(241014) -- GAZA, Oct. 14, 2024 (Xinhua) -- A Palestinian sits among buildings destroyed by Israeli strikes in the southern Gaza Strip city of Khan Younis, on Oct. 13, 2024. (Photo by Rizek Abdeljawad/Xinhua)

Par le CPI

CPI

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a exprimé sa profonde inquiétude face au vide administratif et gouvernemental que connaît la bande de Gaza, 145 jours après la déclaration du cessez-le-feu, dans un contexte de blocage clair des mécanismes de gestion de la phase de transition et d’incapacité des instances annoncées à assumer leurs responsabilités sur le terrain.

Le Centre a averti, dans un communiqué publié jeudi, que la persistance de ce vide dans une situation déjà fragilisée par plus de deux ans de génocide continu menace gravement l’ensemble des droits fondamentaux de la population.

Il a souligné que le Comité national pour la gestion de Gaza n’a jusqu’à présent pas assumé ses fonctions opérationnelles dans le secteur, se limitant à publier des déclarations depuis l’extérieur, tandis qu’aucune mesure concrète n’a été prise par les autres organes chargés de la gestion de la phase de transition, y compris le Conseil exécutif et le Conseil de la paix, ce qui soulève de sérieuses interrogations sur l’objectif de ces instances et leur capacité à répondre aux besoins urgents de la population dans un contexte humanitaire extrêmement complexe.

Le Centre a précisé que cette situation survient alors qu’Israël continue de commettre de graves violations contre les Palestiniens à Gaza, par des bombardements aériens et d’artillerie répétés, des tirs directs sur des civils, entraînant des morts et des blessures, ainsi qu’une politique systématique de famine via le blocus étouffant et le blocage de l’entrée de l’aide humanitaire et des biens essentiels.

Il a insisté sur le fait que le cessez-le-feu n’a pas réellement mis fin aux violations graves subies par la population et que le génocide se poursuit, même à un rythme plus faible ou de manière silencieuse.

Le Centre a estimé que le vide administratif actuel amplifie la gravité de la situation humanitaire, ses effets se faisant déjà sentir sur les systèmes de santé et d’éducation, deux des secteurs les plus affectés après 28 mois de destruction massive de l’infrastructure civile.

Cette situation a conduit à l’effondrement d’une grande partie du système de santé, à la destruction d’environ 90 % des établissements éducatifs, ainsi qu’à la mort de milliers de professionnels de la santé et de l’éducation, nécessitant une réponse urgente dépassant les initiatives partielles ou temporaires.

Le Centre a souligné qu’Israël cible délibérément les structures gouvernementales anciennement gérées par le Hamas à Gaza et impose des restrictions empêchant le gouvernement de l’Autorité palestinienne d’assumer ses responsabilités administratives dans le secteur, tout en ne permettant pas encore au Comité national pour la gestion de Gaza de commencer ses missions.

Selon le Centre, cette situation laisse effectivement la population civile face à un vide administratif critique, dans l’un des moments les plus sensibles de l’histoire du secteur.

Le Centre a exprimé son étonnement de constater que parmi les priorités du Comité national figure le recrutement de personnel policier, malgré son importance pour le maintien de l’ordre public, alors qu’aucune mesure concrète n’a été prise pour traiter l’effondrement du système de santé ou relancer le processus éducatif sur des bases solides.

Ce choix suscite des inquiétudes légitimes quant à la priorité donnée à la sécurité au détriment des droits fondamentaux de la population, ce qui pourrait provoquer des tensions internes alors que la situation exige une unité d’efforts pour sauver les secteurs vitaux, en particulier la santé et l’éducation.

Le Centre de Gaza pour les droits de l’homme a insisté sur le fait que la reconstruction du système de santé et la relance de l’éducation doivent être les priorités absolues de toute administration de transition, ces deux secteurs constituant la base de la vie civile dans le secteur.

Il a également rappelé que les initiatives limitées actuellement mises en œuvre ne répondent pas aux défis posés par la destruction massive des infrastructures sanitaires et éducatives.

Le Centre a averti que l’attention portée par certaines parties aux développements de la guerre entre Israël et les États-Unis contre l’Iran ne doit pas détourner les efforts de sauvetage, de secours et d’hébergement dans la bande de Gaza, qui a subi un génocide sans précédent depuis octobre 2023, toujours en cours sous diverses formes.

Le Centre a appelé le Comité national pour la gestion de Gaza à assumer ses responsabilités nationales et humanitaires, à passer immédiatement des déclarations aux actions concrètes dans le secteur et à élaborer un plan d’urgence clair pour rétablir les services essentiels, en priorité les secteurs de la santé et de l’éducation.

Il a également exhorté la communauté internationale, l’ONU, les organismes humanitaires et les donateurs internationaux à intervenir d’urgence pour lever les restrictions qui entravent la gestion des affaires civiles à Gaza, garantir que les institutions civiles puissent remplir leurs missions et fournir les ressources nécessaires au redémarrage des secteurs vitaux.

Le Centre a conclu en affirmant que la persistance du vide administratif à Gaza, parallèlement aux violations quotidiennes israéliennes et au blocus étouffant, menace d’aggraver la catastrophe humanitaire et compromet ce qui reste des conditions de vie pour plus de deux millions de Palestiniens dans le secteur, soulignant que l’action urgente et coordonnée n’est plus une option, mais une nécessité pour protéger les droits fondamentaux de la population et éviter un nouvel effondrement des conditions humanitaires.

Source : CPI
https://french.palinfo.com/…

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