Photo : Mohammed Tamimi – Source privée

Communiqué de l’AFPS

Un enfant palestinien de deux ans et demi du village de Nabi Saleh en Palestine occupée, Mohammed Tamimi, a reçu jeudi 1er juin une balle dans la tête alors qu’il était devant sa maison dans la voiture avec son père.

Une balle dans la tête tirée par un soldat de l’armée d’occupation israélienne. Son père a lui aussi été touché par les balles de l’occupant. Trois jours après, ce petit enfant, que l’on surnommait Hamoudi, décédait à l’hôpital.

La première réaction de l’armée d’occupation israélienne a été de nier toute responsabilité et de prétendre que l’enfant et son père auraient été touchés par des tirs palestiniens supposés avoir visé la tour de garde construite par l’occupant à l’entrée du village. Une nouvelle version reconnaissait les tirs de l’armée d’occupation mais en prétendant qu’il s’agissait d’une erreur d’identification lors de tirs de riposte. Une supposée riposte à des tirs imaginaires que personne dans le village n’avait entendus.

Une fois de plus le village résistant de Nabi Saleh est frappé par la barbarie d’une armée d’occupation dont les soldats ont reçu à de nombreuses reprises un permis de tuer et la garantie de l’impunité.

Hamoudi est le 10ème Palestinien assassiné dans le village.

On se rappelle que Ahed Tamimi (dont il était le petit-cousin) avait été condamnée à 8 mois de prison pour avoir giflé un soldat israélien qui avait pénétré par effraction chez elle.

Pour que l’ignoble soit à son comble, l’armée d’occupation a pénétré dans le village pendant les funérailles et s’en est prise aux habitants qui leur ont lancé des pierres : tirs, gaz lacrymogènes et coups de crosse ont donc conclu les funérailles de ce tout petit. Nariman Tamimi, la mère de Ahed, a eu le nez cassé et a dû être hospitalisée. Maher Tamimi, un autre membre de la famille, a dû être opéré en urgence après avoir été atteint d’un tir à balles réelles.

L’occupant ne respecte ni les vivants, ni les morts : on se rappelle le sort fait au cercueil de la journaliste Shirine Abou Akleh il y a à peine plus d’un an.

L’assassin de Hamoudi aura-t-il seulement des comptes à rendre pour avoir tué d’une balle dans la tête un enfant de deux ans et demi ? Personne en Israël, ni l’État, ni les gouvernants, ni les soldats, ni les colons ne sont redevables des violations quotidiennes des droits humains et du droit international à l’encontre du peuple palestinien. Les parents de Hamoudi demandent justice, ils iront jusqu’à la Cour Pénale internationale.

La vie des Palestiniens compte-t-elle ? 160 ont été assassinés depuis le début de l’année par des soldats ou des colons ! La vie des enfants de Palestine compte-t-elle ? Hamoudi est le 28ème enfant palestinien assassiné depuis le début de l’année par une armée d’assassins !

L’AFPS tient à témoigner de sa révolte et de toute sa solidarité à la famille Tamimi, qui est venue à plusieurs reprises témoigner en France, et au village de Nabi Saleh qui ne s’est jamais résigné à voir sa terre occupée et confisquée et qui en paie un prix extrêmement lourd. Le peuple palestinien est en deuil, nous le sommes avec lui.

Contre la barbarie d’une occupation coloniale dirigée maintenant par des ministres ouvertement fascistes, il est urgent de protéger le peuple palestinien. Nous demandons au président de la République et au gouvernement français de condamner fermement ces nouveaux actes de barbarie, et de s’engager concrètement dans la voie d’une protection internationale du peuple palestinien. Il est temps de mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël et de passer aux actes.

Le Bureau national de l’AFPS, 12 juin 2023

Source : AFPS
https://www.france-palestine.org/…