Par le CPI
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Dans le quartier de Brooklyn, à New York, un artiste américain a inauguré une œuvre monumentale portant les noms de milliers d’enfants palestiniens tués dans la bande de Gaza, dans le but de transformer les statistiques en mémoire humaine vivante et de toucher la sensibilité des passants.
Intitulée « Mur des larmes » (Wall of Tears), l’installation recense les noms de plus de 18 400 enfants morts entre le 7 octobre 2023 et le 19 juillet 2025, selon les données du ministère de la Santé de Gaza.
Le mur, réalisé par l’artiste Phil Bohler, mesure environ 15 mètres de long sur 3 mètres de haut et est situé près du bar Pine Box Rock Shop sur la rue Grattan. Construit en vinyle résistant aux intempéries, de couleur sable, il présente les noms des enfants dans l’ordre chronologique de leur décès, accompagnés de photos et de récits sélectionnés à partir de reportages médiatiques.
L’installation commence par le nom de Wissam Iyad Mohammed Abou Fassif (14 ans) et se termine par celui de Sabah Omar Saad Al-Masri (8 ans), retraçant ainsi la chronologie des victimes enfantines de la guerre.
Dans une interview accordée au journal The Guardian, Bohler a expliqué que le mur apparaît de loin comme une œuvre abstraite, mais incite les passants à s’approcher pour en comprendre le sens, avant qu’ils ne réalisent que des milliers de noms appartiennent à des enfants tués à Gaza. Il a ajouté que la confrontation avec les visages et les histoires des enfants pousse les visiteurs à imaginer leurs propres enfants dans ces circonstances, et il espère que la diffusion des images sur les réseaux sociaux contribuera à sensibiliser davantage le public.
Bohler est connu pour ses œuvres à dimension politique, parmi lesquelles « Mur des mensonges », documentant les déclarations trompeuses de l’ancien président américain Donald Trump, « Mur de la honte » sur l’assaut du Capitole en 2021, et le projet « Lits vides », portant sur l’enlèvement d’enfants ukrainiens.
Le « Mur des larmes » a été réalisé en collaboration avec l’organisation à but non lucratif Radio Free Brooklyn. Bohler a précisé que le projet reflète déjà une réalité dépassée, car il ne couvre les victimes que jusqu’en juillet 2025, alors que des centaines d’enfants ont été tués depuis cette date, y compris pendant les périodes de cessez-le-feu.
L’inauguration a coïncidé avec le deuxième anniversaire de la mort de Hind Rajab, tuée par les forces armées d’Occupation « nazie sioniste » en janvier 2024, alors qu’elle tentait de fuir avec sa famille. Son histoire a été relatée dans le film « La voix de Hind Rajab » de la réalisatrice Kawthar Ben Haniya, sélectionné pour des prix cinématographiques internationaux.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de débat politique intense à New York sur la guerre à Gaza, dans une ville qui abrite l’une des plus grandes communautés juives en dehors d’Israël (entité occupante « nazie sioniste »). Bohler a insisté sur la distinction entre opposition à la guerre et antisémitisme, estimant que la confusion entre les deux freine le débat public et creuse les divisions au sein de la société américaine.
Source : CPI
https://french.palinfo.com/…
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