet définitif.
Il a ajouté que le succès de la feuille de route visant à mettre fin à la guerre, à ouvrir les points de passage et à régler la question des armes placera l’entité génocidaire face à des obligations politiques claires, ce qui n’est pas cohérent avec la stratégie de Netanyahu fondée sur le maintien de l’ouverture des options militaires, et mettra également à l’épreuve le sérieux des parties internationales quant à l’obligation faite à l’occupant de mettre en œuvre ce qui a été convenu.
Shaheen estime que le scénario le plus probable est la poursuite de la manœuvre sioniste avec une acceptation conditionnelle du plan après modification de certaines de ses clauses, tandis que les possibilités de perturber sa mise en œuvre ou d’exercer des pressions américaines et internationales pour pousser Netanyahu à accepter pleinement la carte demeurent.
Il a souligné que l’approbation de la feuille de route par les factions palestiniennes place Netanyahu dans une position politique complexe, car elle le prive du prétexte de blâmer les Palestiniens pour l’obstruction de l’accord, insistant sur le fait que le véritable test de la feuille de route résidera dans sa mise en œuvre pratique, à travers l’arrêt de la guerre, l’ouverture des points de passage et le début de la reconstruction de la bande de Gaza.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
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