Par Mehdi Messaoudi

Avant la sortie de son livre intitulé «Le Temps des combats» (Éditions Fayard), prévue le 22 août prochain, l’ancien président français Nicolas Sarkozy, fustige l’actuel locataire du Palais de l’Elysée, à l’occasion d’une interview accordée au média Français Le Figaro.

L’ancien commanditaire de l’assassinat du leader libyen Mouammar El Gueddafi juge que ce tropisme algérien n’apporte rien à la France et qu’il lui cause plus de tort que de bien. «N’essayons pas de bâtir une amitié artificielle avec des dirigeants algériens qui utilisent systématiquement la France comme bouc émissaire pour masquer leurs propres défaillances et leur déficit de légitimité», affirme l’ancien président car, selon lui, «Ils (les responsables algériens) la refuseront toujours. Ils ont trop besoin de détourner l’attention de l’échec dans lequel ils ont plongé leur pays en accusant régulièrement la France de tous les maux». «Et en outre, ce tropisme nous éloigne du Maroc. Nous risquons de tout perdre. Nous ne gagnons pas la confiance de l’Algérie, et nous perdons celle du Maroc», accuse le prédécesseur de Macron.

Les mensonges sur les échecs

Se référant à ses déclarations, il est clair, que Sarkozy,en homme politique dépassé par le bouleversement que connaît le monde, respire le mensonge, en accusant les dirigeants algériens de « masquer leurs propres défaillances et leur déficit de légitimité». Si le retour tonitruant de l’Algérie, sur la scène internationale avec à la clé la signature d’accords stratégiques avec deux grandes puissances comme la Chine, la Russie et le renforcement du partenariat politique et économique avec les USA, au détriment de la France, est un échec, il est le bienvenu. La dernière sortie du président Tebboune, à l’occasion de son entrevue avec des représentants de la presse algérienne, aurait eu raison de la caste de l’Establishment français. Le président Tebboune a clairement abattu ses cartes, en soulignant qu’il ne viendra pas en France en touriste, mais en homme d’Etat qui conclure des accords à l’instar de ses visites en Chine, Russie, Qatar, Turquie, Italie et Portugal. allusion faite à d’importants accords économiques, avec de réels investissements et non d’échanges commerciaux, destinés à gonfler les factures et pomper les réserves du changes du pays, et permettant  le transfert technologique. « Une visite d’Etat a des conditions et doit déboucher sur des résultats. Ce n’est pas une visite touristique » insistait le président Tebboune.

Dans le même cadre, il faut noter que sur le plan diplomatique, l’approche algérienne gagne de plus en plus de soutiens sur la scène internationale, et la France  perd de plus en plus de son influence dans différentes régions du monde, en particulier au Sahel, où elle a laissé des plumes à la RCA, au Mali, au Burkina Faso, et récemment au Niger. L’échec de la France reflète son incapacité à voir la CEDEAO intervenir militaire au Niger, pour préserver ses intérêts dans cette région du Sahel, riche en matières premières que les sociétés françaises pillaient au détriment des populations africaines privées des moyens élémentaires de conditions de vie. Des populations africaines dont les enfants sont contraints de braver la mort pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée.

Amnésique, Nicolas Sarkozy a oublié que c’est lui qui est à l’origine de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, en novembre 2007. Evoquer aujourd’hui, le conflit en Ukraine différemment de Macron, s’avère un mensonge, car l’actuel locataire de l’Elysée est une girouette de l’OTAN, dont l’acteur principal au retour de la France à cette organisation se nomme bien entendu Nicolas Sarkozy, un atlantiste par excellence.

Sarkozy, dans la foulée de la campagne haineuse de l’Etat profond français contre l’Algérie

La sortie de Nicolas Sarkozy sur les colonnes du média Le Figaro, est loin de constituer une surprise, dans la mesure ou elle s’inscrit dans l’agenda de la caste de l’Etat profond français, qui n’a pas encore digéré son échec de maintenir l’Algérie, sous son emprise depuis l’intronisation du président Tebboune à la tête de l’Etat Algérien en décembre 2019, par le verdict de l’urne. Dans un précédent article intitulé « Rapprochement algéro-français: Autopsie d’un complot », Algérie54 a dévoilé les tentatives des Ciotti, Dati, proches de Sarkozy, pour saborder toutes les tentatives d’apaisement entre Alger et Paris, et de la construction de relations mutuellement bénéfiques.En juin dernier, Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France à Alger, critiquait ce tropisme de la manière la plus virulente qui soit. Dans une note intitulée «Le pari algérien d’Emmanuel Macron: illusions, risques et erreurs», l’ex-diplomate montrait du doigt le refroidissement des rapports entre la France et le Maroc en raison du tropisme algérien de Macron qui l’a conduit à faire un pari perdant.

La caste, toute acquise à la cause du Makhzen, craignait de perdre leurs privilèges chez le commandeur des croyants. Pour ce qui est de l’auteur du prochain livre » le temps des combats », il est clair qu’il n’a jamais travaillé pour hisser les relations entre Alger et Paris à un niveau à la hauteur des aspirations des deux peuples. En 2007, juste après son intronisation au pouvoir en France, Sarkozy enterra le Traité d’amitié entre l’Algérie et la France, défendu par son prédécesseur  Jacques Chirac, pour préparer le terrain à un projet visant la normalisation avec l’entité sioniste, surnommé « l’Union Pour la Méditerranée », et qui s’avéra moins de quatre ans plus tard, un cauchemar pour les  pays arabes comme la Libye (envahie par l’OTAN sur insistance de Sarkozy), la Syrie, et à un degré moindre, la Tunisie et l’Egypte, déstabilisés par ce qui est appelé »printemps arabe »

Sarkozy, un voyou de la politique

L’hostilité du sous-produit du lobby sioniste , du CRIF et des nostalgiques de l’Algérie française ne date pas d’aujourd’hui, puisque l’ancien ministre français de l’intérieur avait été à l’origine des propos scandaleux en octobre 2005, qui n’ont rien à envier à ceux d’Eric Zemmour. Dans le sillage de la colère exprimée après le décès de deux adolescents électrocutés Sarkozy, avait traité les jeunes des banlieues de « racailles », engendrant des émeutes durant trois semaines, avec comme bilan , près de 10 000 véhicules incendiés, plus de 230 bâtiments publics dégradés ou brûlés, et près de 3 000 personnes  interpellées, dont plus d’un tiers sont des mineurs.

Des scandales à la pelle

Financement de campagne présidentielle de 2007: Nicolas Sarkozy,mis en examen
Le 15 septembre 2011, après un discours, le président Nicolas Sarkozy s’offre un bain de foule. A ses côtés, Bernard-Henri Lévy savoure également le moment. Image France 3.

Le nom de Nicolas Sarkozy est lié de facto à plusieurs scandales, à commencer par le financement libyen de sa campagne pour la présidentielle française de 2007, jusqu’à l’affaire des écoutes, en passant par ce qui a été appelé par le média Blast » Qatar Connection ». Si l’affaire du financement libyen n’a pas encore livré tous ses secrets, elle en demeure l’une des causes de l’assassinat du leader libyen Mouammar El Gueddafi, et l’invasion de la Libye par l’OTAN, créant un climat d’instabilité dans les régions du Maghreb et du Sahel, dont les conséquences sont préjudiciables pour les pays de cette importante partie du continent africain. Pour ce qui est de l’affaire d’interférence dans le pouvoir judiciaire,Nicolas Sarkozy avait été condamné le 17 mai 2023,à trois ans de prison dont un an ferme à purger sous bracelet électronique pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire des écoutes.

« J’ai voulu prendre le lecteur par la main, lui faire vivre ces années à l’Élysée comme s’il avait été à mes côtés tout au long de ces évènements. » écrit Sarkozy au sujet de son prochain livre « le temps des combats », à l’adresse des lecteurs. Auront-t-ils le droit de découvrir les magouilles et scandales de l’occupant du palais de l’Elysée entre 2007 et 2012?

Source : Algérie 54
https://algerie54.dz/…

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