Rapport du CPI
Centre palestinien d’information
Sur les décombres d’une maison qui n’a plus rien d’une maison, le jeune Palestinien Mahmoud Hammad est assis, tenant un tamis rudimentaire, à travers lequel il passe la terre pierre par pierre, dans une dernière tentative pour retrouver les restes de sa femme et de ses enfants, engloutis par les bombardements pendant la guerre d’extermination contre la bande de Gaza.
Il ne reste plus du bâtiment de six étages qu’un amas de décombres, et de la famille, que des noms gravés dans la mémoire, après que les bombardements de l’entité génocidaire aient tout balayé. Dans ce paysage humain cruel, les outils de la vie quotidienne se transforment en moyens d’adieu, et la tragédie d’une seule famille résume l’image d’une ville entière épuisée par le siège suivi d’un génocide odieux.
Hammad a documenté les moments douloureux de ses recherches dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, dans laquelle on le voit passer au crible les décombres à l’aide d’un simple tamis, à la recherche de ce qui reste des membres de sa famille.
Il a écrit en légende de la vidéo : « J’ai enfin retrouvé la dépouille de ma femme, et c’est de cette manière primitive que je la rassemble avec son bébé. Si Dieu le veut, je retrouverai mes autres fils et filles. »
La vidéo s’est rapidement répandue sur les réseaux sociaux, où des militants ont exprimé leur choc face à cette scène, la considérant comme un témoignage poignant de l’une des tragédies humaines les plus cruelles à Gaza, dans un contexte de bombardements incessants, de pénurie de ressources et d’absence de moyens de secours.
Une histoire parmi des milliers d’autres
La sœur de Hammad a écrit sur son compte Facebook pour décrire son état après la tragédie : « Je n’aime plus voir mon frère… Ce n’est pas de la haine, mais le sentiment d’être opprimé . Mon jumeau Mahmoud n’est plus qu’un corps parmi nous, son âme est partie avec sa femme et ses enfants. On dirait qu’il a vécu cent ans, pas deux ans. »
Elle a ajouté que son frère avait auparavant tenté d’arrêter les recherches, mais qu’il n’avait pas pu s’en empêcher. Il était retourné sur les décombres de la maison et s’était mis à tamiser la terre à mains nues, grain par grain, jusqu’à ce qu’il trouve les restes de sa femme et de ses enfants. « Le résultat était évident : son visage avait changé, son dos s’était courbé et son âme était brisée. »
Elle a expliqué que son visage résumait deux années de perte et d’attente, et un cœur qui ne pouvait plus supporter davantage.

Les militants ont largement diffusé cette image, soulignant que cet homme « ne tamise ni farine ni blé, mais fouille les décombres à la recherche des restes des os de sa femme et de ses enfants », dans une image qui, résume la souffrance de milliers de Palestiniens contraints de récupérer leurs proches à l’aide d’outils rudimentaires, en raison d’une grave pénurie d’équipements lourds.
D’autres se sont demandé si l’histoire avait déjà connu une oppression similaire à celle que vivent les habitants de Gaza, soulignant que l’histoire de Hammad n’est qu’une parmi des milliers d’autres, alors que de nombreux martyrs gisent encore sous les décombres, l’occupant empêchant l’entrée des équipements nécessaires à leur dégagement.
Des vies brisées
Des blogueurs ont également souligné le changement choquant dans les traits de Hammad, se demandant : « Pouvez-vous croire que c’est la même personne ? », en comparant une photo de lui avant la tragédie et une autre après, où ce ne sont pas des années qui se sont écoulées, mais des funérailles.
L’un d’eux a écrit : « La guerre ne tue pas tout le monde, certains sont laissés en vie comme ça », tandis que d’autres ont déclaré être incapables d’oublier l’image d’un homme cherchant les ossements de sa femme et de ses enfants à l’aide d’un tamis, estimant que la vie à Gaza était devenue tellement effroyable qu’elle dépassait l’imagination.
Les militants affirment que ce qui s’est passé n’est rien de moins qu’un crime avéré, alors que des milliers de cadavres palestiniens se décomposent sous les décombres et que l’entrée des équipements lourds nécessaires aux fouilles ou à la reconstruction est interdite, dans une situation qui résume l’un des épisodes les plus brutaux et les plus cruels de la guerre.
Avec le soutien des États-Unis, l’armée d’occupation sioniste génocidiare a lancé, le 7 octobre 2023, une guerre d’extermination contre la bande de Gaza qui a duré deux ans et a fait 171 000 morts et environ 71 000 blessés, dont la plupart étaient des enfants et des femmes.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…
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