Par Rami Abou Reida
𝘐𝘭 𝘺 𝘢 𝘶𝘯 𝘢𝘯, 𝘫’𝘢𝘪 é𝘤𝘳𝘪𝘵 𝘤𝘦 𝘵𝘦𝘹𝘵𝘦 𝘦𝘵 𝘱𝘳𝘪𝘴 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘱𝘩𝘰𝘵𝘰 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘭𝘪𝘵𝘵𝘰𝘳𝘢𝘭 𝘥𝘦 𝘈𝘭-𝘘𝘢𝘳𝘢𝘳𝘢, 𝘢𝘶 𝘯𝘰𝘳𝘥-𝘰𝘶𝘦𝘴𝘵 𝘥𝘦 𝘒𝘩𝘢𝘯 𝘠𝘰𝘶𝘯𝘪𝘴, 𝘢𝘶 𝘮𝘰𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘰ù 𝘭’𝘢𝘳𝘮é𝘦 𝘪𝘴𝘳𝘢é𝘭𝘪𝘦𝘯𝘯𝘦 𝘥𝘦𝘮𝘢𝘯𝘥𝘢𝘪𝘵 𝘢𝘶𝘹 𝘩𝘢𝘣𝘪𝘵𝘢𝘯𝘵𝘴 𝘥𝘦 𝘎𝘢𝘻𝘢-𝘷𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘥’𝘦́𝘷𝘢𝘤𝘶𝘦𝘳 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘴𝘦 𝘥𝘪𝘳𝘪𝘨𝘦𝘳 𝘷𝘦𝘳𝘴 𝘭𝘦 𝘴𝘶𝘥.
𝘘𝘶𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘦́𝘱𝘳𝘦𝘶𝘷𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦 𝘥𝘦́𝘱𝘭𝘢𝘤𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 ! 𝘘𝘶𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘦́𝘱𝘳𝘦𝘶𝘷𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘤𝘦𝘶𝘹 𝘲𝘶𝘪 𝘥𝘰𝘪𝘷𝘦𝘯𝘵 𝘲𝘶𝘪𝘵𝘵𝘦𝘳 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘮𝘢𝘪𝘴𝘰𝘯, 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘷𝘪𝘭𝘭𝘦, 𝘭𝘦𝘶𝘳𝘴 𝘴𝘰𝘶𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳𝘴, 𝘦𝘵 𝘱𝘢𝘳𝘵𝘪𝘳 𝘢𝘷𝘦𝘤 𝘴𝘦𝘶𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘤𝘦 𝘲𝘶’𝘪𝘭𝘴 𝘱𝘦𝘶𝘷𝘦𝘯𝘵 𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘳 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦𝘶𝘳 𝘥𝘰𝘴 ?
𝘐𝘭 𝘺 𝘢 𝘶𝘯 𝘢𝘯, 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘴𝘤è𝘯𝘦 𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘥𝘦𝘷𝘦𝘯𝘶𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘳𝘢𝘭𝘪𝘵𝘦́ 𝘱𝘢𝘳𝘮𝘪 𝘥𝘦𝘴 𝘮𝘪𝘭𝘭𝘪𝘦𝘳𝘴 𝘥𝘦 𝘧𝘢𝘮𝘪𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘎𝘢𝘻𝘢. 𝘊𝘦 𝘫𝘰𝘶𝘳-𝘭à, 𝘢𝘶 𝘭𝘪𝘵𝘵𝘰𝘳𝘢𝘭 𝘥’𝘈𝘭-𝘘𝘢𝘳𝘢𝘳𝘢, 𝘢𝘶 𝘯𝘰𝘳𝘥-𝘰𝘶𝘦𝘴𝘵 𝘥𝘦 𝘒𝘩𝘢𝘯 𝘠𝘰𝘶𝘯𝘪𝘴, 𝘫’𝘢𝘪 𝘷𝘶 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘧𝘢𝘮𝘪𝘭𝘭𝘦 𝘵𝘦𝘯𝘵𝘦𝘳 𝘥𝘦 𝘵𝘳𝘢𝘯𝘴𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘳 𝘴𝘶𝘳 𝘶𝘯 𝘤𝘢𝘮𝘪𝘰𝘯 𝘷é𝘵𝘶𝘴𝘵𝘦 𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘪 𝘭𝘶𝘪 𝘳𝘦𝘴𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘥𝘦 𝘴𝘢 𝘷𝘪𝘦.
𝐒𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐚𝐦𝐢𝐨𝐧, 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐭𝐫𝐢𝐞…
Je l’ai prise aujourd’hui près de Mawasi Al-Qarara.
Cette image résume toute notre tragédie en une seule scène :
Un camion vétuste, marqué par la guerre et les bombardements, qui peine à avancer, chargé de ce qu’il reste de la vie d’une famille déplacée de Gaza-ville. Sur le camion s’entassent les affaires : matelas, ustensiles, bidons d’eau, et tout ce qu’ils ont pu emporter d’une patrie devenue cendres.
Le véhicule est brisé, son pare-brise fissuré, sans vitres, avançant de travers comme la tour de Pise, exposant ses blessures comme les visages des gens révèlent ce qu’ils portent en eux.
Lorsque j’ai commencé à prendre la photo, malgré la fatigue et la douleur, deux jeunes hommes sont apparus à la fenêtre, levant les doigts en signe de victoire, comme s’ils disaient au monde :
𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐥𝐚̀… 𝐧𝐨𝐬 𝐞𝐬𝐩𝐫𝐢𝐭𝐬 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐛𝐫𝐢𝐬𝐞́𝐬, 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐧𝐨𝐬 𝐦𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐯𝐨𝐢𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭.
Cette scène n’est pas simplement un déplacement d’un endroit à un autre. C’est une nouvelle étape d’un déplacement forcé et répété ; une quête d’un lieu sûr qui n’existe pas, et une vie transportée sur des roues rouillées qui avancent péniblement sur la route.
Et pourtant, les gens essaient de sourire, de montrer une part de leur résistance. L’oppression n’efface pas la dignité, et l’épreuve ne parvient pas à éteindre tout ce qui reste d’espoir en l’être humain.
C’est Gaza dans toute sa réalité : la destruction au-dessus des têtes, les routes poussiéreuses qui s’étendent à perte de vue, et des hommes qui transportent ce qu’il reste de leur vie sur un camion délabré, puis continuent leur chemin.
𝐋’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐩𝐞𝐫𝐝𝐫𝐞 𝐬𝐚 𝐦𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧, 𝐬𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐭 𝐚𝐮 𝐟𝐢𝐥 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞𝐬, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐢𝐥 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐝 𝐩𝐚𝐬 𝐧𝐞́𝐜𝐞𝐬𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐬𝐚 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭𝐞́ 𝐚̀ 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐞𝐫.
𝐋’𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐧𝐜𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐫𝐯𝐢𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐭.
26 septembre 2025
𝐌𝐞𝐬 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐭𝐬… 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐦𝐚 𝐭𝐞𝐧𝐭𝐞… 𝐌𝐚𝐰𝐚𝐬𝐢 𝐝𝐞 𝐊𝐡𝐚𝐧 𝐘𝐨𝐮𝐧𝐢𝐬
Source : auteur
https://www.facebook.com/RamiAbouReida
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