Yassin Al-Masry, 13 ans, regarde la caméra alors qu’il se tient au-dessus des ordures tout en cherchant du plastique à utiliser pour faire du feu pour cuisiner, dans la ville de Gaza, mercredi 27 août 2025. [AP Photo/Jehad Alshrafi]
Par Andre Damon
Dix Palestiniens sont morts de faim ou de malnutrition au cours des dernières 24 heures en raison de la famine délibérée créée par Israël à Gaza, portant le nombre de morts de la famine à 313, dont 119 enfants.
Les derniers décès font suite à la déclaration officielle d’une famine dans certaines parties de Gaza par l’organisme affilié à l’ONU qui surveille les famines de masse.
Les remarques prononcées mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations Unies ont révélé le bilan effroyable de la famine délibérée organisée par Israël, avec le soutien direct des États-Unis et le soutien indirect de toutes les puissances impérialistes.
S’adressant au Conseil de sécurité des Nations Unies, Joyce Msuya, chef adjointe de l’aide humanitaire de l’ONU, a déclaré: «Plus d’un demi-million de personnes sont actuellement confrontées à la famine, à la misère et à la mort.» Elle a ajouté: « D’ici la fin du mois de septembre, ce nombre pourrait dépasser les 640 000. Pratiquement personne à Gaza n’est épargné par la faim.
Elle a fait remarquer que plus de 130 000 enfants de moins de cinq ans étaient exposés à un risque aigu de malnutrition. «Cette famine n’est pas le produit d’une sécheresse ou d’un type quelconque de catastrophe naturelle», a-t-elle déclaré. «Il s’agit d’une catastrophe créée, le résultat d’un conflit qui a causé des morts, des blessés, des destructions et le déplacement forcé massif de civils.»
Msuya a poursuivi :
Le mois dernier, plus de 100 Palestiniens ont été tués en moyenne chaque jour, selon les estimations du ministère de la Santé de Gaza, soit près du double du bilan quotidien moyen enregistré en mai. Au cours de la même période, quelque 800 000 personnes ont été nouvellement déplacées, poussées dans des zones surpeuplées qui manquent d’abris et d’autres produits de première nécessité.
Dans un discours ultérieur aux Nations Unies, la directrice de Save the Children, Inger Ashing, avait accusé Israël de créer une famine «orchestrée». «La famine à Gaza est là. Une famine orchestrée. Une famine provoquée par l’homme», a-t-elle déclaré. «Les enfants de Gaza meurent systématiquement de faim. C’est la famine comme méthode de guerre dans ses termes les plus durs ».
Elle a décrit des cliniques remplies d’enfants souffrant de malnutrition, où «les enfants n’ont pas la force de parler ou même de crier d’agonie. Ils sont allongés là, émaciés, dépérissant littéralement.
Elle a expliqué: «Une fois que le siège total a commencé en mars, les enfants nous disaient de plus en plus qu’ils souhaitaient de la nourriture, du pain. Ces dernières semaines, de plus en plus d’enfants ont partagé leur souhait de mourir ».
À la suite de ces remarques, tous les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, à l’exception des États-Unis, ont voté en faveur d’une déclaration alléguant implicitement qu’Israël utilisait la famine comme arme de guerre. «L’utilisation de la famine comme arme de guerre est clairement interdite par le droit international humanitaire. La famine à Gaza doit être arrêtée immédiatement», disait la déclaration conjointe.
De la part de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, cette déclaration est totalement hypocrite. Les gouvernements de tous ces pays ont justifié à maintes reprises le génocide de Gaza en invoquant le fait qu’Israël avait le «droit» de se défendre contre la population dont il occupe illégalement la terre.
En fait, Israël n’a pas plus le «droit» de faire la guerre à Gaza qu’il n’en a d’affamer les Palestiniens. Ces deux actes sont totalement criminels, et les déclarations pro forma des puissances impérialistes déclarant être choquées par la famine massive et délibérée de la population ne sont qu’une tentative de prendre leurs distances en public de crimes qu’elles ont parrainés et permis.
Israël a poursuivi son assaut sur la ville de Gaza mercredi, ses chars pénétrant plus avant dans la ville. Les frappes aériennes et les bombardements israéliens ont tué plus de 76 personnes en 24 heures selon le ministère de la Santé de Gaza.
Mardi soir, des chars israéliens ont attaqué le quartier d’Ebad-Alrahman, dans la banlieue nord de la ville de Gaza, bombardant des maisons et forçant les habitants à fuir.
Mercredi, les forces israéliennes ont tué 51 Palestiniens à Gaza-ville, portant le bilan officiel du génocide à plus de 62 895 morts.
Dans un message publié mercredi, le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a déclaré que «l’évacuation de la ville de Gaza est inévitable».
Mercredi, le président américain Donald Trump a tenu une réunion nominalement axée sur les plans de son gouvernement pour Gaza. Bien que la Maison Blanche n’ait fourni aucun détail, parmi les participants figurait l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, dont le personnel a été impliqué dans les plans du gouvernement Trump pour le nettoyage ethnique de Gaza.
Dans une interview accordée à Fox News, l’envoyé de Trump au Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré que les plans du président seraient mis en œuvre «avant la fin de l’année».
En février, Trump avait présenté son plan pour «posséder» la bande de Gaza, «la raser » et envoyer le peuple palestinien dans «d’autres pays».
En juin, le Financial Times avait fait état d’un document stratégique secret rédigé par le Boston Consulting Group, une importante société de conseil américaine, pour «déplacer» les Palestiniens de Gaza. Dans un article de suivi, le Financial Times avait révélé que le plan avait été élaboré avec la participation de membres du personnel du bureau de Tony Blair.
La participation de Blair aux plans de nettoyage ethnique, d’occupation et d’annexion de Gaza montre clairement le caractère frauduleux des critiques formulées par les puissances impérialistes à l’égard de la politique de famine d’Israël. En réalité, la famine et le nettoyage ethnique de Gaza ne sont pas seulement organisés à Washington, mais aussi à Londres, Paris et Berlin.
Source : WSWS
https://www.wsws.org/fr/…