Rapport du CPI

Centre d’information palestinien

La défaite du Premier ministre hongrois Viktor Orban aux élections générales a constitué un coup politique direct pour le Premier ministre sioniste Netanyahu, qui a perdu l’un de ses plus importants alliés au sein de l’Union européenne, lequel avait représenté pendant des années une « ligne de défense » contre toute position européenne unifiée critiquant les politiques de l’occupation.

Orban a perdu les élections, mettant fin à une carrière politique qui s’est étendue sur près de deux décennies, au cours desquelles il a été Premier ministre de 1998 à 2002, puis de 2010 à 2026, clôturant ainsi un chapitre de gouvernance caractérisé par des liens étroits avec l’entité sioniste.

Durant toutes ses années au pouvoir, Orban a joué un rôle central dans l’obstruction des décisions européennes contre l’entité génocidaire, utilisant son droit de veto pour bloquer les déclarations condamnant les colonies ou imposant des sanctions à celles-ci, ce qui a fait de lui un allié stratégique de Netanyahu à Bruxelles.

Avec son départ du pouvoir, les milieux sionistes craignent la perte du « veto hongrois », ce qui pourrait ouvrir la voie à l’adoption de positions européennes plus strictes et cohérentes à l’égard des politiques d’occupation en Cisjordanie et à Gaza, selon les médias herreux.

Contester la Cour pénale internationale

Le soutien d’Orbán ne se limitait pas à des prises de position politiques ; il s’étendait à une contestation flagrante des institutions judiciaires internationales, notamment de la Cour pénale internationale. Après l’émission d’un mandat d’arrêt contre Netanyahu en novembre 2014, Budapest s’est empressée de saper cette décision, en dépit de ses obligations légales, en invitant Netanyahu à une visite officielle, en refusant d’exécuter le mandat et même en engageant une procédure de retrait de la Cour.

Cependant, la situation devrait évoluer avec la montée en puissance de Peter Magyar, qui a annoncé son intention de mettre fin au retrait de la Hongrie de la Cour, ce qui signifie la ramener dans le respect de ses décisions, ce qui pourrait restreindre les mouvements de Netanyahu et le priver de l’un de ses refuges européens les plus importants.

Ce changement est lié à la volonté du nouveau gouvernement de mettre fin à l’isolement de la Hongrie au sein de l’Union européenne et d’obtenir un financement estimé à environ 16 milliards d’euros, ce qui l’oblige à s’aligner sur les politiques de Bruxelles et à abandonner l’approche obstructionniste suivie par Orban.

Cela permettrait à l’Union européenne d’adopter des positions unifiées avec le plein soutien des États membres, au lieu de déclarations individuelles, ce qui pourrait se refléter dans le niveau de pression politique exercée sur l’entité occupante.

Malgré ces changements, la Hongrie ne devrait pas devenir un adversaire de l’entité sioniste, car Magyar est classé comme un homme politique de centre-droit et devrait maintenir des relations bilatérales, mais avec une approche moins personnelle de l’alliance qui existait entre Orban et Netanyahu.

On estime que Budapest pourrait cesser de voter automatiquement en faveur de l’entité sioniste dans les instances internationales et reconsidérer sa participation à certains cadres politiques qui lui sont associés, tout en maintenant les relations diplomatiques existantes.

Division interne

L’ascension au pouvoir de Magyar est survenue après sa défection du camp d’Orban, suite à un scandale politique en 2024 lié à l’octroi d’une amnistie à une personne condamnée pour avoir couvert des abus sexuels dans un foyer pour enfants, ce qui a suscité une colère publique généralisée et ouvert la voie à un changement dans l’opinion publique.

Magyar s’est présenté avec un programme axé sur la réforme des services publics, notamment du secteur de la santé, contrairement au discours d’Orban centré sur l’identité et le rejet de l’immigration, ce qui a contribué à attirer une partie des électeurs de droite.

Malgré le changement politique, les politiques d’immigration ne devraient pas subir de transformation radicale, car Magyar devrait poursuivre, voire renforcer, l’approche intransigeante de son prédécesseur, afin de maintenir les équilibres internes et les orientations de la droite hongroise.

Dans le cadre de la surveillance sioniste des répercussions des élections, l’« Idea Institute », affilié au « New Israel Fund », une organisation américaine à but non lucratif qui soutient l’opposition sioniste, a envoyé une délégation comprenant deux membres de la Knesset issus de l’opposition, Orit Farkash du parti de Gadi Eisenkot, et Eitan Ginzburg de « Kahol Lavan », ainsi que des universitaires en droit constitutionnel et des militants opposés au gouvernement de Netanyahu.

Selon la chaîne sioniste Channel 12, la visite de la délégation vise à explorer la possibilité d’un « tournant politique » similaire au sein de l’entité. L’institut, quant à lui, a déclaré que l’objectif est d’observer des élections où des questions relatives à « l’avenir de la démocratie libérale » sont soulevées, laissant entendre une volonté de tirer des enseignements de l’expérience de l’opposition hongroise, si celle-ci parvient à ses fins, dans le contexte des efforts déployés pour destituer Netanyahu lors des prochaines élections.

En conclusion, la défaite d’Orban représente un changement significatif dans l’équilibre des pouvoirs en Europe, qui pourrait se refléter dans la nature des attitudes envers l’entité sioniste génocidaire, et place Netanyahu face à une réalité politique moins favorable au sein de l’Union européenne.

Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…

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