Rapport du CPI
Centre palestiniende l’information
Dans un climat politique témoignant de la pression publique croissante en Europe, une pétition demandant la suspension de l’accord de partenariat entre l’Union européenne et l’entité sioniste a franchi la barre du million de signatures en seulement trois mois, plaçant ainsi la question au cœur du débat au sein des institutions de l’Union européenne et relançant le débat sur l’avenir des relations économiques et politiques avec l’entité génocidaire.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de vague de protestations et de changements rapides de l’opinion publique européenne depuis l’agression sioniste contre Gaza en 2023, où la mobilisation populaire ne se limite plus à la rue, mais a commencé à prendre une tournure institutionnelle à travers des instruments juridiques au sein de l’Union européenne.
conscience accumulée

L’écrivain et expert en médias Hossam Shaker estime que cette pétition ne peut être considérée comme un événement numérique ou circonstanciel, mais plutôt comme un indicateur d’une évolution cumulative de la prise de conscience du public européen à l’égard de la cause palestinienne.
Dans une déclaration au Centre d’information palestinien, il souligne que le fait de dépasser le million de signatures reflète non seulement l’ampleur de la participation, mais révèle également l’existence d’une base beaucoup plus large au sein de l’opinion publique européenne qui adopte des positions critiques à l’égard de l’occupation et qui milite pour qu’elle rende des comptes sur les plans politique et juridique.
Il explique que cette situation reflète le fossé grandissant entre le public européen et les institutions officielles, où la prise de conscience du public progresse plus rapidement que la prise de décision politique, au moment même où les gouvernements européens envisagent encore avec prudence l’idée d’imposer des sanctions ou de réexaminer les accords avec l’entité sioniste.
Il ajoute que l’importance de la pétition réside non seulement dans son ampleur, mais aussi dans son timing, puisqu’elle intervient dans un contexte de déclin de la couverture médiatique de la guerre à Gaza, ce qui indique que l’engagement populaire n’a pas diminué mais s’est au contraire ancré davantage dans la structure politique européenne.
Il conclut que ce que l’on appelle la « période de la prise de conscience européenne » est toujours en cours, et qu’elle s’intensifie même progressivement, exerçant une pression accrue sur les institutions décisionnelles européennes.
Des rues aux couloirs du pouvoir
L’étude analytique publiée par le Conseil européen palestinien pour les relations politiques montre que cette initiative n’est pas apparue isolément du contexte politique général, mais qu’elle est plutôt le fruit d’une longue accumulation d’évolutions au sein de l’opinion publique européenne.
L’étude, examinée par le Centre d’information palestinien, montre que l’Union européenne a été le théâtre de plus de 50 000 manifestations et événements dans 25 pays européens en soutien à la Palestine au cours de la période écoulée, ce qui a contribué à créer un climat de pression populaire continue.
« En Europe, + 50 000 manifestations et événements dans 25 pays pour la Palestine »

Alors que la guerre à Gaza se poursuit, ce mouvement s’est progressivement déplacé de la rue vers les institutions européennes, grâce à l’activation de l’« Initiative citoyenne européenne », qui permet de soumettre des demandes directes à la Commission européenne.
L’étude indique que ce changement reflète une prise de conscience croissante, au sein de larges pans de la population européenne, que le silence face à ce qui se passe à Gaza est perçu comme une forme de complicité, ce qui a contribué à faire passer la cause palestinienne d’un cadre de protestation à un cadre de pression politique organisée.
Dans une décision notable, le Premier ministre italien Giorgia Meloni a annoncé la suspension du renouvellement automatique de l’accord de défense avec l’entité sioniste « en raison de la situation actuelle », selon l’agence de presse italienne.
Cette décision a été annoncée mardi lors d’une déclaration de Meloni à son arrivée au salon de Vérone, où elle a confirmé que le gouvernement avait pris cette mesure compte tenu de l’évolution de la situation sur le terrain.
Base juridique et pression politique
La pétition se fonde sur l’article 2 de l’accord d’association UE-Isr@el, qui stipule que le respect des droits de l’homme est une condition préalable au maintien de cet accord.
La pétition énumère toute une série de violations qu’elle considère comme une atteinte directe à cet article, notamment le ciblage de civils, la destruction d’infrastructures et d’installations médicales, l’imposition d’un blocus total de Gaza et l’utilisation de la famine comme arme de guerre.
La pétition établit également un lien entre ces violations et les décisions rendues par la Cour internationale de Justice, qui a appelé à prendre des mesures pour prévenir des actes susceptibles de constituer un génocide.
En conséquence, la pétition demande la suspension complète de l’accord de partenariat, et non un simple réexamen partiel comme cela avait été proposé précédemment au sein des institutions de l’Union européenne.
Expérience politique accumulée
L’étude indique que la pétition était le résultat d’une série d’événements politiques et juridiques qui ont contribué à mettre la question au premier plan, notamment :

La décision de la Cour internationale de Justice en janvier 2024 a ouvert un débat juridique sur les obligations de l’entité sioniste, multipliant les appels des pays européens à reconsidérer l’accord de partenariat, et les rapports et prises de position publiés par les organisations internationales de défense des droits humains, dont Amnesty International, exigeant la suspension de l’accord.
Parallèlement aux événements politiques et religieux survenus à Jérusalem, qui ont suscité de vives réactions en Europe, et ont contribué à accroître le niveau d’engagement populaire.
Un bond qualitatif

Dans ce contexte, Majid Al-Zeer, président du Conseil européen palestinien des relations politiques, affirme que ce qui s’est passé représente un changement qualitatif dans le niveau de présence palestinienne en Europe, notant que cette dynamique impose « un besoin constant d’une présence active sur différents fronts, notamment au sein de l’Union européenne et de la communauté internationale ».

Il ajoute dans une interview accordée au Centre d’information palestinien que cette large interaction, malgré les difficultés, reflète la solidarité européenne croissante avec la cause palestinienne et confirme que le discours sioniste ne domine plus l’opinion publique européenne comme auparavant, la question étant passée de la marge au centre du débat politique.
Dimension économique
L’importance de cette pétition est également soulignée par sa dimension économique, l’Union européenne étant le premier partenaire commercial de l’entité sioniste, avec un volume d’échanges estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an.
L’étude soutient que toute modification de cette relation, même partielle, pourrait avoir un impact direct sur l’économie de l’entité, conférant ainsi à la pétition un double poids politique et économique.
Une vague de signatures
Les données révèlent que plus de 10 pays européens ont dépassé le seuil légal requis pour la validation des signatures, notamment la France, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande et la Belgique.
La France arrive en tête de liste avec plus de 354 000 signatures, un indicateur décrit comme un « tsunami politique reflétant la force du mouvement populaire ».
L’Italie et l’Espagne ont également enregistré des taux de participation élevés, reflétant le large soutien populaire dont bénéficie cette initiative en Europe.
« plus de 10 pays européens ont dépassé le seuil légal requis »
Écart entre la rue et la décision
Malgré cet élan populaire, il subsiste un décalage évident entre la position de l’opinion publique européenne et les politiques officielles, l’Union européenne n’ayant pas encore pris de mesures décisives concernant la suspension de l’accord.
L’étude indique que le maintien de cette disparité pourrait entraîner une pression accrue au sein des institutions de l’UE lors de la prochaine phase.
L’obtention de ce nombre ne représente pas la fin du processus, mais plutôt le début d’une phase procédurale qui comprend la vérification des signatures, la présentation de la pétition à la Commission européenne, puis la tenue d’auditions au sein du Parlement européen, aboutissant à une position politique et juridique officielle.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
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