This TV screen shot from the Cuban TV channel released on February 5, 2026, shows Cuba's President Miguel Diaz-Canel speaking during a press conference, in Havana, on February 4, 2026. Díaz-Canel said that his country is willing to engage in dialogue with the United States on any issue, but ‘without pressure’, at a time when Washington is stepping up its threats against the island. (Photo by Handout / CUBA TV / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / HANDOUT - CUBA TV - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

Intervention du ministre des Relations extérieures Bruno Rodríguez Parrilla lors du débat ouvert du Conseil de sécurité sur « La défense des buts et principes de la Charte des Nations Unies et le renforcement du système international centré sur l’ONU », New York, 26 mai 2026.

« Que nul n’en doute : si jamais arrivait un moment que nous espérons ne jamais voir, le peuple de Cuba combattra jusqu’aux dernières conséquences.

La patrie ou la mort, nous vaincrons ! »

Ministère des Affaires étrangères de la République de Cuba

Traduction Alain Marshal

Monsieur le Président, distingués représentants permanents,

Nous accordons une très grande valeur au leadership de la République populaire de Chine dans la défense de la paix et de la sécurité internationales, dans le respect du droit international, dans la préservation, le renforcement et la réforme appropriée de l’Organisation des Nations Unies — en particulier la démocratisation, la transparence et l’efficacité du Conseil de sécurité et l’autonomisation de l’Assemblée générale —, ainsi que dans la construction d’un ordre international multilatéral, fondé sur l’égalité souveraine, juste et démocratique.

Les initiatives mondiales promues par le président Xi Jinping, que nous soutenons, en sont la preuve, visant à relever les défis actuels par le biais d’une véritable coopération multilatérale. La convocation de ce débat ouvert en témoigne également.

Le 26 septembre 1960, à l’Assemblée générale de l’ONU, le Commandant en chef Fidel Castro Ruz déclara : « Que disparaisse la philosophie de l’exploitation et de la spoliation, et la philosophie de la guerre aura disparu ! » Nous l’évoquons avec vivacité en cette année de son centenaire.

Monsieur le Président,

Comment traiter de la défense du rôle central des Nations Unies, de la promotion de la paix et du développement, de la sauvegarde de l’ordre international fondé sur le droit international et les normes fondamentales des relations internationales, afin d’éviter de nouveaux conflits où les forts s’imposent aux faibles, sans mentionner le génocide contre la Palestine, ni l’agression impérialiste contre la République islamique d’Iran et la guerre au Moyen-Orient ?

Le gouvernement des États-Unis se trouve, dans les faits, dans une position de rupture de la paix et de la sécurité internationales et de violation du droit international et du droit international humanitaire à l’égard de la République de Cuba.

L’inculpation pénale du leader de la Révolution cubaine, le Général d’armée Raúl Castro Ruz, est un acte moralement infâme et légalement arbitraire : il constitue un abus de la juridiction des tribunaux américains, par la manipulation du lieu où les avions [de l’organisation terroriste Hermanos al Rescate, composée d’exilés cubains] ont été abattus [en 1996], incident survenu dans l’espace aérien et maritime du territoire cubain ; par les missions terroristes et illégales que ceux-ci remplissaient fréquemment, en violation des lois américaines ; par l’impunité et la complicité des autorités de ce pays ; et par le déni du droit à la légitime défense des États.

Il s’agit d’une décision politiquement motivée, frauduleuse, destinée à tromper les citoyens américains et étrangers, 30 ans après les événements, dans le vil dessein de les amener à soutenir une aventure militaire contre Cuba afin d’obtenir un « changement de régime » ou une « construction nationale », comme ils l’appellent euphoriquement désormais.

Le siège pétrolier ou énergétique qu’appliquent les États-Unis à Cuba équivaut, par ses effets, à un blocus naval, qui est un acte de guerre et de génocide soumettant la population cubaine à des conditions menaçant son intégrité et son existence, et qui constitue un « châtiment collectif » cruel et indiscriminé provoquant aujourd’hui des morts, comme en témoigne le doublement du taux de mortalité infantile, passé de 4,0 à 9,2 pour mille naissances vivantes, ou la réduction de l’espérance de vie des enfants malades du cancer de 85 % à 65 %.

Une agression militaire provoquerait un bain de sang. Des milliers de Cubains mourraient en défendant la Patrie et des valeurs et raisons sacrées, et de jeunes Américains périraient également, sans cause ni idéal à défendre, entraînés dans la violence par une politique impérialiste, néofasciste, de domination, de pillage et de conquête.

Je m’adresse tout particulièrement aux citoyens américains, notamment à leur jeunesse, et je fais appel à leurs valeurs humaines, à leurs sentiments pacifistes et nobles ; je leur demande de chercher la vérité et de ne pas laisser une clique élitiste, corrompue et puissante de Miami (non représentative du peuple américain ni des Cubains résidant dans ce pays, qui s’opposent majoritairement à la barbarie de la guerre et du blocus énergétique) les tromper ni les manipuler.

Le Président qui donnerait cet ordre d’attaque militaire, le Secrétaire d’État et le Secrétaire à la Guerre qui l’y incitent, passeraient à l’histoire comme des criminels de guerre, auteurs directs de crimes contre l’humanité. Aucune justification ne peut être avancée pour une agression ni pour des actes inhumains coercitifs comparables à celle-ci par leur impact humanitaire. Laissez Cuba vivre en paix !

Depuis plus de six décennies, le gouvernement américain fabrique des prétextes pour tenter de justifier sa conduite criminelle.

Il a utilisé l’argument absurde de présenter la petite mais symbolique île comme une supposée menace pour la sécurité nationale de la superpuissance nucléaire, une idée qui défie la logique et le sens commun, tout en reposant sur des affirmations et insinuations totalement mensongères.

Comme l’a répété le président Miguel Díaz-Canel, Cuba n’est pas et ne peut pas être une menace. Cuba n’est pas un ennemi des États-Unis et ne souhaite pas l’être, malgré des divergences importantes avec leur gouvernement. Cuba entretient des liens profonds et fraternels avec le peuple et la culture américains. Nous continuerons d’accueillir avec chaleur et hospitalité les voyageurs américains, même si leur gouvernement en restreint les libertés ; et leurs entrepreneurs et leurs entreprises avec des projets compétitifs pourront participer, sans aucune discrimination, à notre développement économique, même si le blocus américain l’entrave.

Lire Miguel Díaz-Canel, président de Cuba : Trump mène une guerre contre les peuples

Cependant, une ploutocratie corrompue et immorale brandit désormais la légende de l’incompétence et de la supposée corruption de notre gouvernement, ainsi que le prétendu danger de « crise humanitaire », comme justification d’une intervention étrangère. Et c’est le bourreau lui-même qui le dit cyniquement ; celui qui, de manière froide, malveillante et délibérée, provoque par ses actions des effets dévastateurs, tels qu’ils affecteraient n’importe quel pays du monde, indépendamment de son potentiel économique, de son niveau de développement ou de la nature de son système politique.

Malgré l’absence de progrès et de bonne volonté, le manque de sérieux et de cohérence de la partie américaine, nous demeurons disposés à poursuivre les conversations, à traiter les problèmes bilatéraux sans ingérence dans nos affaires intérieures, dans notre système politique ni dans nos élections, et à rechercher des formes de comportement civilisé et de coopération multiforme, notamment en matière de terrorisme, de narcotrafic, de criminalité transnationale organisée, de migration régulière et sûre, de traite des personnes, de compensations économiques mutuelles et d’autres questions.

Il s’agit d’une agression unilatérale sans précédent et sans aucune justification. Par l’intimidation et les sanctions « secondaires », applicables à des tiers, le gouvernement des États-Unis entend obliger tous les États à participer, contre leur volonté, à ses politiques atroces contre Cuba, ce qui n’arrivera pas.

Je demande à la communauté internationale de se mobiliser pour empêcher une catastrophe humanitaire qui pourrait être imposée, que ce soit par la voie des armes ou par celle du siège énergétique et du durcissement extrême du blocus qui tuent également et provoquent des souffrances.

Je demande à l’Amérique latine et aux Caraïbes d’agir pour préserver leur statut de Zone de Paix et d’éviter des conséquences adverses qui déstabiliseraient la région.

Il est temps qu’une large articulation internationale, au-delà des différences politiques, des approches idéologiques et des différends historiques, mette des limites et empêche les débordements qui menacent et nuisent aux intérêts nationaux, aux peuples et aux prérogatives souveraines de tous les États.

Le Sud Global devrait se battre pour cela et se protéger collectivement de toute représailles, dans la parole et l’action collectives et dans la coopération mutuelle. Je demande humblement : l’heure est venue de la solidarité avec Cuba, qui l’a toujours été avec tous, sans jamais s’être arrêtée devant les risques, parfois mortels, ni devant les intérêts ou les privations matérielles.

Voir cet indispensable documentaire (partie 1, partie 2) sur l’épopée cubaine en Afrique contre l’impérialisme et le colonialisme

Je ne trouve pas le moyen de traiter de la défense du rôle central des Nations Unies, de la promotion de la Paix et du Développement, de la responsabilité primordiale du Conseil de sécurité dans le maintien de la Paix et de la Sécurité internationales et de sa contribution au dialogue et à la promotion de solutions politiques, sans demander à ce Conseil de sécurité de, avec réalisme, au moins tenter de remplir son mandat premier et suprême face à la menace militaire et au blocus énergétique contre Cuba ; et je ne puis m’abstenir d’encourager l’Assemblée générale des Nations Unies à utiliser, dans tous les cas, avec détermination ses larges et décisifs pouvoirs, son autorité morale, juridique et démocratique que lui ont conférés les peuples, dans la situation de Cuba.

Que nul n’en doute : si jamais arrivait un moment que nous espérons ne jamais voir, le peuple de Cuba combattra jusqu’aux dernières conséquences.

La patrie ou la mort, nous vaincrons !

Merci beaucoup.


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Source : la blog de l’auteur
https://alainmarshal.org/…

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