Un récit qui s’impose…de nouvelles écritures retracent la réalité des crimes sionistes à Gaza

Rapport du CPI

Centre palestinien de l’information

À l’heure où l’occupation sioniste tente de tromper sur la caractérisation des événements survenus dans la bande de Gaza et d’éviter le terme de « génocide », tout en reconnaissant l’ensemble de ses actions, l’architecte et chercheur britannico-sioniste Eyal Weizman présente une nouvelle lecture documentaire et analytique de ce qu’il décrit comme un processus de destruction systématique qui a ciblé la structure physique de la vie palestinienne et a remodelé le territoire de façon permanente.

L’ouvrage, intitulé « Undergrounding : The Architecture of Genocide » (L’architecture du génocide en sous-sol), a fait l’objet d’un long article dans le magazine Foreign Policy, intitulé « Israel’s Genocide Architecture in Gaza » (L’architecture du génocide sioniste à Gaza).

Bien que de nombreux Américains pensent, d’après de précédents sondages, que les sionistes ont commis un génocide contre les Palestiniens de la bande de Gaza au cours des trois dernières années, les efforts déployés pour comprendre pleinement ce qui s’est passé et pour demander des comptes aux sionistes n’ont jusqu’à présent donné que des résultats négligeables.

L’affaire portée devant la Cour internationale de Justice a été entravée par l’opposition américaine et européenne, tandis que le débat sur la qualification des faits s’est transformé en une vive dispute politique davantage axée sur des divergences de définition que sur la réalité du terrain, tandis que les manifestations étudiantes qui ont éclaté au printemps 2024 ont été violemment réprimées avant de s’apaiser en grande partie.

C’est précisément à partir de cette lacune que Weizman commence son récit, tentant de retracer l’histoire de la destruction systématique qu’a subie la bande de Gaza, rue par rue, ferme par ferme, hôpital par hôpital.

Une méthodologie documentaire détachée du débat politique

Le projet de Weizmann repose sur l’idée que s’appuyer sur des preuves de terrain et des faits documentés permet de dépasser les débats politiques stériles. L’ouvrage s’appuie sur l’analyse de milliers de photos, vidéos, enregistrements et témoignages, que l’équipe de recherche a utilisés pour créer une carte numérique documentant la destruction dans la bande de Gaza.

L’auteur ne se contente pas de documenter l’instant présent, mais présente un récit historique plus large du développement de Gaza, en retraçant son statut de l’une des régions agricoles les plus fertiles du Moyen-Orient avant 1948, puis les transformations qu’elle a subies depuis la Nakba, en passant par l’occupation sioniste de 1967, jusqu’au siège qui lui est imposé depuis 2007 ; un siège que Weizman considère comme plus qu’une simple mesure de sécurité, mais plutôt comme un moyen à long terme de contrôler la population et d’affaiblir les fondements de sa vie, avant de dégénérer en opérations militaires à grande échelle suite à l’attaque du 7 octobre 2023.

Weizman affirme que les tactiques de guerre à Gaza n’étaient pas entièrement nouvelles, mais plutôt le prolongement de pratiques militaires sionistes en vigueur depuis de nombreuses années. Il consacre un chapitre important à l’analyse de la guerre des tunnels entre les genocidaires et le Hamas, expliquant que les attaques militaires répétées de 2008 jusqu’à la veille de la guerre de 2023 n’ont pas permis d’éliminer le réseau de tunnels et ont même, dans certains cas, contribué à créer les conditions propices à son expansion.

Il aborde également le discours sioniste concernant la taille et la complexité de ce réseau, considérant que certaines des perceptions qui ont été mises en avant ont été utilisées pour justifier l’ampleur des destructions infligées à la surface urbaine du secteur.

Du ciblage des combattants à la destruction des fondements de la vie

L’idée centrale sur laquelle Weizman fonde son analyse est que les attaques militaires sionistes ne se limitaient pas au ciblage des combattants ou des infrastructures militaires, mais s’étendaient à la destruction systématique des fondements de la vie civile.


Plusieurs chapitres du livre prennent l’allure d’une enquête criminelle architecturale, l’auteur expliquant en détail comment son équipe a reconstitué les faits de crimes de guerre spécifiques à partir de preuves techniques et de terrain, tout en accusant les porte-parole sionistes de présenter des récits trompeurs ou sélectivement édités.

Les exemples examinés dans le livre comprennent la destruction complète de quartiers résidentiels, la destruction de fermes et d’installations agricoles, le ciblage de bâtiments publics tels que des hôpitaux, des écoles, des universités, des lieux de culte et des installations économiques, ainsi que l’expansion des zones tampons et le fait de forcer les résidents à fuir à plusieurs reprises vers des zones décrites comme « sûres » alors qu’en réalité elles ne disposaient pas des ressources minimales nécessaires à leur survie.

L’ouvrage ne néglige pas l’impact environnemental de cette destruction, car il considère que la destruction des réseaux d’eau et d’assainissement, des terres agricoles et des sols aura des conséquences à long terme qui s’étendront bien au-delà de la période des opérations militaires elles-mêmes ; de vastes superficies de terres agricoles ont été mises hors service, et des milliers de fermes, de vergers et de cheptels ont été détruits, ce qui menace la capacité du secteur à rétablir sa production agricole à l’avenir.

Weizman conclut que la compréhension des événements de Gaza ne saurait se limiter au nombre de victimes ou à l’ampleur des destructions urbaines. Elle exige également une analyse de la manière dont le territoire, l’environnement et le cadre bâti ont été modifiés, de sorte que la destruction des conditions de vie elles-mêmes est devenue partie intégrante de l’opération militaire. Dans cette perspective, il appelle à élargir la notion de génocide afin d’y inclure, outre les massacres et les déplacements de population, la destruction de l’environnement, des infrastructures et des conditions mêmes qui rendent la vie possible.

Ainsi, selon Foreign Policy, l’ouvrage présente une vision documentaire et analytique fondée sur l’étude architecturale, les cartes et les preuves numériques pour reconstituer les événements de la guerre, ouvrant un débat plus approfondi sur la nature des opérations militaires à Gaza et leurs effets humanitaires et environnementaux, considérant que le remodelage du territoire et la destruction des fondements de la vie constitue.

Source : CPI
https://french.palinfo.com/rapports/…

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