Entre la ville et la tente… une barrière de souffrance

Par Rami Abou Reida

𝘊𝘦 𝘵𝘦𝘹𝘵𝘦, 𝘫𝘦 𝘭’𝘢𝘪 é𝘤𝘳𝘪𝘵 𝘪𝘭 𝘺 𝘢 𝘶𝘯 𝘢𝘯, 𝘢𝘶 𝘤œ𝘶𝘳 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘴𝘰𝘶𝘧𝘧𝘳𝘢𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘶 𝘥é𝘱𝘭𝘢𝘤𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘦𝘵 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘴𝘰𝘶𝘴 𝘭𝘢 𝘵𝘦𝘯𝘵𝘦.

𝘑𝘦 𝘭𝘦 𝘳𝘦𝘱𝘶𝘣𝘭𝘪𝘦 𝘢𝘶𝘫𝘰𝘶𝘳𝘥’𝘩𝘶𝘪, 𝘱𝘢𝘳𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘫’𝘺 𝘥é𝘤𝘳𝘪𝘷𝘢𝘪𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘦 𝘵𝘦𝘹𝘵𝘦 𝘳𝘦𝘴𝘵𝘦, 𝘮𝘢𝘭𝘩𝘦𝘶𝘳𝘦𝘶𝘴𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵, 𝘶𝘯𝘦 𝘳é𝘢𝘭𝘪𝘵é 𝘲𝘶𝘦 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘷𝘪𝘷𝘰𝘯𝘴 𝘦𝘯𝘤𝘰𝘳𝘦 𝘢𝘶𝘫𝘰𝘶𝘳𝘥’𝘩𝘶𝘪, 𝘦𝘵 𝘲𝘶𝘪 𝘱𝘰𝘶𝘳𝘳𝘢𝘪𝘵 𝘮ê𝘮𝘦 𝘳𝘦𝘴𝘵𝘦𝘳 𝘢𝘪𝘯𝘴𝘪 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭’𝘢𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳.

𝗘𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲… 𝘂𝗻𝗲 𝗯𝗮𝗿𝗿𝗶è𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝘂𝗳𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲

Je me rends souvent dans le gouvernorat du Centre, à Nousseirat, Al-Zawaida et Deir al-Balah. Ces villes qui, malgré les destructions qu’elles ont subies, ont encore conservé leur aspect général, leurs rues, leurs maisons et leur vie quotidienne.

Chaque fois que j’y entre, j’ai l’impression que l’air lui-même raconte une vie qui n’a pas été complètement détruite, une vie qui connaît encore le sens de la stabilité, même partiellement.

J’y ai des amis. Je leur rends visite, je m’assois avec eux, je partage leurs conversations et leurs souvenirs de temps en temps.

Mais quelque chose a changé en moi…

𝗨𝗻 𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 é𝘁𝗿𝗮𝗻𝗴𝗲 𝘀’𝗮𝗰𝗰𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲 à 𝗺𝗼𝗶, 𝗺𝗲 𝗳𝗮𝗶𝘀𝗮𝗻𝘁 𝗮𝗹𝗹𝗲𝗿 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗻𝗼𝘀𝘁𝗮𝗹𝗴𝗶𝗲 𝗲𝘁 𝗹’𝗶𝗺𝗽𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱’ê𝘁𝗿𝗲 é𝘁𝗿𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿, 𝗲𝗻 𝗺ê𝗺𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀.

Je ne sens plus que j’appartiens à cet endroit comme avant.

Deux années de déplacement forcé, d’une maison à une tente, puis d’une tente à une autre.

Près de treize fois, nous avons porté sur nos épaules ce qui restait de notre vie pour partir ailleurs. Et chaque fois, nous avons laissé derrière nous une partie de nos âmes et de nos affaires.

J’ai appris que lorsqu’un être humain est arraché à sa maison, il perd bien plus que des murs et des meubles.

𝗜𝗹 𝗽𝗲𝗿𝗱 𝘀𝗮 𝘀é𝗿é𝗻𝗶𝘁é, 𝘀𝗮 𝗱𝗶𝗴𝗻𝗶𝘁é, 𝗲𝘁 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝘀é𝗰𝘂𝗿𝗶𝘁é 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗰𝗿𝗼𝘆𝗮𝗶𝘁 ê𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁 𝗻𝗮𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹.

Soudain, la terre devient à la fois familière et étrangère. Et l’être humain devient étranger, même parmi des gens qu’il connaît depuis longtemps.

Nos visages se sont ridés, assombris et brûlés par la violence du soleil et le poids des jours, tandis que les visages des autres paraissent ordinaires, calmes, comme s’ils n’avaient jamais quitté la chaleur de leurs maisons.

Nos vêtements sont délavés, peu nombreux. Nous n’en avons que le strict nécessaire. Nous les portons, nous les lavons, puis nous attendons qu’ils sèchent pour pouvoir les remettre.

𝗟𝗲𝘂𝗿𝘀 𝘃ê𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 à 𝗲𝘂𝘅 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗰𝗼𝗹𝗼𝗿é𝘀, 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗲𝘀, 𝗻𝗲𝘂𝗳𝘀, 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘀’𝗶𝗹𝘀 𝗿𝗮𝗰𝗼𝗻𝘁𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲 𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗺ê𝗺𝗲 𝗴𝘂𝗲𝗿𝗿𝗲, 𝘂𝗻𝗲 𝘃𝗶𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗼𝘂𝗰𝗲 𝗲𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗮𝗽𝗮𝗶𝘀é𝗲.

Je m’assois devant leurs enfants. Je les regarde, pleins de vitalité et d’énergie, poursuivre leur éducation à distance grâce aux écrans et aux moyens dont ils disposent.

Alors je m’enfonce dans le silence.

Et je pense à mon fils Mohammad, âgé de seize ans…

Ses traits ont changé. La fatigue et la chaleur les ont marqués.

𝗦𝗼𝗻 𝘃𝗶𝘀𝗮𝗴𝗲 𝗽𝗮𝗿𝗮î𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 â𝗴é 𝗾𝘂𝗲 𝘀𝗼𝗻 â𝗴𝗲.

Son enfance s’est brisée entre les files pour chercher de l’eau, le transport et la découpe du bois, l’allumage du feu et toutes les tâches quotidiennes qui lui ont volé son innocence, ainsi que ses pensées sur tout ce qu’il a perdu dans son éducation.

J’imagine aussi mes filles et ma femme, et la manière dont la tente a changé leurs visages et leurs âmes, dont la vie s’est tellement rétrécie autour d’elles qu’il n’y a presque plus de place, dans leurs traits, pour le repos ou l’espoir.

Et Laya, qui se préparait à passer son examen du baccalauréat, retardé de deux ans, dans des conditions extrêmement difficiles…

Parfois, je m’arrête sur de petits détails, mais ils révèlent toute la dureté de la vie sous la tente :

𝗗𝘂 𝘀𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗼𝘂𝘁, 𝘂𝗻 𝗲𝘀𝗽𝗮𝗰𝗲 𝗿é𝘀𝗲𝗿𝘃é à 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗰𝗵𝗼𝘀𝗲, 𝗲𝘁 𝘂𝗻 𝗽𝗲𝘁𝗶𝘁 𝗲𝘀𝗽𝗮𝗰𝗲 𝗱𝗲𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗼𝗳𝗳𝗶𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝘂𝗶𝘀𝗶𝗻𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗺𝘂𝗿𝘀.

Il y a un feu rudimentaire, une table et un bidon d’eau. Cela ne ressemble en rien à une cuisine.

Nous y cuisinons et préparons nos repas avec beaucoup de difficulté.

Les toilettes sont indignes d’un être humain. Leurs parois sont en plastique. C’est un espace étroit où l’on peut à peine bouger.

Et la douche n’est pas un jet d’eau comme nous en avions l’habitude. C’est de l’eau que l’on verse avec un récipient sur la tête et le corps.

À chaque fois, un sentiment d’humiliation et de froid reste collé à la peau.

Tous ces petits détails se sont accumulés pour devenir un poids psychologique et physique.

Ils nous rappellent constamment que nous sommes sans véritable maison, sans intimité, sans sécurité.

Je me parle à voix basse :

« 𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗻𝘀-𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘃𝗶𝘃𝗿𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗰𝗲𝗹𝗮 𝗲𝘁 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗲𝗿𝘀𝗲𝗿 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 é𝗽𝗿𝗲𝘂𝘃𝗲 ? 𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗿é𝘀𝗲𝗿𝘃𝗲𝗿 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗶𝗴𝗻𝗶𝘁é 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝗰𝗲 ? »

Parfois, je trouve la réponse dans le silence de la nuit, dans le murmure du vent entre les tentes, et dans chaque souffle que nous respirons dans cet air rempli de poussière et de fumée.

𝗝𝗲 𝗻’𝗲𝗻𝘃𝗶𝗲 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗲𝘁 𝗷𝗲 𝗻𝗲 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗲𝗻 𝘃𝗲𝘂𝘅 𝗽𝗮𝘀.

Je crois que ce que nous vivons est une épreuve, et que la patience face à cette épreuve est une forme de dévotion.

Notre situation est celle de plus d’un million de personnes déplacées et dispersées qui vivent comme nous, ou peut-être dans des conditions encore pires.

Mais je ne peux pas ignorer cette différence douloureuse entre nous et les habitants des villes qui n’ont pas été déplacés, par chance.

𝗡𝗼𝘂𝘀, 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘃𝗶𝘃𝗼𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝘃𝗶𝗲 𝗽𝗿𝗶𝗺𝗶𝘁𝗶𝘃𝗲, 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗲 𝗯é𝗱𝗼𝘂𝗶𝗻𝗲.

Eux vivent encore la vie de la ville, même si elle est lourde de peur et d’attente.

Nous pensons :

Quand la guerre finira-t-elle, pour que nous puissions partir à la recherche de dignité et de sérénité ?

Ou rester et chercher un endroit où notre tente pourra rester quelque temps en sécurité ?

Ou retourner vers les ruines de nos maisons détruites ?

Ou simplement nous rapprocher un peu des murs de nos maisons qui se sont effondrés ?

Eux, ils pensent seulement à la fin de la guerre pour rester dans leurs maisons comme avant, sans être arrachés à leur lieu de vie ni jetés dans la rue.

𝗠𝗼𝗻 𝗾𝘂𝗼𝘁𝗶𝗱𝗶𝗲𝗻 𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗶𝗳𝗳é𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗹𝗲𝘂𝗿.

Moi, par exemple, je dors à même le sol en pensant que je dois me réveiller tôt pour obtenir une bonne place dans la file d’attente pour l’eau.

Et je pense aussi à ma tente, en espérant qu’elle restera debout pour me protéger, moi et mes enfants, de l’hiver qui approche et auquel nous ne savons pas comment faire face.

Nous n’avons ni vêtements d’hiver ni couvertures. Tout est resté dans le dernier endroit où nous avons été déplacés.

Chaque pas que je fais entre les tentes du camp me ramène à ce sentiment d’être psychologiquement à découvert, au sentiment d’avoir perdu ma maison, au sentiment que nous voyageons sans bateau, sans port où accoster.

𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘀’𝗶𝗹 𝘆 𝗮𝘃𝗮𝗶𝘁 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗲𝘂𝘅 𝗲𝘁 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗯𝗮𝗿𝗿𝗶è𝗿𝗲 𝗶𝗻𝘃𝗶𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲, 𝘂𝗻 𝗺𝘂𝗿 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝘂𝗳𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗻𝗲 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗮𝘀 𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰𝗵𝗶𝗿.

Ils ne le ressentent pas comme nous, parce qu’ils ne l’ont pas vécu, alors que nous sommes les enfants de la même terre et que nous vivons la même guerre.

Ce sentiment m’envahit davantage à chaque visite et devient encore plus fort lorsque je retourne au camp.

Dès que ses tentes apparaissent au loin, j’ai l’impression de quitter peu à peu mon humanité.

J’entre dans le camp et tout mon être se transforme…

𝗝𝗲 𝗱𝗲𝘃𝗶𝗲𝗻𝘀 𝘂𝗻 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲 𝗵𝗼𝗺𝗺𝗲 ; 𝗱é𝗽𝗿𝗶𝗺é, 𝗮𝗹𝗼𝘂𝗿𝗱𝗶, 𝗷𝗲 𝗻𝗲 𝗱é𝘀𝗶𝗿𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻, 𝘀𝗶 𝗰𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗼𝘂𝗯𝗹𝗶𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗷𝗼𝘂𝗿𝗻é𝗲 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁, 𝗲𝘁 𝗺𝗲 𝗹𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿 𝗮𝗹𝗹𝗲𝗿 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝘃𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗮𝗹𝗲 𝗷𝗼𝘂𝗿 𝗮𝗽𝗿è𝘀 𝗷𝗼𝘂𝗿.

Je n’ai pas souvent ressenti cela au début de nos déplacements, lorsque j’étais déplacé dans la maison d’amis à Rafah, dans l’appartement d’un ami à Abasan, ou même dans la maison de ma sœur et de mes proches à Bani Suheila.

Là-bas, malgré la douleur et l’étroitesse, les murs avaient encore leur dignité, la maison gardait son intimité, et l’être humain conservait encore une part de sa sérénité et de sa dignité.

𝗠𝗮𝗶𝘀 𝗹𝗮 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗱𝘂𝗿𝗲.

Elle vous dépouille du sentiment d’être vous-même et vous transforme progressivement en l’ombre d’un être humain.

La tente ne vous protège pas vraiment. Elle expose plutôt votre vulnérabilité face au froid et à la chaleur, et vous rappelle à chaque instant que vous êtes sans maison, sans abri, sans stabilité.

Le réchaud, les toilettes et le récipient d’eau froide ne laissent aucune place au repos.

Chaque petit geste vous rappelle que vous êtes dans la rue, à découvert, et temporairement privé de dignité.

𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝘃𝗶𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝗰𝗶𝗲𝗹 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗲, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝘁𝗼𝗶𝘁 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗮𝗯𝗿𝗶𝘁𝗲𝗿, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗺𝘂𝗿 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿.

𝗠𝗲𝘀 é𝗰𝗿𝗶𝘁𝘀… 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗺𝗮 𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲, 𝗼ù 𝗹𝗲 𝘀𝘁𝘆𝗹𝗼 𝘀𝗲 𝗰𝗮𝗰𝗵𝗲 𝗽𝗮𝗿𝗺𝗶 𝗹𝗮 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗰𝗵𝗮𝗹𝗲𝘂𝗿, 𝗲𝘁 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘁𝘀, 𝗹’é𝗰𝗵𝗼 𝗱𝗲 𝗹’𝗮𝗯𝘀𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗻𝗼𝘀𝘁𝗮𝗹𝗴𝗶𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗺𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗲𝗿𝗱𝘂𝗲, 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 â𝗺𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗵𝗲𝗿𝗰𝗵𝗲 𝘂𝗻 𝗮𝗯𝗿𝗶 𝗲𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝘀é𝗿é𝗻𝗶𝘁é 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗮𝗿𝘂𝗲.

𝗠𝗮𝘄𝗮𝘀𝗶, 𝗞𝗵𝗮𝗻 𝗬𝗼𝘂𝗻è𝘀…

Rami Abou Reida

15 septembre 2025

Source : la page FB de l’auteur
https://www.facebook.com/RamiAbouReida

La sommaire de Rami Abou Reida
Notre dossier Palestine

Laisser un commentaire