Supplétifs des génocidaires…Les médias prosionistes, affaiblies par le journalisme de terrain

Rapport du CPI

Quand l’entité sioniste génocidaire bombarde Gaza, la bataille ne se limite pas aux airs, elle se poursuit sur les écrans de télévision, dans les journaux et dans les rédactions. Les médias occidentaux et le discours palestinien s’affrontent désormais dans une confrontation inégale : d’un côté, des institutions transnationales et une immense capacité à influencer la perception initiale du monde ; de l’autre, la lutte pour faire reconnaître son droit à être vu et entendu comme un peuple vivant sous occupation, et non comme un simple décor d’une crise sécuritaire passagère.

Le problème ne réside pas dans le fait que chaque institution occidentale adopte un récit unique, ni même que chaque journaliste écrive nécessairement avec hostilité envers les Palestiniens. Le problème est plus profond que de simples erreurs individuelles ou des préjugés occasionnels. Il est lié à la structure même qui détermine qui initie le récit, qui se voit attribuer le rôle d’acteur et qui est réduit à une simple statistique, à une image de ruines ou à un dossier humanitaire dépouillé de son contexte politique et historique.

Médias et récit palestinien : qui détermine le début de l’histoire ?

La plupart des reportages occidentaux débutent par l’action palestinienne ou la riposte militaire sioniste, et s’articulent autour d’une question centrale : comment l’entité occupante assure-t-il sa sécurité ? Ce choix temporel tend à minimiser l’occupation et à occulter le siège prolongé de Gaza, la colonisation continue de la Cisjordanie, les incursions quotidiennes dans la mosquée Al-Aqsa, les arrestations, les meurtres aux points de contrôle, la confiscation des terres et le système de contrôle qui encadre la vie du Palestinien de sa naissance à ses déplacements, son traitement et son éducation.

Le début du récit n’est pas un simple détail éditorial. Lorsque la narration s’ouvre sur une opération militaire, le Palestinien devient, dans l’imaginaire collectif, l’instigateur de l’événement, tandis que la puissance occupante semble agir en vase clos. Mais lorsqu’elle débute par la Nakba et les déplacements de population, par l’occupation du territoire en 1967, et par la poursuite du colonialisme de peuplement et du siège, les faits retrouvent leur portée politique. Dès lors, la question n’est plus : pourquoi le Palestinien résiste-t-il ? Mais plutôt : comment peut-on exiger d’un peuple assiégé, déplacé et privé de ses droits civiques qu’il accepte une oppression perpétuelle comme une fatalité ?

Face à cela, la revendication demeure claire : que les mêmes normes soient appliquées à tous et que l’humanité d’une partie ne soit pas instrumentalisée pour faire taire celle d’une autre. Le civil palestinien n’a pas moins droit à la vie du seul fait que son meurtrier bénéficie d’une reconnaissance politique et d’une plus grande influence médiatique.

Le langage biaisé masque le pouvoir

L’une des formes les plus insidieuses de partialité se manifeste dans le vocabulaire. Les forces d’occupation sont désignées comme « l’armée sioniste » dans un contexte apparemment neutre, tandis que les Palestiniens sont souvent appelés par des termes vagues tels que « hommes armés », « suspects » ou « foules en colère », même lorsqu’il s’agit de civils ou de jeunes hommes confrontés à un raid dans un camp de réfugiés. Le terme « affrontements » est parfois employé pour décrire une confrontation profondément inégale entre une armée lourdement armée et des drones d’un côté, et des civils assiégés de l’autre.

La voix passive est également fréquemment employée pour relater les crimes commis contre les Palestiniens : « Des Palestiniens ont été tués » ou « Des enfants sont morts ». Cette formulation occulte les auteurs politiques et militaires, comme si la mort était un événement naturel sans lien avec les bombardements, les sièges ou les tirs. À l’inverse, l’auteur est rapidement et clairement identifié lorsque la cible est sioniste. Dans ce cas, le langage ne se contente pas de refléter la réalité, mais instaure aussi une hiérarchie morale implicite des vies jugées dignes de deuil, de colère et de responsabilité.

Même le terme « conflit » mérite d’être précisé. Il sous-entend souvent une égalité de pouvoir et de responsabilité, alors que la réalité est celle d’une occupation qui contrôle les frontières, l’espace aérien, les voies navigables, les données démographiques, l’économie et la circulation des personnes. Il ne s’agit pas de nier l’existence d’une confrontation politique et militaire, mais cela nous empêche de dissoudre la dynamique de pouvoir fondamentale entre l’occupant et l’occupé.

Gaza: un test de crédibilité pour la couverture médiatique

À Gaza, ce schéma se répète de façon flagrante. On montre des images de destruction massive, parfois dissociées de la décision de bombarder, de l’identité des responsables et du siège qui empêche l’acheminement de médicaments, de nourriture et de carburant et réduit drastiquement l’espace vital. Le porte-parole sioniste est fréquemment sollicité pour présenter un discours sécuritaire préparé à l’avance, tandis que le Palestinien, s’il a la possibilité de s’exprimer, doit d’abord prouver sa légitimité à parler, justifier sa colère et expliquer pourquoi la simple compassion humanitaire est insuffisante.

La crise s’aggrave lorsque certains médias considèrent les déclarations de l’armée sioniste comme un point de départ, plutôt que comme des allégations nécessitant une vérification indépendante. En temps de guerre, aucun groupe armé ne devrait bénéficier d’une immunité linguistique ou médiatique. Une véritable enquête exige de questionner les preuves, de comparer les récits, de présenter les faits sur le terrain et d’écouter les témoins, les médecins, les journalistes locaux et les familles des victimes – et non de se fier uniquement aux déclarations émanant des salles d’opérations.

Le journaliste palestinien à Gaza n’est ni une source secondaire ni un témoin passif d’une histoire écrite par d’autres. Il possède une connaissance directe des événements et paie un lourd tribut personnel et professionnel pour les couvrir, au milieu des bombardements, des coupures de communication et de la perte de proches et de collègues. Ignorer son témoignage ou le remettre en question prématurément du seul fait de son identité palestinienne révèle un manque de professionnalisme, et non un souci d’objectivité.

Pourquoi le récit palestinien est-il en déclin sur certaines plateformes ?

Des facteurs politiques et institutionnels étroitement liés sont à l’œuvre. Une partie des médias occidentaux évolue dans un contexte qui privilégie le récit de l’entité sioniste génàcidire comme allié au service d’intérêts sécuritaires et stratégiques plus larges. Par ailleurs, des réseaux d’influence, des pressions politiques et des campagnes de diffamation visant des journalistes et des institutions qui utilisent des termes juridiques précis tels qu’occupation, apartheid ou nettoyage ethnique, comme le documentent des rapports pertinents sur les droits humains, contribuent également à cette situation.

À cela s’ajoute un héritage orientaliste tenace qui perçoit la région comme un espace de troubles perpétuels, dépeignant souvent les Palestiniens à travers le prisme de la colère, de la perte ou du besoin, plutôt que de les présenter comme des êtres humains dotés d’une histoire, de droits, d’institutions, d’une culture et d’une capacité d’action politique. Ce réductionnisme arrange l’observateur extérieur, car il transforme le problème, d’une réalité coloniale spécifique, en une vague tragédie entre deux parties dont les origines demeurent inconnues.

Mais le tableau n’est pas entièrement clos. Ces dernières années, les témoignages directs de Palestiniens, le journalisme de terrain, les réseaux sociaux et l’activisme des étudiants, des syndicats et des communautés ont largement ébranlé le monopole traditionnel du récit. Un large public s’interroge désormais sur les omissions, les cartes manquantes et l’application sélective du droit international. Ces questions ne signifient pas que les plateformes numériques puissent se substituer entièrement au journalisme professionnel – elles aussi sont susceptibles de distorsions et d’omissions – mais elles ont ouvert un espace d’expression auparavant moins accessible.

Le récit palestinien justifie son exactitude

Défendre le récit palestinien ne se limite pas aux slogans, mais exige de s’appuyer sur les faits, les documents et le contexte. Une image douloureuse a un impact immédiat, mais c’est en la reliant au lieu, à son histoire, à la partie responsable et à ce qui l’a précédée et suivie qu’elle ne devient plus qu’une image éphémère. Un reportage précis n’a pas besoin d’édulcorer l’image de l’occupation pour être acceptable, ni d’exagérer pour être percutant.

Le lecteur doit également lire le titre avec un regard critique : qui parle ? Qui est absent ? Mentionne-t-on que Gaza est assiégée ? La Cisjordanie est-elle décrite comme un territoire occupé ou comme une zone de conflit ambiguë ? La colonisation est-elle devenue un « conflit foncier » ? Les chiffres des victimes palestiniennes sont-ils présentés comme de simples statistiques ou sont-ils liés à leurs noms, à leurs vies et à leurs familles ? Ces questions ne sont pas un luxe médiatique, mais un moyen de lutter contre l’invisibilisation.

Les institutions palestiniennes et arabes ont une responsabilité accrue de fournir un contenu vérifiable, opportun, clair et multilingue. Il ne suffit pas de connaître la vérité au sein de nos propres cercles. Elle doit être présentée de manière à atteindre les journalistes, les chercheurs, les étudiants et les lecteurs à l’étranger, sans pour autant renoncer au langage de la vérité ni minimiser le crime. Des plateformes spécialisées, telles que le Centre d’information palestinien, ont acquis une vaste expérience dans la préservation des détails souvent négligés dans la couverture quotidienne et rapide de l’actualité.

La bataille des récits ne saurait se substituer à la protection des populations sur le terrain, mais elle en fait partie intégrante. Lorsque l’occupation est nommée, lorsque le Palestinien tué est reconnu comme un être humain et non comme un simple numéro, et lorsque le bombardement est replacé dans son contexte et que les responsabilités sont établies, la solidarité prend davantage conscience de son caractère et se traduit plus concrètement en actions. Dès lors, le lecteur ne doit pas se contenter de consommer l’information telle qu’elle est présentée, mais toujours se demander : quelle vérité a été omise pour rendre ce récit plausible ?

Source : CPI
https://french.palinfo.com/…

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