© UNICEF/Mohammed Nateel. Le camp de déplacés d’Al-Rimal, dans la ville Gaza.

Par ONU Info

Source : ONU Info

Le Secrétaire général de l’ONU a dénoncé, jeudi matin, la récente escalade militaire dans l’enclave palestinienne, où Israël a annoncé son intention d’occuper la ville de Gaza. Une décision qualifiée de « dangereuse » par António Guterres, qui appelle à mettre fin au « catalogue d’horreurs » auquel est soumis le territoire.

Devant une foule de micros tendus par les journalistes, au siège new-yorkais des Nations Unies, M. Guterres a dressé un tableau sans appel : « Gaza est un amas de ruines, un amas de corps, un amas de faits qui peuvent constituer de graves violations du droit international ».

Dans ce contexte « sans équivalent dans l’histoire récente », il a jugé proprement inhumain de contraindre des centaines de milliers de civils, déjà épuisés, affamés et traumatisés, à prendre à nouveau la fuite, en raison de l’intensification de l’offensive israélienne. « Cela doit cesser », a-t-il martelé.

Le chef de l’ONU s’est notamment indigné des frappes israéliennes menées en début de semaine contre l’hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de l’enclave. « Une attaque a été suivie d’une autre, tuant des civils, dont du personnel médical et des journalistes accomplissant leur mission essentielle », a-t-il dénoncé, évoquant le « catalogue d’horreurs interminables » que subissent les deux millions d’habitants de Gaza.

Au-delà des bombes, c’est l’effondrement des conditions de vie que le Secrétaire général a voulu mettre en lumière. « La famine n’est plus une menace à venir – c’est une catastrophe bien réelle, aujourd’hui », a-t-il affirmé. Une référence à la publication, vendredi 22 août, d’un rapport d’experts endossé par l’ONU, mais contesté par Israël, reconnaissait officiellement la présence de famine dans la ville de Gaza et ses environs. « Des personnes meurent de faim. Des familles sont brisées par le déplacement et le désespoir. Des femmes enceintes affrontent des risques inimaginables ».

De retour d’une visite à Gaza, Cindy McCain, la responsable du Programme alimentaire mondial (PAM), a confirmé ce diagnostic. « Gaza est au bord du gouffre », a-t-elle rapporté sur le réseau social X. « 500.000 personnes souffrent de faim AUJOURD’HUI ». Mme McCain a appelé à relancer le réseau du PAM de plus de 200 points de distribution alimentaire, cuisines collectives et boulangeries au plus vite – ce à quoi les autorités israéliennes s’opposent.

Selon le Secrétaire général, les souffrances des Gazaouis ne sont pas des conséquences collatérales, mais bien « le résultat de décisions délibérées qui bafouent l’humanité la plus élémentaire ». Israël, en tant que puissance occupante, « a des obligations claires », a-t-il insisté : assurer nourriture, eau, médicaments, protéger les civils et infrastructures, et « cesser de détruire ce qui est indispensable à la survie de la population ».

M. Guterres a également rappelé les « mesures provisoires contraignantes » émises par la Cour internationale de justice, au titre desquelles la plus haute juridiction onusienne impose à Israël de garantir un accès humanitaire sans entrave. Or, a-t-il regretté, « jour après jour, nos efforts sont bloqués, retardés, refusés. C’est inacceptable ».

Le bilan est lourd : selon les autorités sanitaires gazaouies, en près de deux ans de conflit, plus de 60,000 Palestiniens ont été tués dans l’enclave, selon les autorités locales de santé. Le personnel de l’organisation n’est pas épargné : 366 membres des Nations Unies ont été tués depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023, suite à l’attaque lancée par le Hamas en Israël, dans laquelle environ 1,200 personnes ont trouvé la mort. À ce propos, le Secrétaire général a demandé la libération immédiate et sans conditions des dizaines d’otages encore retenus par le groupe à Gaza.

En Cisjordanie, la situation n’est guère moins préoccupante : expansion des colonies israéliennes, violences des colons, démolitions, discriminations. M. Guterres a dénoncé le feu vert donné par le gouvernement israélien à la création d’une nouvelle colonie à l’est de Jérusalem, en plein territoire palestinien occupé. Un projet illégal, selon l’ONU, qui couperait le territoire palestinien en deux. « L’approbation récente d’un plan de construction de milliers de colonies dans la zone E1 séparerait de fait le nord et le sud de la Cisjordanie – une menace existentielle pour la solution à deux États », a-t-il averti.

Au terme de la conférence de presse, le Secrétaire général a lancé un ultime appel, maintes fois répété : « Il n’existe pas de solution militaire à ce conflit. […] Plus d’excuses. Plus d’obstacles. Plus de mensonges ».

Source : ONU Info
https://news.un.org/fr/…

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