Communiqué de l’UJFP
Tout en reconnaissant l’État de Palestine, le gouvernement français continue de réprimer les Palestinien.nes et le mouvement de solidarité avec la Palestine, qui gagne toutefois des batailles :
. Alors que le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en coopération avec le ministère de l’Intérieur avait fait marche arrière sur leur décision de fermer la porte aux Gazaouis sur le territoire français, le programme français d’accueil Pause a néanmoins suspendu, en janvier 2026, l’instruction des dossiers des universitaires et des artistes de Gaza. De son côté, Shawan Jabarin1, Directeur Général de l’organisation de défense des droits humains Al-Haq (1), a gagné son recours en France contre le ministère de l’Intérieur. Le juge administratif a considéré que lui refuser un visa était illégal, Shawan Jabarin ne représentant “aucune menace pour l’ordre public”.
. La France a autorisé le transit de composants essentiels aux avions de combat F-35 vers Israël, alors que ces avions participent au génocide à Gaza. C’est la raison pour laquelle une plainte contre X, concernant notamment FedEx a été déposée par l’UJFP, soutenue par différents syndicats et associations pour des faits susceptibles d’être qualifiés de complicité de crime de guerre, complicité de crime contre l’humanité et complicité de crime de génocide. Excepté quelques rares condamnations de certaines actions d’Israël semblant surtout faire office de paravent public, le soutien de la République française à l’État d’Israël est manifeste.
Notre gouvernement, qui avait activement participé au génocide des Tutsis au Rwanda, alimente donc de son plein gré la machine de guerre de l’État génocidaire israélien. Pendant que le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez demande à l’Union européenne de suspendre son accord d’association avec Israël, Jean Noël Barrot s’y oppose de facto et fait sien les discours sionistes. On ne pourra oublier les mots qu’il reprend de Golda Meir : « Nous pouvons pardonner à nos ennemis d’avoir tué nos enfants, mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants. »
Des raisons surtout idéologiques.
Le gouvernement français soutient l’État d’Israël, pour des raisons économiques mais d’abord pour des raisons idéologiques, axées essentiellement sur des conceptions analogues des mondes arabes et musulmans. L’islamophobie en France n’est ni nouvelle, ni importée, l’histoire coloniale de la France a impacté durablement la politique française. Des événements comme l’usage de la torture pendant la guerre d’indépendance en Algérie, les massacres du 17 octobre 1961… témoignent du traitement des populations anciennement colonisées. Des séances publiques de dévoilement des femmes en Algérie en 1954, forme de mise en scène détournant les objectifs du féminisme à des fins coloniales, ont précédé les lois ciblant le port du voile en France depuis 20 ans. L’islamophobie, du RN jusqu’à une partie de la gauche, structure une grande partie du champ politique français, que ce soit de manière frontale ou bien plus insidieuse, voire paternaliste. Suite aux attentats de 2001 et de son traitement politique manichéen, à base d’axe du bien contre le mal, les plupart des médias et paroles publiques ont appuyé les amalgames entre Arabes et musulmans/ islamistes/ terroristes, désignés comme ennemis de l’intérieur. Ce traitement politique qui sert les intérêts des politiques impérialistes, des pays occidentaux à l’État d’Israël, est arrivé sur un terreau fertile.
Si l’enquête Israel Files témoigne assez bien de l’interconnexion des espaces politiques occidentaux et notamment français et israéliens, ce serait dédouaner nos dirigeants de leurs responsabilités que de se cantonner à l’invocation d’un prétendu “lobby qui les manipule”. Les orientations néo-conservatrices et néo-impérialistes tant des politiques françaises que des politiques européennes au Moyen Orient, largement alignées sur celles des États-Unis entrent dans une convergence d’intérêt avec l’État d’Israël, en soutien avec les États autoritaires et leurs procédés. Avec cette orientation politique structurante en France, depuis la présidence de Nicolas Sarkozy et la réintégration de la France au commandement intégré de l’OTAN, c’est bien de leur plein gré que les dirigeants et représentants politiques se rendent au dîner du CRIF, l’un des principaux relais du gouvernement israélien en France. S’ils ne leur prêtaient pas ce pouvoir, les chantages creux à l’antisémitisme n’auraient d’égal que leur ridicule. Rien n’oblige non plus les chaînes de télévision, y compris publiques, à accueillir honteusement et aussi régulièrement le porte-parole de l’armée israélienne ou encore l’ambassadeur de l’État d’Israël.
Alors que le gouvernement israélien refuse la présence de la France pour interférer sur les massacres et l’urbicide en cours dans un Liban dont elle se prétend pourtant la protectrice depuis plus d’un siècle, le Président Macron pose de fait comme priorité le maintien de ses bonnes relations avec les dirigeants du pays qui met à feu et à sang le Proche Orient, à l’image de l’accueil de son homologue israélien Isaac Herzog à l’ouverture des Jeux olympiques de Paris à l’été 2024.
Stop à l’impunité. Mettons en accusation les responsables de ces oppressions et de ces guerres impérialistes. Assumons de mettre les mots sur des réalités documentées par de nombreux organismes internationaux et ONGs. C’est ainsi que les peuples palestinien et libanais pourront retrouver la justice et la liberté. Égalité des droits, entre tous les peuples et les communautés. Stop au racisme, à l’antisémitisme comme à l’islamophobie, ne laissons pas les impérialistes nous diviser. Que leurs guerres cessent !
La Coordination nationale de l’UJFP, le 21 mai 2026
- Shawan Jabarin est aussi membre du conseil consultatif de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient[⇧]
Source : UJFP
https://ujfp.org/…

