Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’en va après s’être adressé à la 81e Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, aux États-Unis, le 24 septembre 2026 (Reuters)
Par Jonathan Cook
Middle East Eye, le 1er octobre 2026
Traduction : lecridespeuples.substack.com
La visite éclair de Benjamin Netanyahou aux États-Unis la semaine dernière, pour s’adresser à l’Assemblée générale des Nations unies, a fourni une preuve supplémentaire que le Premier ministre israélien est désormais un paria universel.
Il est abandonné même par ses alliés les plus proches.
Il n’était peut-être pas surprenant que 77 nations, dont une poignée d’États européens, quittent la salle en signe de protestation parce qu’un suspect recherché pour crimes de guerre, un fugitif de la Cour pénale internationale (CPI), se voyait offrir une tribune sur la plus grande scène du monde.
Ce qui s’est passé, ou plutôt ce qui ne s’est pas passé, loin de la tribune était bien plus notable. Netanyahou n’a passé que huit heures aux États-Unis avant de repartir pour Israël. Il est difficile de croire que ce fut son choix.
Il s’est vu refuser son habituel moment de gloire avec Donald Trump à la Maison-Blanche, et n’a même pas pu obtenir un entretien avec le secrétaire d’État Marco Rubio.
Il n’y a eu aucune invitation à s’adresser au Congrès américain, ni, avec elle, les scènes habituelles de législateurs célébrant avec ravissement son incitation anti-palestinienne.
L’ancien ambassadeur d’Israël à Washington, Michael Oren, a déclaré à Reuters : « Je ne me souviens pas d’une fois où le Premier ministre soit venu aux États-Unis sans rencontrer le président. »
La mise à l’écart de Netanyahou contrastait fortement avec l’accueil réservé à Xi Jinping. Le dirigeant chinois a été accueilli personnellement à l’aéroport par Trump, avec tapis rouge et survol militaire.
Des avertissements ignorés
La visite de Netanyahou à l’ONU a été exploitée par les deux camps, par les responsables israéliens comme par les dirigeants occidentaux, pour faire avancer leurs agendas respectifs, distincts et contradictoires.
Netanyahou est à un mois d’élections générales très disputées dans lesquelles, pour la première fois, son incapacité à empêcher l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 fait l’objet d’un examen minutieux.
Selon un nombre croissant de rapports récents, il avait été averti par des dirigeants égyptiens et du Golfe qu’un événement majeur, un « séisme », viendrait de Gaza dans les jours et les semaines précédant la percée du Hamas, mais il n’a pas agi.
Netanyahou avait programmé son discours à l’ONU pour la plage horaire de grande écoute en Israël, afin de toucher le plus large public national possible. Il en a profité pour traiter d’autres dirigeants mondiaux de « lâches moraux » et d’« hypocrites ».
Comme le note l’analyste israélien Jonathan Ofir, Netanyahou a également utilisé la tribune de l’ONU pour glisser une expression biblique en hébreu, conçue pour servir de message codé aux auditeurs restés au pays : un appel à ce qu’Israël mène le génocide jusqu’au bout.
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