Par l’Agence Média Palestine
L’agence Média Palestine a consulté le nouveau rapport “Torture et génocide” de Francesca Albanese, qui sera présenté la semaine prochaine au palais des nations à Genève.
Paru il y a près d’un mois,le dernier rapport de Francesca Albanese a été largement passé sous silence dans les médias français, qui s’employaient plutôt à commenter les polémiques mensongères lancées par le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot à l’encontre de la rapporteure spéciale à l’ONU.
C’est pourtant un document important en ce qu’il démontre, avec méthode et précision, le rôle de la torture dans le génocide, autant que celui du génocide comme forme de torture. Il sera présenté la semaine prochaine par son autrice au Palais des Nations.
Torture dans et hors de la prison
L’une des particularités de ce rapport est d’examiner le recours systématique à la torture par Israël à l’encontre des Palestiniens par des pratiques exercées en détention mais aussi hors détention, prenant donc en compte les pratiques abusives imposées aux détenu-es dans les prisons israéliennes autant que le blocus, les déplacements forcés, la famine, la destruction des hôpitaux et des habitations à Gaza et dans les territoires occupés.
Ces formes “hors prison” de torture imposent “un régime de terreur psychologique continu et omniprésent sur le territoire conçu pour briser les corps, priver un peuple de sa dignité et le chasser de ses terres”, dénonce le rapport. “Il ne s’agit pas de violence accidentelle. C’est l’architecture du colonialisme de peuplement, bâtie sur des fondations de déshumanisation et maintenue par une politique de cruauté et de torture collective”.
Albanese y pointe que depuis les débuts de la construction de l’État d’Israël et tout au long de décennies d’occupation, Israël a recouru à la violence coercitive et l’a tolérée, celle-ci constituant un élément structurel de son appareil de domination, et pointe une accélération de ces pratiques depuis le 7 octobre 2023.
Le rapport dénonce une politique encouragée par un appareil législatif, judiciaire et médiatique qui ont permis et accéléré la déshumanisation des Palestinien-nes et légitimé le recours à la torture à leur encontre, soulignant une rhétorique reprise par l’ensemble de la société israélienne, affirmant que “la torture est ainsi devenue une entreprise collective”.
Le rapport énumère également les cas de torture systématiques observés dans les prisons israéliennes, passages à tabac, privation de sommeil, famine, déshydratation, exposition au froid, humiliations, violences sexuelles, refus de soins, un ensemble de pratiques destinées à briser les corps et les esprits.
Cette violence est permise, défendue et encouragée, comme a pu le démontrer l’Agence Média Palestine dans cet article sur l’abandon des charges pour viol à l’encontre de soldats israélien, ou celui-ci sur une visite proposée comme “safari” d’une prison israélienne.
La torture à double-emploi en contexte de génocide
Francesca Albanese démontre, dans son rapport, que la torture peut s’entendre comme un outil à double emploi, dans le contexte du génocide actuellement mené par ISraël à l’encotre des Palestinien-nes : la torture comme outil de génocide, et le génocide comme forme de torture.
“En effaçant le statut fondamental de la victime en tant qu’être humain, la torture agit comme un archétype d’exclusion de la communauté humaine et anéantit le sujet”, explique Albanese, qui décrit la bande de Gaza transformée par l’agression israélienne en un “vaste camp de torture” sans possibilité de mise à l’abri.
Outre les meurtres et les déplacements forcés à grande échelle, la rapporteure des droits pointe l’impact psychologique de ces pratiques sur l’ensemble de la population palestinienne, et la pratique israélienne d’effacement culturel comme une forme de torture, une attaque au sentiment d’identité, d’appartenance et de continuité.
“La force des rapports de Francesca Albanese”, commente Johann Soufi sur son compte X, “est de relier toutes les pièces du puzzle : meurtres, torture, famine, destructions massives, violences sexuelles, terreur permanente. Pris ensemble, ces actes confirment l’intention génocidaire déjà relevée dans ses précédents rapports.”
C’est en effet l’analyse cumulative des éléments cités qui permet de contrer une approche fragmentée qui a historiquement favorisé l’impunité. En considérant le génocide comme “envirronnement de torture”, Albanese décrit une structure cohérente de punition collective, où les Palestinien-nes sont collectivement soumis-es à des souffrances physiques et psychiques massives, plutôt que des excès isolés ou des défaillances en matière de sécurité.
Source : Agence Média Palestine
https://agencemediapalestine.fr/…
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