© OMS. Un enfant de sept ans souffrant de malnutrition aiguë sévère et de déshydratation dans le sud de la bande de Gaza en avril.
Par ONU Info
Source : ONU Info
« Nous nous dirigeons vers une famine massive » à Gaza. Le message des agences humanitaires de l’ONU est on ne peut plus clair concernant la situation dramatique que connaît l’enclave palestinienne ravagée par la guerre.
La Fondation humanitaire de Gaza, l’organisation d’aide privée soutenue par les États-Unis et Israël, continue de recevoir ses propres approvisionnements, mais cela ne suffit pas à enrayer ce qui apparaît comme inéluctable, a insisté vendredi Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination de l’aide humanitaire des Nations Unies (OCHA).
Cet avertissement intervient alors que des informations font état d’une intensification des opérations militaires israéliennes dans la ville de Gaza.
Évoquant la dernière évaluation catastrophique du groupe d’experts du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, soutenu par l’ONU, M. Laerke a souligné que 500.000 personnes se trouvent aujourd’hui dans la situation la plus critique, et que 160.000 autres devraient s’ajouter à ce nombre dans les semaines à venir.
Tout le monde manque de nourriture
« Ils ont tous besoin de nourriture », a-t-il dit aux journalistes à Genève. « La bande de Gaza tout entière a besoin de nourriture. La famine n’aurait pas été déclarée s’il y avait suffisamment de nourriture ».
Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a souligné le risque croissant de maladies transmissibles à Gaza, avec 94 cas suspects de syndrome de Guillain-Barré désormais signalés.
Selon l’OMS, la maladie peut provoquer une paralysie et peut être traitée à l’hôpital par immunoglobulines intraveineuses ou plasmaphérèse.
« Mais ces deux [traitements] sont en rupture de stock, tout comme les anti-inflammatoires », a déclaré Christian Lindmeier, porte-parole de l’OMS, faisant référence aux restrictions israéliennes actuelles sur l’aide humanitaire qui impactent l’acheminement des fournitures humanitaires à Gaza. « Ces livraisons doivent être accélérées de toute urgence, tout comme les capacités de surveillance et de dépistage ».

© UNICEF/Mohammed Nateel. Les enfants de Gaza souffrent de conditions de vie catastrophiques, notamment d’une grave insécurité alimentaire et de la famine.
Offensive sur la ville de Gaza
L’ONU craint que l’offensive israélienne sur la ville de Gaza n’ait des conséquences encore plus terribles sur la population de la bande de Gaza si elle s’intensifiait, a déclaré vendredi le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse à New York.
« L’ONU prend note de l’annonce israélienne faite aujourd’hui de la fin des pauses tactiques quotidiennes à Gaza, une zone désormais classée par Israël comme ‘zone de combat dangereuse’. Cette suspension menacera davantage la vie des populations et la capacité des travailleurs humanitaires à venir en aide à la population », a-t-il dit.
L’équipe de l’ONU sur le terrain a déclaré que ces pauses annoncées semblaient témoigner d’une certaine volonté de permettre la poursuite des opérations humanitaires. Pourtant, ces dernières semaines, elle a observé des bombardements dans les zones concernées et aux moments où de telles pauses avaient été décrétées.
« Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies souligne que les opérations d’aide humanitaire vitale doivent être renforcées, et non annulées », a dit M. Dujarric.
« Par ailleurs, forcer des centaines de milliers de personnes à se déplacer plus au sud est une source de catastrophe supplémentaire et pourrait s’apparenter à un transfert forcé », a-t-il ajouté.
Faciliter l’aide humanitaire
« L’ONU et ses partenaires restent à Gaza pour apporter une aide vitale, avec l’engagement de servir les populations où qu’elles se trouvent. L’ONU s’attend à ce que son travail soit pleinement facilité et rappelle aux parties que les civils, y compris les travailleurs humanitaires, doivent être protégés en permanence. Les installations humanitaires et autres infrastructures civiles doivent également être préservées », a-t-il dit.
L’OCHA affirme que les travailleurs humanitaires continuent de se heurter à des obstacles dans leurs déplacements à l’intérieur de la bande de Gaza.
Entre le 20 et le 26 août, sur 89 tentatives de coordination de missions de secours avec les autorités israéliennes à Gaza, 53 ont été facilitées, 23 initialement approuvées puis entravées sur le terrain, sept ont été refusées et six ont dû être annulées par les organisateurs, a indiqué l’OCHA.
Violence des colons israéliens en Cisjordanie
En ce qui concerne la Cisjordanie, les agences humanitaires indiquent qu’elles continuent de constater des niveaux très élevés de violence de la part des colons israéliens contre les Palestiniens, ce qui a un impact sur la situation humanitaire.
Entre mardi dernier et lundi, l’OCHA a recensé au moins 15 attaques ayant causé des blessures ou des dégâts matériels dans 13 communautés palestiniennes. Ces attaques ont blessé huit Palestiniens et contraint six familles d’éleveurs à fuir leurs foyers, soit 15 adultes et près de 20 enfants déplacés.
Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…
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